La vente d'Ogeda bénéficie au financement des biotechs en devenir

©Jonas Roosens

Les seize actionnaires du fonds lancé par Désiré Collen pour irriguer les biotechs belges ont convenu d’y réinjecter une part de la plus-value issue de la vente d’Ogeda. Du coup, les moyens de Fund + bondissent de 125 à 200 millions d’euros.

Souvenez-vous… En avril dernier, le groupe japonais Astellas Pharma rachetait la biotech carolo Ogeda pour 500 millions d’euros, un montant à majorer à l’avenir d’un maximum de 300 millions en fonction de la réalisation de différents milestones. Un montant colossal pour une ancienne spin-off de l’Université libre de Bruxelles qui avait levé jusqu’alors à peine 34 millions d’euros de capitaux… Parmi les heureux bénéficiaires de cette manne figurait Fund+, le fonds créé il y a deux ans par le scientifique et investisseur Désiré Collen pour aider les start-ups des sciences de la vie belges à se développer. Fund+ a dégagé une plus-value de quelque 130 millions sur la cession d’Ogeda. Pour ses seize actionnaires, s’est alors posée la question de l’affectation de cette montagne de cash. Ils viennent de décider d’en réinjecter la plus grande partie dans Fund+. Du coup, les ressources dont dispose le fonds ont bondi àq près de 200 millions.

"Certains de nos actionnaires ont souhaité récupérer une partie de leur mise de départ par remboursement du capital, d’autres ont émis le vœu d’en toucher une part sous forme de dividende, d’autres ont refusé l’idée d’en retirer quoi que ce soit, préférant réinvestir la totalité de leur part dans la société", explique Chris Buyse, le CEO de Fund+. Les dirigeants du fonds ont réconcilié ces différents intérêts dans une série d’opérations financières qui ont été menées conjointement fin septembre.

On peut les résumer en trois étapes:

-> Un: le fonds a d’abord remboursé à ses actionnaires la plupart des capitaux qu’ils avaient libérés, soit 45 millions d’euros. À cette occasion, ses cinq actionnaires publics ont demandé et obtenu un dividende intérimaire, qui s’est élevé à 8,3 millions.
-> Deux: quelques actionnaires ont directement réinjecté dans la société l’argent qui leur avait été remboursé.
-> Trois: Fund + a repassé les plats auprès de l’ensemble de ses actionnaires en leur proposant de réinvestir dans la société par augmentation de capital. Ce qu’ils ont tous fait, dans des proportions variables.

Au final, Fund+ voit son capital social passer de 45 à 101 millions d’euros et ses moyens totaux, en ce compris une soixantaine de millions qui constitueront son bénéfice (à reporter), de 125 à 199 millions. Soit 74 millions de plus qu’avant la réallocation de la plus-value en provenance du deal Ogeda. Pour la petite histoire, deux actionnaires ont réinjecté plus d’argent que leurs parts des gains en Ogeda: Désiré Collen et la SFPI.

Le tour de table de Fund+ ne renseigne que du beau monde, pour rappel: à côté de la Fondation Désiré Collen, figurent des investisseurs comme Pierre Drion ou Marc Nolet, des investisseurs publics comme la SFPI, la SRIW, Sambrinvest ou Meusinvest, mais aussi la KUL, Multifin, VK Capital, Jonelinvest, Omnivale, Tolefi, EVDC Invest…

Une mise dans Immunic

Au siège du fonds, la satisfaction est de mise. "Tous nos actionnaires continuent à nous supporter, commente Chris Buyse. Ils partagent tous notre philosophie. Cet argent sera réinjecté dans l’économie belge en support de l’écosystème biotechnologique. Comme la science ne s’arrête pas aux frontières linguistiques, on investit aussi bien en Wallonie qu’en Flandre. Et comme elle ne s’arrête pas non plus aux frontières nationales, on n’exclut pas d’investir une part aussi à l’étranger, mais en gardant 80% environ de nos ressources en Belgique."

C’est ainsi que Fund+ vient d’effectuer un premier investissement à l’étranger. Il a participé à la dernière levée de capitaux d’Immunic Therapeutics, une biotech allemande établie près de Munich et qui développe, au stade de la preuve de concept, deux nouvelles molécules pour le traitement de maladies chroniques inflammatoires et auto-immunes. Il a souscrit ensemble avec Omega, un fonds américain, pour 10 millions d’euros d’actions. Et il nous revient qu’il analyse actuellement un dossier français.

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