Les géants de la pharma dans la course au vaccin contre le Covid-19

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Les uns après les autres, les géants du secteur pharmaceutique se lancent dans la quête d'un vaccin contre le coronavirus. Dans cette quête, ils peuvent déjà s'appuyer sur l'expérience acquise lors des précédentes épidémies.

Le monde pharmaceutique se mobilise face au coronavirus. Les unes après les autres, les entreprises revoient leurs priorités pour laisser leurs équipes travailler sur le Covid-19. Et pour cause, comme le signale l'Institut Pasteur, compte tenu de la mondialisation des transports, un "microbe peut faire le tour du monde en moins de 24h". 

Très vite GSK a annoncé mettre à disposition sa technologie de plateforme adjuvante de vaccin pandémique. Une technologie qui a l'avantage de permettre une production à large échelle, avec une réponse immunologique renforcée.

24
heures
Compte tenu de la mondialisation des transports, un "microbe peut faire le tour du monde en moins de 24h".

Gilead devrait ce mois-ci commencer dans divers pays les essais cliniques sur son antiviral expérimental, le remdesivir. Déjà testé à Wuhan en Chine, il s'attaque davantage aux pathologies respiratoires liées à cette souche virale. 

Pfizer est également sur la brèche. Il indique avoir identifié certains composés antiviraux qui auraient le potentiel d'inhiber le virus. "Si l'un de ces composés s'annonce fructueux, nous espérons lancer les tests d'ici la fin de l'année." 

Johnson & Johnson , qui avait par le passé déjà apporté une réponse aux épidémies d'Ebola et de Zika, a lancé le développement d'un vaccin qui résulterait en une "version désactivée" du virus; de quoi déclencher une réponse immunitaire, sans provoquer d'infection.

Sanofi  travaille sur une molécule à base d'une partie de l'ADN du coronavirus, associée à un virus générique inoffensif. Le laboratoire espère pouvoir tester son candidat vaccin sur des humains d'ici 12 à 18 mois.

Désormais, c'est Takeda qui entre en piste. Il annonce le développement d'une molécule qui pourrait traiter les personnes à haut risque. Le groupe dit aussi passer ses actuels produits en revue pour voir s'ils pourraient être efficaces pour soigner les personnes infectées.

4 milliards
dollars
Selon les chiffre de l'OMS, le marché mondial du vaccin contre la grippe (traditionnelle) représentait en 2018 près de 4 milliards de dollars et devrait dépasser les 6 milliards en 2026.

Les laboratoires universitaires ne sont pas en reste. Chez nous, le VIB-UGent Centre de biotechnologie médicale cherche à développer un antiviral contre le coronavirus. La KULeuven va, elle, à la demande et aux frais de la Fondation Gates, analyser l'action de 15.000 molécules médicinales sur le nouveau coronavirus.

Rappelons qu'il s'agit d'un secteur important. Selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le marché mondial du vaccin contre la grippe (traditionnelle) représentait à lui seul en 2018 près de 4 milliards de dollars et devrait dépasser les 6 milliards en 2026. 

Combien de temps pour un vaccin?

Le directeur de la fédération internationale de l'industrie du médicament, Thomas Cueni, indiquait récemment que les experts sont unanimes: il va falloir apprendre à cohabiter avec ce virus, car il ne disparaîtra pas de sitôt. D'où l'importance de s’atteler à développer un vaccin.

Il va falloir apprendre à cohabiter avec ce virus, car il ne disparaîtra pas de sitôt.
Thomas Cueni
Directeur de la fédération internationale de l'industrie du médicament

Il rappelle que l’épidémie du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) de 2003 a déjà permis le développement de technologies qui peuvent être adaptées au Covid-19. Et malgré la course à la mise au point d'un vaccin, les acteurs pharma ont aussi appris d'autres épidémies comme celle d'Ebola à collaborer étroitement avec les autorités et la concurrence.

La question est maintenant de savoir: combien de temps faudra-t-il pour mettre au point ce vaccin? Dans des circonstances normales, le développement "from scratch" d'un vaccin prend une dizaine d'années. Ici, le délai de 24 voire 18 mois est avancé. Quoi qu'il en soit, si les premiers tests sur humains pouvaient avoir lieu d'ici là, une vaccination à grande échelle pourrait prendre davantage de temps.

Dans le cas du H1N1 (2009), l'OMS avait indiqué qu'une fois la souche identifiée, il fallait cinq à six mois pour obtenir l'autorisation de lancer les tests. Il fallait en effet jusqu'à deux mois pour préparer et vérifier la souche utilisée pour le vaccin. La fabrication et le contrôle qualité des premiers lots destinés aux essais cliniques prenaient, eux, neuf semaines. Ajoutez à cela quatre semaines d'essais cliniques, sans parler de la phase de production.

Apprendre du passé

Dans un rapport, l'OMS rappelait l'importance de tirer les leçons d'épidémies comme celles du Sras, H1N1, etc. "Une épidémie peut être endiguée même en l'absence d'un médicament ou d'un vaccin efficace si les interventions sont adaptées aux circonstances et s'appuient sur un engagement politique", lit-on.

L'OMS souligne que dans le cas du Sras, la réactivité avait déjà été influencée par l'intervention sept années durant pour remédier aux importantes lacunes mises en lumière par la flambée de fièvre à virus Ebola en République démocratique du Congo (1995) et par des épidémies de peste en Inde, et de choléra en Amérique latine. 

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