La start-up Imagilys scrute les neurones à la loupe

©Kristof Vadino

Cette petite société bruxelloise a développé un logiciel innovant d’imagerie du cerveau. Ses fondateurs ont fait le choix d’auto-financer la société par les revenus des ventes.

Toutes les start-up ne rêvent pas de levées de fonds pharaoniques ou de chiffre d’affaires en croissance à deux chiffres. Laurent Hermoye, le patron de la petite société bruxelloise Imagilys, explique ainsi avoir fait le choix "de rester petit, et même minuscule", en raison de la spécificité du segment choisi par son entreprise, celui de l’interprétation de l’imagerie du cerveau.

"Nous sommes à contre-courant de beaucoup de sociétés qui font rentrer des investisseurs et beaucoup de capital, ce qui, dans certains cas, a beaucoup de sens", fait valoir cet ingénieur en électronique, titulaire également d’un doctorat en sciences médicales. "Mais c’est plus compliqué pour nous, car il s’agit d’un marché de niche. Certains concurrents ont levé des sommes très importantes, mais ont un chiffre d’affaires qui plafonne entre 1 et 2 millions, avec toujours de la perte. C’est pourquoi nous avons fait le choix stratégique d’autofinancer la société, par les revenus des ventes, avec très peu d’investissement."

Aider les radiologues

Laurent Hermoye a créé Imagilys en 2005 et a été très rapidement rejoint par Wojciech Gradkowski, un ingénieur polonais. Objectif: développer et commercialiser un logiciel pour aider les radiologues à utiliser les techniques les plus avancées de neuro-imagerie.

Nous sommes à contre-courant de beaucoup de sociétés qui font rentrer des investisseurs.
Laurent Hermoye CEO d’Imagilys

Quasiment unique au monde, "BrainMagix" permet de tirer des informations pertinentes pour un traitement à partir des techniques comme l’IRM, l’IRM fonctionnelle (qui permet de voir le cerveau en action) ou l’IRM de diffusion. BrainMagix peut notamment aider les neurochirurgiens à éviter des zones critiques (les zones motrices de la main ou responsables du langage) quand ils opèrent une tumeur du cerveau.

"Les appareils d’imagerie par résonance magnétique permettent de créer des images en haute résolution du cerveau. Mais les médecins ne disposaient que de logiciels limités pour en tirer des informations pertinentes au traitement" explique encore le CEO. On rappellera que ce dernier avait participé en 2015 au projet Solve, un panel de 300 personnalités invitées par le président du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour améliorer le monde.

Depuis sa création, BrainMagix, qui n’est utilisable que pour le cerveau (tumeurs, sclérose en plaques, Alzheimer…), a déjà bénéficié à plus de 2.000 patients. Il est utilisé par plusieurs centres hospitaliers en Belgique, mais également à l’étranger (Allemagne, Grande-Bretagne, Grèce…). Il est marqué CE (conformité européenne) car même s’il ne s’agit que d’un logiciel et pas d’un robot, il constitue un dispositif médical au sens de la régulation.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect