Les résultats d’IBA sont solides, oui, mais…

IBA renoue avec la distribution d'un dividende. ©UZ Leuven

Malgré une croissance à trois chiffres de l’ebitda et du résultat net d’IBA, les analystes temporisent. Voici pourquoi.

On peut dire qu’IBA revient de loin après des années difficiles ponctuées d’avertissements sur résultats en série qui ont laminé son action.

Et c’est avec panache et malgré la pandémie que le spécialiste de la protonthérapie destinée au traitement du cancer signe un grand retour. Deux lignes de son compte de résultats affichent ainsi une croissance à trois chiffres: l’ebitda récurrent à 56 millions d’euros (+349%) et le résultat net à 31,9 millions (+319%). Le chiffre d’affaires, pour sa part, progresse de 10,4% à 312 millions d’euros.

"One shot"

63,5
millions €
Les revenus d'IBA ont été positivement influencés à hauteur de 63,5 millions d’euros par l’accord de licence conclu avec le groupe chinois CGNNT.

Bien sûr, comme le notent les analystes qui dans leur ensemble ne changent pas leur position sur la valeur, les revenus ont été positivement influencés à hauteur de 63,5 millions d’euros par l’accord de licence conclu avec le groupe chinois CGNNT. Un "one shot" comme on dit. Si on ne tient pas compte de cet accord, les ventes liées à la protonthérapie restent en deçà de nos attentes tempère Lenny Van Steenhuyse de KBC Securities ("conserver" ; 12 euros).

De son côté, David Vagman d’ING ("vendre" ; 15 euros) signale que sans l’apport de CGNNT qui offre un niveau de marge très élevé et hors impact Covid, l’ebit récurrent aurait été simplement à l’équilibre.

Son confrère, Thomas Guillot de Degroof Petercam ("conserve"; 15 euros) estime que les résultats sont positifs, mais que ces 63,5 millions de revenus rendent la comparaison difficile.

Quid pour 2021?

Ce qui chagrine aussi les analystes c’est l’absence de perspectives chiffrées pour 2021. Thomas Guillot se dit prudent sur le moyen terme pour le marché de la protonthérapie avec, en raison de contraintes budgétaires, une demande moindre émanant des hôpitaux. "Nous pensons que 2021 restera ‘challenging’ mais IBA sera aidée par son bilan solide et à son deal avec CGNNT  pour surmonter cette période".

"Nous pensons que 2021 restera ‘challenging’ mais IBA sera aidée par son bilan solide et à son deal avec CGNNT pour surmonter cette période."
Thomas Guillot
Analyste chez Degroof Petercam

David Vagman explique d’IBA ne souhaite pas quantifier ses prévisions en raison du fort impact du Covid sur les installations de système de protonthérapie. Mais, écrit-il, la direction semble rassurée par la forte reprise constatée depuis le second semestre 2020 avec en particulier la vente de quatre accélérateurs conclue depuis le début de l’année.

Et puis, les actionnaires qui en ont vu de toutes les couleurs ne sont pas oubliés. IBA a décidé de renouer avec la distribution d’un dividende brut fixé à 0,2 euro.

Quant à l’action qui se traitait à un peu moins de 7 euros il y a un an, elle en vaut plus du double aujourd’hui, mais loin, très loin, des 56 euros de mai 2017.

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