La société Cardiatis a besoin de 30 millions d'euros pour sortir de l'ornière

©Kristof Vadino

Cardiatis, qui fabrique et commercialise des stents afin de lutter contre les maladies cardio-vasculaires, est en réorganisation judiciaire. La société, qui est en attente de certifications, a encore beaucoup de projets à développer. Pour en sortir, elle est à la recherche de 30 millions d’euros.

Engluée dans les difficultés financières, Cardiatis, la seule société belge active dans la fabrication et la vente de "stents" destinés au traitement des maladies cardio-vasculaires, a dû se résigner à se tourner vers la Justice pour se mettre à l’abri de ses créanciers. Par un jugement du 20 septembre, le tribunal de l’entreprise de Liège – division Namur – a accédé à la requête de procédure en réorganisation judiciaire (PRJ) introduite par la société. À ce stade, Cardiatis a quatre mois pour trouver une solution et sortir de l’ornière. Confiant, Noureddine Frid, le fondateur et CEO de la société, nous a expliqué être à la recherche de 30 millions d’euros afin de poursuivre une aventure déjà bien engagée.

7.000
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Active depuis plusieurs années, Cardiatis a déjà traité plus de 7.000 malades dans le monde entier.

Active depuis plusieurs années, Cardiatis a déjà traité plus de 7.000 malades dans le monde entier avec une technique de stents révolutionnaire fabriqués sur le site de Cardiatis dans le parc scientifique Créalys, aux portes de Gembloux, grâce à une machine à tisser développée par Noureddine Frid. On l’a dit, plus de 7.000 malades touchés par des maladies cardio-vasculaires ont été soignés grâce à des stents conçus par Cardiatis. Forte de cette technologie qui a fait ses preuves, l’avenir de Cardiatis aurait dû être assuré, mais quelques grains de sable sont venus se glisser dans la machine.

Besoin de cash

Au cours de leurs premières années d’existence, ce type de sociétés investit l’essentiel de ses ressources dans la recherche et le développement, ce qui fut le cas de Cardiatis qui, depuis sa fondation en 2002, a déjà levé 39 millions d’euros auprès de 175 investisseurs. D’essais cliniques en premières commercialisations, les chiffres d’affaires n’ont pas toujours suivi, même si de plus en plus de médecins sont conquis par cette nouvelle technologie 100% belge.

"La dissection aortique, c’est l’avenir de Cardiatis."
Noureddine Frid
CEO de Cardiatis

Il n’empêche, les chiffres ne trahissent pas et Cardiatis a clôturé l’année 2017 sur une perte de 5,8 millions et l’année 2018 sur une perte de 6,1 millions d’euros. Ce qui devait arriver arriva et les principaux créanciers ont dénoncé les crédits. Ce fut le cas du SPF Finances, notamment, mais également des banques (ING et BNP Paribas Fortis). Pourtant, celles-ci, convaincues par la technologie de Cardiatis, ont accepté de suspendre les effets de leur dénonciation de crédit, comme nous l’a expliqué Nicholas Ouchinsky (Lexlitis), l’avocat de la société. Voilà où en est Cardiatis aujourd’hui. Mais des pistes existent pour sortir de l’ornière.

Noureddine Frid nous a expliqué être dans l’attente de certifications pour le traitement de dissection aortique, d’anévrismes abdominaux complexes et d’anévrisme cérébral. Une fois que les autorisations auront été délivrées, ce sont autant de marchés prometteurs qui devraient s’offrir à Cardiatis. "La dissection aortique, c’est l’avenir de Cardiatis", assure Noureddine Frid qui explique avoir traité une quarantaine de patients avec des résultats satisfaisants. Des discussions concernant le traitement de cette maladie sont très avancées avec les autorités chinoises qui ont accordé un "green channel" à Cardiatis, une procédure qui permet d’aller plus vite dans le développement du produit.

Si Cardiatis arrive à dégager de nouveaux fonds, 3 millions devraient être consacrés à la Chine, 5 aux Etats-Unis et le reste devrait être consacré au marketing.

D’autres discussions ont lieu aux Etats-Unis pour le traitement de l’anévrisme. Si Cardiatis arrive à dégager de nouveaux fonds, 3 millions devraient être consacrés à la Chine, 5 aux Etats-Unis et le reste devrait être consacré au marketing, l’idée étant de faire connaître cette technologie belge au monde entier, le passage obligé pour faire décupler les ventes. Enfin, pour assurer le suivi du traitement des patients, Cardiatis a développé un logiciel en vue de faciliter le travail des médecins.

Aujourd’hui, afin de trouver de nouveaux financements, des discussions ont lieu avec un fonds des Emirats et avec un groupe chinois. De son côté, Noshaq a fait savoir qu’il accepterait de monter à bord, aux côtés de partenaires privés. Avis aux amateurs…

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