Les analystes gardent la tête froide sur les perspectives d'IBA

Avec le contrat décroché en Géorgie, IBA affiche un carnet de commandes record de 1,1 milliard d'euros. ©BELGA

Si l’annonce d’un carnet de commandes record a donné un coup de fouet à l’action IBA ce matin, certains brokers se montrent prudents vis-à-vis du marché de la protonthérapie.

Une bouffée d’oxygène bienvenue ce mardi matin pour l’action IBA qui s’est envolée de 12,6% pour atteindre un plus haut de 10,98 euros avant de perdre un peu de sa superbe.

Au cours des cinq dernières séances, le titre avait perdu près d’un quart de sa valeur suite à la décision de Jefferies de passer à la vente sur la valeur. La chute avait été amplifiée par la présence de quatre vendeurs à découvert totalisant une position représentant 2,41% du capital d’IBA.

Carnet de commandes historique

Le rebond de ce matin a été provoqué par l’annonce d’un contrat décroché en Géorgie pour un Proteus ONE dont la valeur varie généralement entre 35 et 40 millions d’euros. Avec cette commande qui intègre également un cyclotron qui sera dédié à la recherche scientifique, le spécialiste belge de la protonthérapie pour le traitement du cancer précise avoir vendu 8 salles en 2019 portant son carnet de commandes à un niveau historique de 1,1 milliard d’euros. IBA a aussi renforcé son bilan en refinançant ses lignes de crédit avec une facilité de crédit à terme et une facilité de crédit renouvelable pour un total de 67 millions d’euros.

Bien qu'il existe des signes d’un intérêt renouvelé pour la protonthérapie, nous ne nous attendons pas à une reprise rapide du marché.
Thomas Guillot
Analyste chez Degroof Petercam

Chez KBC Securities qui reste le plus grand fan d’IBA avec une recommandation à "accumuler" et un objectif de cours de 23,5 euros, on souligne que ce contrat conclu à un prix normal intègre également un cyclotron. " Malgré tout, la société est confiante que cela ne pèsera pas sur les marges dans la mesure où la durée des services liés à ce contrat sera plus courte ce qui compense complètement le cyclotron".

Lenny Van Steenhuyse et Sandra Cauwenberghs notent toutefois que face à la politique de prix agressive du concurrent Varian, on s’attend à voir IBA réduire ses marges pour rester compétitif. Si Varian persiste dans cette voie, cela ne deviendra apparent que dans les nouveaux appels d’offres et n’apparaîtra donc que dans les comptes 2021-2022, précisent-ils.

Visibilité limitée

Si Thomas Guillot de Degroof Petercam reconnaît que ce nouveau contrat aura un impact positif sur ses estimations, il reste prudent sur le potentiel à court terme de la société. "Bien qu'il existe des signes d’un intérêt renouvelé pour la protonthérapie, nous ne nous attendons pas à une reprise rapide du marché. Comme la visibilité sur les contrats futurs reste très limitée", ajoute-t-il, "nous réitérons notre conseil sur la valeur à ‘conserver’". L’objectif de cours ne bouge pas à 13 euros.

Prudence également du côté de Kepler Cheuvreux ("conserver"; 15 euros) et cela pour deux raisons : une valorisation toujours élevée et un momentum jugé peu propice pour le marché de la protonthérapie.

Enfin, David Vagman d’ING ("vendre" ; 15 euros) remarque que le refinancement annoncé par IBA implique indirectement que la position de la dette nette de la société à la fin de l’année s’est probablement améliorée grâce aux livraisons, au démarrage de nouvelles installations et la vente d’une partie de la division dosimétrie.

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