La pollinisation, objet d'un deal à 50 millions pour Floridienne

C'est via des rencontres virtuelles que Jean-Marc Vandoorne, le CEO de Biobest, a bouclé le dossier de l'acquisition de la société californienne Beneficial Insectary. ©Tim Dirven

Biobest, filiale de Floridienne, acquiert Beneficial Insectary, n°1 américain de la lutte bio contre les nuisibles. Cet achat est le plus gros de l'histoire du holding belge.

Des milliards de bourdons, d'insectes et de mites: logée à Westerlo, au cœur de la Campine anversoise, la société Biobest, filiale du fonds "vert" Biofirst de la Floridienne , est un leader mondial dans la pollinisation et la lutte biologique intégrée, autrement dit l'élimination par des moyens naturels des nuisibles qui ravagent les cultures.

Biobest vient de renforcer singulièrement sa position sur ce marché de niche en acquérant la société Beneficial Insectary. Cette entreprise basée à Redding (nord de la Californie) n'est autre que le numéro un américain de la lutte biologique intégrée. Coût de l'opération: quelque 50 millions de dollars (42 millions d'euros), financés par des prêts à long terme octroyés par un consortium d’investisseurs institutionnels.

50
millions $
Le rachat de Beneficial Insectary, d'un coût de quelque 50 millions de dollars, est le plus gros investissement de l'histoire de la Floridienne.

C'est le plus gros investissement de l'histoire de la Floridienne. Mais le jeu en vaut la chandelle, assure son CEO. "Beneficial Insectary est le seul acteur nord-américain qui était encore indépendant. Nous disposons d’usines au Canada et au Mexique, mais pas aux Etats-Unis, où nous ne disposons que d’une filiale de vente. Nous sommes donc très complémentaires", dit Gaëtan Waucquez.

Un deal bouclé par vidéoconférences

Désireuse de revendre l'entreprise pour se lancer dans d'autres activités, la propriétaire de Beneficial Insectary, Sinthya Penn, a contacté Biobest il y a quelques mois. "Le monde de la protection biologique des plantes est très petit. On se connaît tous très bien", explique le CEO de la Floridienne.

C'est Jean-Marc Vandoorne, le CEO de Biobest, qui a bouclé le dossier en quelques réunions. Pas évident dans le contexte sanitaire que l'on connaît. La transaction s'est conclue par vidéoconférences interposées. L’accord a été finalisé ce lundi.

Créée il y a 33 ans par Roland De Jonghe, un vétérinaire campinois, Biobest - acronyme flamand de ‘pollinisation biologique’ - a été reprise en 2007 par un consortium rassemblant les holdings Bois Sauvage, Floridienne et le Domaine d'Argenteuil, avant de passer dans le giron de Floridienne en 2011.

Son produit-phare: une ruche de bourdons pour polliniser efficacement les cultures. Certaines races sont notamment utilisées pour la pollinisation de cultures de fraises et de tomates, un processus plus efficace que d'autres processus mécaniques. Mais le groupe élève et déploie aussi de nombreuses espèces pour lutter contrer les infestations de parasites sans recourir aux pesticides et insecticides.

Biobest produit des insectes au Maroc, au Kenya, en Israël et en Belgique. "Jusqu’ici, nous devions donc les importer aux États-Unis. Avoir une usine sur place est non seulement meilleur pour l’environnement, mais cela nous offre aussi de belles synergies", précise Gaëtan Waucquez.

10 à 15% de croissance

Le holding entend bien tirer un profit maximal de l'énorme potentiel qu'offre le marché de la lutte biologique intégrée. Les sciences de la vie, un des trois pôles d'activité avec la chimie (métaux, recyclage des batteries...) et l’alimentation festive (coquilles Saint-Jacques, escargots, épicerie fine…), représentent un chiffre d’affaires de 148 millions d’euros sur un total de 410 millions. C'est moins que l'alimentation (201 millions) mais c'est le seul créneau en croissance.

"L’activité de protection biologique des plantes, c’est l’avenir, et nous avons la volonté d’y grandir. Dans ce secteur, la croissance moyenne est de 10 à 15% par an, ce qui signifie qu’une entreprise double de taille tous les cinq ans", souligne le patron de Floridienne.

"L’activité de protection biologique des plantes, c’est l’avenir, et nous avons la volonté d’y grandir."
Gaëtan Waucquez
CEO de la Floridienne

La mise en commun des activités de Biobest et Beneficial Insectary fait de Biobest un leader en Amérique du Nord. L'annonce de cette acquisition n'a d'ailleurs pas laissé les investisseurs de marbre. Le titre Floridienne a bondi de 7,6%, boosté notamment par une note de Guy Sips, analyste de KBC Securities, qui a relevé son avis sur l'action de 'Conserver' à 'Accumuler'.

Si, dans l’alimentaire, le bio est en plein boom, tout reste à inventer dans la lutte contre les nuisibles. "Avec le changement climatique, il y a de plus en plus d’insectes ravageurs. Nous cherchons les prédateurs, nous les développons et nous les vendons. Et quand les ravageurs ont été éradiqués, les prédateurs ne se reproduisent plus. C’est de l’autorégulation naturelle", explique Gaëtan Waucquez.

Pour développer ces solutions, Biobest s'appuie sur une équipe d’une quarantaine de chercheurs, dont 36 basés à Westerlo, où travaillent près de 200 salariés (sur un millier au total). Des partenariats ont par ailleurs été noués avec des universités du monde entier.

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