La société IBA accumule les retards à Charleroi

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Quand le centre de protonthérapie d'IBA à Charleroi sera-t-il construit? Sera-t-il même construit un jour?

"En retard, en retard… J’ai rendez-vous quelque part". La société néolouvaniste IBA va-t-elle réussir à réduire les retards annoncés dans ses projets ou va-t-elle ressembler de plus en plus à un célèbre lapin blanc? Rien n’est moins sûr en tout cas pour son centre de protonthérapie à Charleroi.

Selon La Libre Belgique, plusieurs universitaires porteurs du projet – ainsi que le fondateur d’IBA Yves Jongen – critiquent la lenteur de l’ISPPC, l’intercommunale de santé publique du pays de Charleroi, qui tarde à apposer sa signature sur le contrat. "Vu les problèmes de gouvernance auxquels l’hôpital est aujourd’hui confronté, le dossier de la protonthérapie paraît à nouveau postposé. Ce centre aurait dû voir le jour en 2020. Compte tenu des circonstances actuelles, je pense qu’il est plus prudent de ne plus fixer de date précise quant à sa concrétisation…", explique une source universitaire à notre consœur Alice Dive.

Une critique balayée par le président du conseil d’administration de l’ISPPC, Nicolas Tzanetatos, qui évoque dans La Libre des doutes quant à la viabilité du projet.

Des difficultés dès sa naissance

Comme le rappelle KBC Securities dans une note publiée jeudi matin, la valeur totale du projet s’élève à 47 millions d’euros. Ce qui couvre les coûts pour la construction d’un Proteus One, sa maintenance et huit années de recherche en association avec le centre.

L’annonce d’un nouveau retard "n’est évidemment pas positive, Charleroi était l’un des rares projets annoncés cette année", s’inquiète l’analyste David Vagman. "La décision finale d’investissement a été constamment reportée depuis février et cet article confirme principalement que les chances de voir ce projet se concrétiser à temps se réduisent".

Pour mémoire, ce projet de centre de protonthérapie a connu des difficultés dès le début. L’appel d’offres avait dû être relancé à l’automne 2015 à la suite d’un recours introduit par la société américaine Varian. Et en février dernier, Maggie De Block, la ministre fédérale de la Santé publique (Open Vld), a laissé entendre qu’elle ne reconnaîtrait qu’un centre de protonthérapie en Belgique. Très certainement celui de Louvain qui devrait sortir de terre en 2019.

Cela signifie donc, pour le centre de Charleroi, pas de remboursement aux patients. D’où les doutes sur sa viabilité. On comprend dès lors pourquoi IBA n’a pas encore inscrit le projet dans son carnet d’ordres cette année. "Cela n’a pas aidé", reconnaît David Vagman. "Ni l’incertitude politique à un niveau plus local."

Pourtant, "d’un point de vue plus général, le climat d’investissement public en Europe pour la protonthérapie est positif, mais il n’est incontestablement pas très favorable." À court/moyen terme, l’analyste estime que les catalyseurs viendront des marchés chinois et américain.

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