Les biotechs belges ou l'investissement gagnant du premier semestre

Dans les laboratoires comme en Bourse, tous les feux sont au vert pour les biotechs. ©BLOOMBERG NEWS

Grâce aux reprises de Tigenix par Takeda et d’Ablynx par Sanofi, les biotechs belges affichent, ensemble, une progression de 65,9% en six mois, montre le baromètre biotech semestriel d’Euronext. Les biotechs ont aussi beaucoup sollicité le marché, levant jusqu’à 850,1 millions d’euros.

Les investisseurs qui ont misé, en début d’année, sur les biotechs cotées à Bruxelles ont été bien inspirés. Au premier semestre, les actions des sociétés biotechnologiques belges ont progressé de 65,9%, montre le baromètre biotech d’Euronext pour les six premiers mois de 2018, publié ce mardi. La performance des valeurs belges du secteur se distingue de celle de leurs voisines françaises (-13,6%) et néerlandaises (-4,6%).

"Les opérations de fusion & acquisition ont fortement contribué à la progression des valorisations belges."

Pourquoi les sociétés belges actives dans la biotechnologie – cette branche pharmaceutique combinant la technologie et les organismes vivants – affichent-elles, dans l’ensemble, une forme aussi éclatante en Bourse? Tout d’abord, il y a eu, au tout début de l’année, deux offres publiques d’acquisition (OPA) sur des biotechs belges. Le 5 janvier, le japonais Takeda  a jeté son dévolu sur Tigenix  , une opération clôturée définitivement vendredi dernier. Et le 29 janvier, le français Sanofi  est parti à la conquête d’Ablynx  , qui avait déjà été convoitée, sans succès, par le danois Novo Nordisk  , une transaction qui s’est soldée par un retrait de la cote de la valeur belge le 13 juin.

Résultats cliniques positifs

Ces deux OPA "ont fortement contribué à la progression des valorisations belges", souligne le baromètre d’Euronext. Dans la foulée des annonces de ces reprises, l’action Ablynx avait vu son cours multiplié par deux et Tigenix s’était envolée de plus de 80%.

Ces faits non récurrents ne sont pas la seule explication de la progression semestrielle des valeurs biotechnologiques de la Bourse de Bruxelles. Il s’avère que les scientifiques à l’œuvre dans les laboratoires des biotechs de notre pays ont réalisé du bon travail et ont permis à leur entreprise d’en récolter les fruits. Euronext recense en effet plusieurs résultats d’études cliniques positifs qui ont soutenu les cours boursiers, notamment chez Asit  (le 12 janvier), Celyad  (le 27 avril) et Mithra  (le 17 mai). Mais ces coups d’éclat des actions lors de l’annonce de résultats cliniques ne résistent pas toujours à l’épreuve du temps: sur six mois, Asit a fait du surplace et Celyad a perdu plus de 25%, seule Mithra parvenant à confirmer avec un triplement de son cours de Bourse au premier semestre.

Les performances des biotechs belges au premier semestre sont très disparates. Par exemple, ThromboGenics  a bondi de 109% alors qu’Acacia Pharma  a perdu 7% (depuis son entrée en Bourse le 5 mars). MDXHealth   a pris 20% et argenx  a fait deux fois mieux (+40%).

Le baromètre d’Euronext permet aussi de relativiser cette bonne période des biotechs belges puisque, sur un peu plus de cinq ans, c’est-à-dire depuis janvier 2013, les actions biotechnologiques belges ont progressé de 27%, là où leurs homologues françaises ont pris 50% et les néerlandaises 70%. Ensemble, les cinquante actions biotechs d’Euronext, cotées à Bruxelles, Paris et Amsterdam, ont pris 49% en six mois. Leur capitalisation boursière est passée de 15,6 à 19,6 milliards d’euros.

©Mediafin

Une seule IPO, à Bruxelles

Au fil du temps, les biotechs doivent maintenir un niveau de trésorerie suffisant pour mener leurs recherches. Euronext a calculé qu’à la fin de 2017, la trésorerie totale des biotechs cotées sur ses différents marchés s’élevait à 3,8 milliards d’euros, contre 3,3 milliards un an plus tôt et 951 millions d’euros fin 2013. Au terme de l’année dernière, les biotechs belges cumulaient 940 millions d’euros de trésorerie. Euronext souligne aussi que "les marchés ont été fortement sollicités au premier semestre de 2018". Plus de septante opérations de levées de fonds ont eu lieu en six mois, pour un total de 850,1 millions d’euros, contre 64 opérations et 966 millions au deuxième semestre de l’an dernier. "Le premier semestre 2018 est le deuxième semestre le plus actif en opérations secondaires (hors introductions en Bourse, NDLR) lors des deux dernières années", précise le baromètre.

La seule IPO (initial public offering, ou entrée en Bourse) biotech d’Euronext sur cette période est celle d’Acacia Pharma  , qui a drainé 40,1 millions d’euros vers le marché belge. Enfin, Euronext relève que les volumes moyens quotidiens de transactions sur les actions biotechs de ses marchés ont augmenté de 25% au premier semestre, à 123 millions d’euros. Ce qui doit bien l’arranger puisque ses revenus en dépendent.

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