Mithra consolide sa trésorerie, mais ses pertes inquiètent

©Dries Luyten

Le spécialiste liégeois de la santé féminine disposait à la fin du premier semestre d'environ 86 millions d'euros dans ses caisses, contre 36 millions six mois plus tôt. Quant au chiffre d'affaires de Mithra, il s'est stabilisé autour des 12,6 millions d'euros et alors que la perte nette de la biotech a doublé sur un an.

Mithra "a bien progressé au cours du premier semestre 2018". Tel est l'avis du patron de la biotech, François Fornieri, au moment de faire le point sur la moitié de son exercice 2018, période qui a vu la capitalisation boursière de l'entreprise liégeoise dépasser le milliard d'euros.

Pendant les six premiers mois de l'année, Mithra a publié des résultats cliniques positifs en phase II pour le Donesta, son traitement hormonal contre certains symptômes de la ménopause considéré comme un blockbuster potentiel. Ce qui a notamment donné une poussée de fièvre à son cours de Bourse, actuellement à 31,35 euros, soit trois fois plus haut qu'il y a un an.

16
Milliards de dollars
Le marché mondial de la ménopause est chiffré à 8,6 milliards de dollars et pourrait atteindre les 16 milliards d'ici 2025.

Autre traitement phare de la société liégeoise: le contraceptif Estelle. Mithra prévoit de communiquer les résultats de phase III de son contraceptif oral aux Etats-Unis début 2019, avec la dernière patiente qui sortira en novembre. Des premiers résultats encourageants pour le volet européen et russe de l'étude ont été communiqués pendant l'été et ont montré que le traitement est plus efficace qu'espéré.

Ces bonnes nouvelles sur le front des essais cliniques se traduisent également par un allégement des investissements en recherche et développement (R&D) dans les coûteux programmes de phase III pour Estelle et de phase II pour le Donesta. Au premier semestre, la biotech a vu ses frais de R&D fondre de 24% sur un an à 19,4 millions d'euros.

Une perte nette deux fois plus importante

Dans le même temps, Mithra a encore creusé sa perte nette. Au terme du premier semestre, elle s'affiche à 34,4 millions d'euros contre un résultat négatif de 18,8 millions d'euros un an plus tôt. Mithra doit faire face à des paiements plus élevés en lien avec ses accords commerciaux pour Estelle.

Plus ce traitement remporte du succès, plus les paiements d'étapes et les royalties pour les anciens propriétaires du produit seront élevés pour les Liégeois. Au total, cela a déjà entraîné une augmentation de la juste valeur de la contrepartie conditionnelle comptabilisée pour Estelle à un peu plus de 68 millions d'euros contre un peu moins de 42 millions en 2017. Le CEO François Fornieri juge cette évolution tout-à-fait normale étant donné la hausse des revenus futurs attendus liés à Estelle. "Si on va payer davantage de royalties pour la molécule E4, c'est parce qu'on va évidemment gagner plus d'argent que prévu. On doit donc provisionner plus" a-t-il commenté à L'Echo.

Des réserves de cash encore plus importantes 

La société Mithra est aussi parvenue à fortifier son assise financière depuis le début de l'année. D'abord grâce à une levée de 77,5 millions d’euros réalisée au moyen d’un placement privé. A cela se rajoute des paiements d’acomptes et d’étapes non-négligeables. De quoi renforcer la trésorerie des Liégeois. Mithra disposait fin juin 2018 de 85,8 millions d’euros dans ses caisses contre 36,2 millions d’euros fin 2017.

Pour le reste de l'année, la cession du portefeuille commercial BeLux de Mithra à Ceres Pharma pourrait encore gonfler la trésorerie du groupe de 40 millions d’euros au maximum. Enfin, la semaine dernière, Mithra annonçait "le plus important contrat de son histoire" avec le groupe hongrois Gedeon Richter pour commercialiser Estelle en Europe et en Russie.

Côté chiffre d'affaires, Mithra a dégagé 12,6 millions d'euros au cours des six premier mois de son exercice, soit légèrement moins que les 12,7 millions actés un an plus tôt. Derrière cette stabilité apparente du chiffre d'affaires, on constate une augmentation des revenus grâce aux accords de licence pour le contraceptif star de la biotech qui compense un recul des ventes au Benelux.

Les analystes de KBC Securities, qui restent à l'achat sur l'action Mithra, se sont dits "agréablement surpris" par les réserves de cash de l'entreprise. Leur objectif de cours reste inchangé et est toujours fixé à 37,5 euros le titre. A la clôture de la Bourse de Bruxelles, l'action Mithra cédait 2,87% à 30,45 euros dans un marché en légère hausse .

 

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