La lutte contre le cancer coûte cher en remboursements

L'immunothérapie a été déclarée "meilleure avancée de l’année" en 2013 par le célèbre magazine Science. ©Bloomberg

Les avancées scientifiques dans la lutte du cancer progressent, le coût des traitements aussi. L'an dernier, la somme des remboursements a passé le milliard d'euros pour les fonds d'assurance maladie belges.

Le remboursement des médicaments anticancéreux grimpe. S'il a coûté en 2016 600 millions d'euros en assurance maladie, il a dépassé la barre du milliard d'euros en 2018, soit une hausse de plus de 66% en deux ans. Il ne s'agit toutefois que d'une estimation, car toutes les dépenses de cette année-là n'ont pas encore été comptabilisées.

Le coût de l'immunothérapie

Une des raisons invoquées pour cette augmentation notable est le recours à l'immunothérapie. C'est un traitement relativement nouveau qui stimule le système immunitaire du patient pour vaincre les tumeurs. Des substances changent la façon dont les cellules se comportent. Certains types d'immunothérapie détruisent les cellules cancéreuses ou bien contrôlent ou modifient leur comportement. D’autres renforcent le système immunitaire, maîtrisent les symptômes ou atténuent les effets secondaires du traitement. En somme, on pousse l'organisme du patient à se guérir lui-même. Si cette avancée constitue un espoir pour beaucoup de cas désespérés, son coût est plus élevé que celui de la chimiothérapie.

Au début, l'immunothérapie n'était remboursée qu'à ceux pour qui les autres traitements ne se sont pas révélés efficaces et qui y avaient donc recours en seconde ligne. Depuis le 1er mai 2017, Maggie de Block, ministre de la Santé, a décidé que le remboursement s'appliquera également à l’immunothérapie pembrolizumab pour les patients suivant un traitement de première ligne pour un cancer du poumon (et qui ont plus de 50% de récepteurs PD1 sur leurs cellules tumorales). De plus, la liste des cancers auxquels cette thérapie s'applique a augmenté depuis 2016 et le traitement jouit d'un succès. D'ailleurs, en 2019, deux cas du cancer du sang se sont ajoutés à la liste

Bien que seule une proportion limitée de patients bénéficie d'immunothérapie, les dépenses sont considérables, car les médicaments coûtent des milliers d'euros. Par exemple, l'Opdivo (588.80 euros pour 40 mg) et l'Yervoy (4.250 euros pour 50mg) sont utilisés en combinaison pour traiter certains cas et atteignent un montant de près de 5.000 euros par mois (sans compter les taxes).

Maggie De Block (Open Vld), envisage de ne procéder à un remboursement que pour les traitements oncologiques grâce auxquels le patient va réellement mieux. Si ce n'est pas le cas, le producteur pharmaceutique devrait lui-même en assumer les coûts.

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