Les réductions de livraisons d'AstraZeneca tombent au plus mauvais moment

Selon certaines sources, les livraisons d'AstraZeneca pour le premier trimestre dans l'UE seraient réduites à un quart de leur volume prévu. ©AFP

Les importants retards de livraisons annoncés par AstraZeneca interviennent au moment où la pandémie de coronavirus connaît un nouveau sursaut dans la plupart des pays européens.

Une réduction de trois quarts par rapport aux prévisions initiales: les livraisons de vaccins contre le Covid-19 d'AstraZeneca prévues pour le premier trimestre dans l'Union européenne auraient finalement été réduites à environ 25% de leur volume attendu à l'origine, ont indiqué mercredi plusieurs sources européennes avant une nouvelle réunion entre le laboratoire anglo-suédois et des responsables de l'UE. On comprend dès lors la colère des pays européens, qui voient leurs stratégies de vaccination perturbées au moment où la pandémie de coronavirus connaît un nouveau sursaut dans la plupart des États membres de l'Union.

Pas d'engagement chiffré

Les explications fournies par Pascal Soriot, le PDG du groupe pharmaceutique, dans un entretien accordé à plusieurs quotidiens européens, n'ont pas permis de rapprocher les points de vue. Selon lui, son entreprise ne s'est pas engagée sur des quantités de doses à livrer aux Européens, mais a seulement promis de "faire de son mieux". Ce à quoi les Européens rétorquent qu'AstraZeneca doit recourir à la production des deux usines situées au Royaume-Uni pour fournir les doses promises aux Vingt-Sept. Pascal Soriot estime, lui, que le contrat signé entre AstraZeneca et Londres en juin 2020, trois mois avant l'accord avec l'UE, stipule que la production issue de la chaîne d'approvisionnement britannique irait d'abord au Royaume-Uni.

Si le différend s'est envenimé, c'est également parce que les Européens ne croient pas aux explications fournies par AstraZeneca.

Si le différend s'est envenimé, c'est également parce que les Européens ne croient pas aux explications fournies par le groupe pharmaceutique, qui a justifié cette forte diminution des premières livraisons attendues par un problème de rendement dans deux sites européens de sous-traitance, l'un aux Pays-Bas et l'autre en Belgique. Ce dernier est l'usine de Seneffe de la société Henogen, que le groupe français Novasep vient de céder au géant américain Thermo Fisher Scientific. La société hennuyère a d'ailleurs reçu mercredi la visite d'inspecteurs de l'AFMPS (Agence fédérale des médicaments et des produits de santé) qui avaient été envoyés par le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke, sur la base d'une requête de la Commission européenne. Il s'agissait "de nous assurer que le retard de livraison des vaccins était bien dû à un problème de production sur le site belge", a indiqué le cabinet, en précisant que des experts hollandais, italiens et espagnols avaient participé à ces vérifications, dont les conclusions ne sont pas encore connues.

Seneffe ne serait toutefois en termes d'importance que le troisième site sur les quatre prévus pour la production destinée au marchés européens, derrière les deux sites britanniques, dans le cadre d'un meccano mondial réunissant une vingtaine de partenaires autour d'AstraZeneca.

Pfizer rassure

Si le torchon brûle entre AstraZeneca et l'UE, le groupe américain Pfizer a de son côté apporté de meilleures nouvelles mercredi en indiquant que son usine de Puurs avait retrouvé son schéma de livraison des doses de vaccin Covid-19. En définitive, 8% de doses en moins ont été livrées ces derniers temps en Belgique par rapport au schéma initial.

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