Le sort de ThromboGenics ne sera pas réglé demain

Patrick De Haes, CEO de ThromboGenics ©IMAGEGLOBE

Une petite vingtaine d'actionnaires ont asticoté mardi après-midi la direction de ThromboGenics sur l'avenir de la biotech louvaniste. Le CEO Patrick De Haes reconnaît que les ventes de son produit-phare, le Jetrea, démarrent plus lentement que prévu. Mais il refuse d'envisager à ce stade une vente de la société. Toutes les options stratégiques sont sur la table, et une décision ne tombera pas de sitôt.

La biotech louvaniste ThromboGenics a-t-elle vécu hier sa dernière assemblée générale? C'est évidemment trop tôt pour le dire, mais un rachat par un plus gros acteur fait partie des scénarios étudiés dans le cadre de la révision stratégique en cours actuellement.

La petite vingtaine d'actionnaires réunis à Heverlee ne se sont pas privés de cuisiner les responsables de la société sur les scénarios d'avenir et sur les raisons des ventes décevantes de son seul produit actuellement sur le marché, le Jetrea.

Depuis fin février, ThromboGenics s'est lancée, avec la maison de courtage Morgan Stanley, dans une révision stratégique visant à étudier les différentes options permettant de réaliser au mieux le potentiel commercial du Jetrea. Ce produit injectable permet de soigner les patients souffrant de traction ou d'adhérence vitréomaculaire (VMA/VMT) sans passer par une intervention chirurgicale.

Le hic, c’est que l'enthousiasme suscité par cette innovation dans le corps médical est retombé au moment de sa mise sur le marché. En 2013, quelque 7.000 patients seulement ont été soignés avec le Jetrea aux Etats-Unis et quelques centaines en Allemagne et au Royaume Uni, les deux principaux marchés européens.

Patrick De Haes, le CEO, de ThromboGenics, n'a pas caché que le marché s'ouvrait moins vite que prévu à cette innovation. "La phase 3 des essais cliniques a établi à 26,5 % le taux d'efficacité du Jetrea. C'est relativement bas mais bon nombre de patients n'étaient pas des cibles indiquées pour ce traitement. Et une fois sur le marché, des effets collatéraux se font jour, laissant penser que le traitement est inefficace. Mais le Jetrea finira par trouver sa place sur le marché", a dit Patrick De Haes.

Répondant à une actionnaire qui lui demandait si ThromboGenics avait été "pris de court" par la réaction des marchés, le patron de la biotech s'est voulu rassurant, soulignant que changer les habitudes des chirurgiens familiarisés avec une intervention "prend plus de temps que prévu".

Reste à voir de quoi l'avenir de ThromboGenics sera fait. Son CEO le répète: aucun scénario n'est écarté, même si bon nombre d'observateurs pressentent un rachat par un gros acteur. Le nom le plus cité n'est autre que celui d'Alcon, la filiale ophtalmologique du suisse Novartis, qui détient les droits commerciaux du Jetrea en dehors des Etats-Unis.

"Nous disposons d'un matelas de cash de 172 millions d'euros qui nous donne le temps d'examiner tous les scénarios à tête reposée. Une décision est plutôt une question de mois que de semaines", affirme Patrick De Haes. Qui reste néanmoins conscient du peu de patience des marchés boursiers, en dépit du brevet qui protège le Jetrea jusqu'en 2028.

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