Le labo Trenker s'installe à Nivelles pour assurer son essor international

©TRENKER

À l’étroit à Bruxelles, la société pharma s’est offert un nouveau siège dans le Brabant wallon, ainsi qu’un ambassadeur de marque, David Goffin.

Désireuse de s’imposer sur les marchés internationaux, la société pharmaceutique Trenker se donne les moyens de ses ambitions: cette discrète entreprise située jusqu’il y a peu à Uccle et à Braine-l’Alleud a inauguré officiellement lundi ses nouvelles installations dans le zoning de Nivelles.

Le nouveau bâtiment, qui est déjà fonctionnel depuis plusieurs mois, représente un investissement de 15 millions d’euros, pour une surface utile de quelque 6.000 m2. Il est couvert de 552 panneaux photovoltaïques qui fournissent 25% de la consommation électrique. L’immeuble offre des capacités nouvelles décuplées à cette société pharma restée dans le giron familial.

Le nouvel immeuble offre des capacités nouvelles décuplées à Treker. ©doc

Moins connue que les poids lourds belges du secteur ou que les jeunes biotechs coutumières des levées de fonds spectaculaires, Trenker n’en affiche déjà pas moins de 85 ans d’existence. Elle a été fondée par le grand-père des deux actuels administrateurs délégués – Rodolphe Trenker et son frère Tristan – et a conservé depuis lors son indépendance. Durant de nombreuses années, Trenker n’assurait que la représentation de firmes étrangères et fabriquait quelques produits en sous-traitance, dont les célèbres dragées Fuca. Le véritable développement, avec une force de vente propre, a commencé dans les années nonante.

"Certains ont déjà essayé de nous manger tout cru."
Rodolphe Trenker
Administateur délégué de Trenker

La nouvelle entreprise nivelloise, qui compte un peu moins d’une centaine de collaborateurs, est aujourd’hui spécialisée dans les compléments alimentaires, notamment ceux qui permettent de lutter contre l’arthrose (glucosamine, chondroïtine, curcuma…) ou qui renforcent le système immunitaire. Ceux-ci représentent environ trois quarts des ventes. "Des compléments nutritionnels prescrits par le médecin, et non pas une gamme étendue de produits en fonction des pathologies que le patient pense avoir, explique Rodolphe Trenker. Il s’agit toujours de produits à haute valeur ajoutée dont l’efficacité a été étayée par des études cliniques."

Trenker propose également quelques médicaments (contre les infections cutanées ou pour le traitement des carences en fer) et produits vétérinaires. Enfin, la société produit une gamme spécifique limitée à la France (Orthonat), un héritage de l’acquisition des laboratoires Vitanutrinat de Braine-l’Alleud.

Exit Bruxelles

Si l’entreprise quitté a son site historique à Bruxelles ainsi que son antenne à Braine-l’Alleud, c’est qu’elle s’y sentait à l’étroit alors qu’elle entend se développer à l’international. "C’était compliqué au niveau organisation, avec des zones de production non séparées entre médicaments et compléments alimentaires", fait valoir Rodolphe Trenker.

Une extension des bâtiments à Uccle a certes été envisagée, mais la piste a vite été abandonnée. Trop de contraintes mises par la Ville. Les problèmes d’embouteillage et de parking ont fait le reste, d’autant que la Région bruxelloise ne semble pas avoir proposé de solution de rechange. Le Brabant wallon s’est quant à lui montré nettement plus accueillant, avec quelques subsides pour faire pencher la balance.

Les exportations hors Europe ne représentent aujourd’hui que 1,5 million d’euros sur les 22 millions de chiffre d’affaires annuel. "Maintenant, on a les installations, les produits, les équipes et de l’intérêt pour devenir un partenaire reconnu à l’international" annonce Rodolphe Trenker. Pour se donner plus de visibilité, la société a engagé un ambassadeur de marque en la personne de David Goffin, qui vante les mérites d’un des nouveaux produits vedettes de la firme.

La vénérable entreprise pourra-t-elle continuer à faire cavalier seul longtemps? "Certains ont déjà essayé de nous manger tout cru. Nous sommes dans le viseur de grands groupes. C’est flatteur, conclut Rodolphe Trenker. Mais nous avons beaucoup de choses en développement. Et on s’amuse bien."

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