Miguel Forte, le nouveau visage de Bone Therapeutics

Miguel Forte a déjà occupé de nombreuses fonctions dans le secteur médical et le domaine biopharmaceutique.

Miguel Forte a succédé à Thomas Liénard il y a deux mois. Il entame son mandat avec le lancement de deux essais cliniques, une levée de fonds et la recherche de partenaires.

Le changement dans la continuité. Nommé il y a deux mois à la tête de Bone Therapeutics, Miguel Forte se décrit comme un CEO affichant un profil différent de celui de son prédécesseur, Thomas Liénard, au moment où la biotech carolo spécialisée dans la thérapie cellulaire osseuse est arrivée à un tournant de son évolution.

"Le management précédent a changé l’organisation de Bone et préparé la société pour la focaliser sur les essais cliniques, le lancement commercial de produits et faire encore plus d’innovation", explique le nouveau manager portugais. "Ce sont des choses que j’ai déjà faites. Il s'agit de compétences cliniques, dans le développement ou dans le domaine réglementaire, que je peux apporter. Cela faisait du sens d’avoir un CEO qui ait l’expérience de mettre un produit sur le marché."

De nombreuses casquettes

Tout au long de sa carrière, Miguel Forte a endossé de nombreuses casquettes dans le secteur médical et le domaine biopharmaceutique, tout en gardant un pied dans le monde académique. Docteur spécialisé à l’origine dans les maladies infectieuses, il est notamment passé par l’Agence européenne du médicament, alternant aussi les passages dans la big pharma (UCB, où il a participé au lancement du Cimzia) avec des postes à responsabilité dans des biotechs (TxCell et Bone déjà, où il fut Chief Medical Officer).

Avec les cellules, on est dans une nouvelle frontière de la médecine.
Miguel Forte
CEO de Bone Therapeutics

Son dernier poste, celui de directeur général de Zelluna, une biotech norvégienne spécialisée dans le traitement des cancers par immunothérapie, lui a permis de se familiariser encore un peu plus avec la thérapie cellulaire. "Un domaine passionnant" lâche-t-il. "Avec les cellules, on est dans une nouvelle frontière de la médecine".

Les principaux défis qui attendent le nouveau CEO sont connus. "Ce que Bone doit faire, c’est respecter ce qu’on a promis, réaliser les essais dans les délais annoncés et donner les résultats" résume-t-il. La biotech wallonne est à un point d'inflexion, avec le lancement imminent de deux nouvelles études cliniques, dont une de phase III.

Celle-ci porte sur le JTA-004, un produit qui vise à traiter les personnes atteintes d’arthrose du genou. Les premiers patients de l’essai, qui sera mené en Europe (dont la Belgique) et à Hong Kong, vont commencer à être recrutés d’ici peu. Les résultats sont attendus dans le second semestre de 2021.

Des données pertinentes

Le JTA-004 n'est pas un produit de thérapie cellulaire. Il s’agit d’un viscosupplément, un gel qui permet de lubrifier les articulations malades. Le candidat médicament est à base d’acide hyaluronique (un produit déjà éprouvé), mais est complété par un agent antidouleur et une solution protéinée. "Cet essai clinique, qui sera mené avec 676 patients en comparatif avec un placebo et le produit leader actuel, va nous permettre d’avoir des données cliniques pertinentes" se réjouit Miguel Forte.

Si tout se passe bien, le produit contre l’arthrose sera le premier à sortir des labos de la société de Gosselies.

Si tout se passe bien, ce produit contre l’arthrose sera le premier à sortir des labos de la société de Gosselies pour être mis sur le marché, dans le cadre d’un ou de plusieurs partenariats. "Ce que l’on fait, c’est la préparation clinique et réglementaire. Nous n’avons pas l’intention de monter une structure commerciale pour l’amener sur le marché. Nous avons déjà des contacts avec certains qui voudraient élargir leur portefeuille".  

La deuxième étude clinique qui s'annonce est une phase IIb pour l’évaluation du produit de thérapie cellulaire allogénique, Allob, chez des patients présentant des fractures difficiles au tibia. Le calendrier de ce produit qualifié de "plus innovant" est différent: si la nouvelle étude, qui sera menée avec un peu moins de 200 patients, va démarrer en Europe (et aussi en Belgique) au deuxième trimestre 2020, ses premiers résultats ne seront connus qu’à la mi-2022.

 "Il s’agit d’une plateforme de thérapie cellulaire allogénique", souligne encore le CEO. Ces cellules, qui viennent d'un donneur sain, peuvent être stockées au point d'utilisation et sont fabriquées via un procédé adapté à une échelle industrielle et à coûts maitrisés". Qui plus est, le produit a aussi obtenu de bons résultats chez des patients ayant subi une procédure de fusion vertébrale, alors que d’autres indications sont examinées, notamment en chirurgie faciale.  

Miguel Forte confirme que la société, qui dispose de cash jusqu’à la fin du troisième trimestre 2020, va "très prochainement" regarnir ses caisses. "La levée d’argent doit nous permettre d’aller presque jusqu’à fin 2021, alors qu’on aura les résultats de JTA. A ce moment-là, on aura des opportunités de partenariat qui nous permettront de continuer et de livrer des résultats pour les fractures". 

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