Le "médicament le plus cher" rapporte plus que prévu

Zolgensma ©ISOPIX

Malgré son prix prohibitif, le Zolgensma, un traitement de thérapie génique, a déjà rapporté plus de 140 millions d’euros à Novartis sur le seul troisième trimestre.

Il a beau être le médicament réputé "le plus cher du monde" (1,9 million d’euros la dose), le Zolgensma a démarré sa carrière commerciale sur les chapeaux de roue. Il a en effet déjà rapporté à Novartis l’équivalent de 143 millions d’euros en un seul trimestre. C’est 55 millions de plus que ce qu’espérait le géant pharmaceutique suisse.

Selon Vas Narasimhan, le CEO de Novartis, ce succès inattendu est dû pour une bonne partie au fait que la moitié des patients sont passés d’une autre thérapie, le Spinraza, qui inhibe les symptômes de la maladie mais ne la guérit pas, au Zolgensma, qui répare l’ADN du malade et offre donc des espoirs de survie et de développement.

Le Zolgensma est un traitement par thérapie génique de l’amyotrophie spinale (AMS), une maladie génétique rare qui frappe les nourrissons et se traduit par une faiblesse et une atrophie des muscles, provoquant la mort rapide de l’enfant.

12,2 milliards $
Au 3e trimestre, Novartis a dopé son chiffre d’affaires de 13% à change constant pour le porter à 12,2 milliards de dollars.

Lancé en mai dernier aux Etats-Unis, ce traitement a défrayé la chronique chez nous il y a quelques semaines. Les parents de la petite Pia, un bébé souffrant d’AMS, bien en peine de payer le traitement, ont lancé une campagne de récolte de fonds par SMS et sur internet pour financer son achat.

La petite Pia a reçu le traitement la semaine dernière. Les premiers résultats sont encourageants.

L’agence américaine des médicaments a toutefois épinglé le laboratoire suisse sur une partie des données soumises pour obtenir l’approbation du Zolgensma pour l’amyotrophie spinale.

Novartis s’attend désormais à une décision du comité des médicaments à usage humain, l’instance chargée d’examiner les traitements qui peuvent être commercialisés dans l’Union européenne, plutôt au premier trimestre 2020 et au premier semestre 2020 au Japon, soit quelques mois plus tard que prévu.

Prévisions relevées

Le troisième trimestre est aussi encourageant pour le groupe bâlois, qui a dopé son chiffre d’affaires de 13% à change constant. Celui-ci a atteint 12,2 milliards de dollars, sous l’impulsion notamment de Cosentyx, son traitement pour le psoriasis, et d’Entresto, son médicament pour l’insuffisance cardiaque.

Les ventes ont été portées par la division pharmaceutique, dont les recettes ont progressé de 15% en monnaies locales, à 9,7 milliards de dollars.

Sandoz, la filiale spécialiste dans les médicaments génériques, a progressé de façon plus modeste (+ 5% à 2,5 milliards de dollars), en raison de la pression sur les prix aux Etats-Unis.

Pour 2019, Novartis s’attend désormais à une progression des ventes à un chiffre en haut de fourchette, alors qu’il plaçait auparavant la barre entre 5 et 9%.

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