Miracor lève 24 millions pour peaufiner son arrivée sur le marché

Olivier Delporte, CEO de Miracor Medical. ©anthony dehez

Les fonds collectés par la société liégeoise seront utilisés pour les études cliniques et la préparation de la commercialisation, à partir de la mi-2021, du dispositif destiné à traiter les patients ayant souffert d’un infarctus aigu.

Dernière ligne droite en vue pour Miracor Medical: la société liégeoise spécialisée dans la cardiologie interventionnelle annonce la clôture d'un tour de financement de série E de 24 millions d'euros. Un apport d'argent frais qui va permettre à cette entreprise de technologie médicale de terminer ses études cliniques et de préparer la commercialisation, dans un peu plus d'un an, de son dispositif destiné à traiter les patients ayant souffert infarctus aigu.

Le financement a été conduit par un nouvel investisseur stratégique rejoint par un co-investisseur, le groupe chinois Yonghua. "Il s'agit d'un industriel qui ne souhaite pas se dévoiler, comme cela avait été le cas avec le lead investisseur qui avait conduit le tour de 2018", explique le CEO de Miracor, Olivier Delporte. C'est un grand acteur avec une présence mondiale, qui apporte une valeur ajoutée stratégique. Le co-investisseur Yonghua est pour sa part un groupe diversifié dont un des bras, spécialisé en private equity, investit dans la biotech et la medtech. Ils se diversifient géographiquement, avec des investissements récents aux USA. Ceci est leur premier investissement sur l'Europe!"

De leur côté, les investisseurs actuels – Earlybird, Noshaq, Quest for Growth, la SFPI, la SRIW et l’autre investisseur stratégique – ont également soutenu ce financement. "Les trois institutionnels belges continuent à être très supportifs et ont ensemble environ 20% de la société", précise Olivier Delporte.

Deuxième version

Les fonds seront utilisés pour faire progresser le programme d'études cliniques, qui recrutera et randomisera jusqu'à 750 patients dans trois études distinctes en Europe et aux États-Unis. Le dispositif PiCSO mis au point par Miracor, qui est constitué d’une console et d’un cathéter, génère une réduction significative des zones nécrosées chez les patients atteints d’un infarctus du myocarde en améliorant la microcirculation et la perfusion de la zone infarcie. Selon plusieurs études initiales, son utilisation entraîne une réduction du nombre d'hospitalisations pour insuffisance cardiaque ainsi qu'une réduction de la mortalité. Le système, qui en est déjà à sa deuxième version, a reçu en 2019 la désignation de matériel innovant aux USA – ce qui facilite les études et la commercialisation – et le marquage CE en juin 2020.

750
Patients
Le programme d'études cliniques recrutera et randomisera jusqu'à 750 patients dans trois études distinctes.

En Europe, Miracor est engagée dans le recrutement de 144 patients pour un essai qui vise à évaluer les bénéfices de son traitement par rapport à une intervention conventionnelle. Cette étude a connu des retards à cause de la crise sanitaire, mais a été relancée ces dernières semaines, avec une diversification du nombre de centres. Une autre étude spécifique à la France sera également menée. Sponsorisée par le ministère de la Santé, elle doit ouvrir la voie à un remboursement du PiCSO dans l'Hexagone. Aux USA, la soumission de la demande d'étude auprès de la FDA interviendra d'ici octobre afin de décrocher l’approbation fin de l’année. "Il s'agira de l'étude la plus importante en taille, avec de 300 à 380 patients, mais également en termes de création de valeur. Dans la medtech, le marché américain reste majeur. Ces trois études seront relativement similaires, mais pourront être 'poolées', ce qui permettra d’avoir plus de puissance statistique afin de montrer éventuellement des différences que l'on ne pourrait pas voir dans des études séparées", souligne encore le CEO.

"Dans la medtech, le marché américain reste majeur."
Olivier Delporte
CEO de Miracor Medical

Le début de la commercialisation du système PiCSO devrait intervenir après la publication des résultats de l'étude clinique européenne, soit dans la deuxième partie de l'année prochaine. D'ici là, Miracor va travailler avec un nombre limité d'établissements hospitaliers "dans le but de supporter les remboursements". "Dans certains pays, il est important d'avoir un, deux ou trois hôpitaux qui utilisent le produit. Il y a aussi des hôpitaux qui veulent tester de nouvelles indications. Il s'agit également de prouver que le produit est vendable et est acheté par les hôpitaux", conclut Olivier Delporte.

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