Mithra cherchera le meilleur partenaire pour Donesta

Leon Van Rompay a remplacé François Fornieri à la tête de Mithra au début de l'année. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

Confortée par une confortable trésorerie et le feu vert pour sa pilule Estelle au Canada, Mithra recherche un accord de partenariat global pour son produit Donesta.

Mithra a sans doute vécu une de ses dernières années de vaches maigres en termes de chiffre d'affaires et de rentabilité: au lendemain de l'annonce de l'autorisation de sa pilule Estelle par les autorités de santé au Canada, la société biopharmaceutique liégeoise a dévoilé mardi des résultats 2020 très modestes, une contre-performance apparente qui s'explique toutefois par le calendrier prévisible qui attend l'entreprise, spécialisée dans la santé féminine.

Le chiffre d'affaires s'est affiché en net recul, à 9 millions d'euros, contre 96 millions un an plus tôt. Du côté de l’ebitda, ce n'est pas très brillant non plus, avec un chiffre négatif de -73 millions d'euros, contre 32,7 millions d'euros en 2019. Enfin, Mithra fait aussi état d’une augmentation significative de sa perte opérationnelle à 83 millions d'euros, contre 26 millions en juin 2019.

"Nous sommes en contact avec plusieurs grandes sociétés pharmaceutiques pour le Donesta, le produit candidat contre les effets néfastes de la ménopause."
Cristophe Maréchal
CFO de Mithra

Mais tout cela s'explique.  La diminution du chiffre d'affaires et le mauvais montant de l’ebitda reflètent la stratégie de développement commercial du Donesta, le produit candidat contre les effets néfastes de la ménopause. "2020 aurait pu être une année avec une forte croissance de l’Ebitda" commente Christophe Maréchal, le Chief Financial Officer (CFO). "Mais nous sommes en contact avec plusieurs grandes sociétés pharmaceutiques. Contrairement à l'approche très fragmentée avec Estelle, nous nous sommes dits que nous avions cette capacité à aller chercher un partenaire global pour Donesta. On aurait pu commencer à vendre le Donesta sur quelques territoires, et on aurait eu des super résultats en termes de revenus. Mais on voulait se donner le temps d’attendre."

Pas besoin d'argent pour l'instant

La baisse de l'ebitda s'explique également par la diminution prévue des revenus collectés en 2020 par rapport à l’année précédente. En 2019, Mithra avait engrangé des revenus de licence suite aux accords de partenariat pour Estelle avec Mayne Pharma, Gedeon Richter et Searchlight. "Pour Estelle, la plupart des revenus interviendront soit lors de l’autorisation de mise sur le marché, soit lors des ventes" selon le CFO. Sur la base des contrats signés pour Estelle, Mithra devrait percevoir plus de 300 millions d'euros de revenus au cours des prochaines années.

300
millions €
Sur la base des contrats signés pour Estelle, Mithra devrait percevoir plus de 300 millions d'euros de revenus d'étapes de licence au cours des prochaines années.

"Plus on attend pour le Donesta, plus on aura de valeur" ajoute de son côté Leon Van Rompay, qui a remplacé il y a quelques semaines François Fornieri à la tête de l'entreprise. "Les sociétés pharmaceutiques en général sont prêtes à payer beaucoup plus à l’enregistrement que quand il y a encore des risques pour eux. Ces entreprises préfèrent un accord global. Et nous, nous n'avons pas besoin d’argent pour l’instant."

Des facilités de crédit

Mithra a en effet regarni ses caisses durant l'année écoulée. Grâce à 260 millions de transactions, sa trésorerie se montait, fin 2020, à un niveau record de 138 millions d'euros, contre 49 millions un an plus tôt. "Nous avons non seulement un niveau de cash record, mais également une capacité à aller chercher du financement avec les facilités de crédit. On reste à des niveaux d’equity très élevés, et nous gardons des indicateurs de solvabilité très forts", poursuit Christophe Maréchal. "On peut espérer dégager du profit en 2022" annonce-t-il. "À ce moment-là, on aura des ventes d'Estelle sur l'ensemble de l'année. Et peut-être un deal majeur avec Donesta. Fin 2021 ou en 2022, il y a aura un changement de paradigme pour Mithra, c'est clair."

"Nos équipes sont en train de démontrer qu'elles sont compétentes pour obtenir des enregistrements."
Leon Van Rompay
CEO de Mithra

Rappelons que la pilule contraceptive Estelle a reçu lundi le feu vert de l'agence réglementaire Santé Canada pour sa commercialisation, ce qui constitue une avancée capitale pour la société. C'est, en effet, la première approbation officielle au monde par une autorité sanitaire pour ce contraceptif oral combiné basé sur l'œstrogène Estetrol (E4). Un feu vert qui devrait en appeler d'autres. "On sent très bien que les agences – Canada, EMA et FDA – se sont concertées et qu'elles ont discuté ensemble", souligne Leon Van Rompay. On est ainsi quasiment sûrs d’obtenir l'enregistrement en Europe. Le grand avantage, c'est que le même principe actif E4 est à la base de tous les produits de Mithra. On est donc également presque certains d'obtenir les autres autorisations, au niveau safety, si toutes les agences donnent leur autorisation pour Estelle. Je suis très impressionné. Nos équipes sont en train de démontrer qu'elles sont compétentes pour obtenir des enregistrements."

Un essai contre le Covid-19

La liste des futurs produits ne s'arrête pas au seul Donesta et à son petit frère, le PeriNesta, destiné à la pré-ménopause. Mithra a en effet lancé un essai clinique pour tester l'Estétrol contre le Covid-19. "Pour le test Corona, nous pensons avoir des résultats fin mai. Il s’agit d'une étude en phase 2, avec un traitement de trois semaines pour les parents déjà hospitalisés. Cela pourrait être un grand atout, et pas uniquement contre le Covid. Si on peut démontrer qu'il y a une activité réelle – et cela semble être confirmé par la réalité –, il pourra y avoir d'autres indications, comme les syndromes respiratoires aigüs" conclut Leon Van Rompay.

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