Mithra se donne deux ans pour générer à nouveau des bénéfices

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La société liégeoise table sur ses nouveaux produits lancés fin 2015 pour doper ses revenus cette année. Avant le grand bond en avant attendu pour 2018 avec le lancement d’Estelle, puis du Donesta.

"La perte nette subie en 2015 est le reflet des investissements consentis". François Fornieri, le patron de Mithra Pharmaceuticals , n’a pas l’habitude de se laisser ronger par le doute. Si le cru 2015 n’a rien d’exceptionnel sur le plan comptable, il est à marquer d’une pierre blanche au vu des caps qui ont été franchis.

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En levant 54,6 millions d’euros en capital privé et 79,3 millions via une entrée en Bourse, l’entreprise liégeoise s’est en effet dotée des fonds lui permettant de financer le développement de ses deux futurs fleurons, le contraceptif Estetrol et le traitement de la ménopause Donesta.

Ces deux produits innovants à base d’estétrol, un oestrogène naturel produit par le fœtus humain, permettront à Mithra de se lancer pleinement dans le monde des biotechnologies. "La phase 3 des essais cliniques pour l’Estelle doivent démarrer au 2e semestre en Europe et aux Etats-Unis, et nous lancerons au premier semestre la phase 2 des essais cliniques pour le Donesta", précise François Fornieri.

Le nouveau contraceptif devrait dès lors être lancé l’an prochain, de quoi permettre à Mithra de dégager du cash flow à partir de 2018. D’ici là, l’entreprise devrait pouvoir faire face à ses obligations financières avec les plus de 130 millions d’euros levés l’an dernier.

Poires pour la soif

Dans l’immédiat, Mithra se donne quelques poires pour la soif. La société liégeoise reste ainsi leader du marché de la contraception en Belgique (45,2 % de parts de marché, +1,4 %) et aux Pays-Bas (32 %, +5 %).

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Si les revenus du marché domestique sont restés stables, c’est grâce à l’augmentation des volumes de ventes. "La diminution des prix de 6,5% décidée par la ministre de la Santé publique nous a coûté un manque à gagner de 800.000 euros, qui a pu être compensé par l’accroissement de nos volumes de ventes", précise François Fornieri. Le chiffre d’affaires a en effet gonflé de 1,4 million d’euros et la marge brute de 1,2 million.

Par ailleurs, le rachat de 100 % de la société Novalon, spécialisée dans le développement de génériques complexes basés sur la technologie des polymères, a permis au laboratoire liégeois de s’arroger les droits mondiaux et la propriété intellectuelle sur ses deux fleurons: le Zoreline, un implant sous-cutané biodégradable ciblant le cancer de la prostate, le cancer du sein et des pathologies gynécologiques bénignes et le Myring, un anneau vaginal à effet contraceptif.

Un déménagement en septembre

Le développement de la technologie des polymères et des médicaments à libération contrôlée devrait permettre à Mithra de se faire une place sur un marché des thérapies complexes pesant plus de 1,4 milliard d’euros. "Aujourd’hui, il n’existe aucun générique complexe. L’atout majeur du Zoreline et du Myring ne réside pas tellement dans le prix, maix dans la protection intellectuelle dont nous disposons sur la formule d’injection par seringue", souligne le CEO de Mithra.

François Fornieri mise sur les ventes de licence sur ces deux produits pour accroître le volume d’affaires dès cette année. Leur développement sera bientôt poursuivi dans la nouvelle plateforme de développement et de production intégrée à Flémalle. "Le déménagement est prévu au mois de septembre, soit un peu plus tôt que prévu, ce qui constitue un signal positif pour nos investisseurs".

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