Mitral Technologies veut offrir une solution aux cardiaques non opérables

De nombreux patients qui ne sont plus en état de supporter une intervention cardiaque lourde pourraient bénéficier du dispositif de Mitral. ©REUTERS

La start-up liégeoise développe un nouveau dispositif médical pour lutter contre la régurgitation mitrale. Elle prépare une levée de fonds.

Liège, futur centre de référence pour la conception et le développement d'équipements de cardiologie interventionnelle ?  On n’en est pas encore là, mais parallèlement à Miracor, une autre société de technologie médicale implantée dans le bassin liégeois, Mitral Technologies poursuit la mise au point d'un dispositif destiné à remplacer ou à compléter les traitements chirurgicaux lourds en matière cardiaque.

La start-up, qui est implantée sur le site du Val-Benoit, développe un dispositif permettant de traiter de façon non invasive les patients atteints de régurgitation mitrale.  Elle a été créée initialement en 2014 aux USA par Jean-Paul Rasschaert, le docteur Luigi Tozzi et le professeur Piergiorgio Tozzi. Le premier membre de ce trio, qui est le CEO de la société, est un multi-entrepreneur d'origine belge qui affiche 25 ans d’expérience dans la création d’entreprises.

Jean-Paul Rasschaert, qui s'est installé aux États-Unis depuis plus de deux décennies, peut s'enorgueillir d'avoir lancé 7 sociétés dans le domaine de la medtech. Cet ingénieur qui a commencé sa carrière chez le géant Medtronic, s'est même déjà frotté aux investisseurs du Nasdaq. Il y a près de trois ans, attiré par l'écosystème liégeois des sciences du vivant et des technologies médicales, il a décidé de déplacer Mitral Technologies vers sa patrie d'origine, levant au passage quelque 3,2 millions d'euros.

4 millions
de patients
La régurgitation de la valve mitrale affecte plus de 4 millions de patients en Europe et aux États-Unis.

Une maladie fréquente

La régurgitation de la valve mitrale est une des maladies les plus fréquentes parmi les pathologies des valves cardiaques. Elle affecte plus de 4 millions de patients en Europe et aux États-Unis.  Quand la régurgitation est trop grave et provoque une insuffisance cardiaque, il faut opérer pour réparer ou changer la valve. Une opération lourde qui s'avère impossible pour les patients dont l’état général est trop dégradé et qui sont donc à terme condamnés.

"Tout cela s'inscrit dans la lignée des moyens thérapeutiques développés depuis plusieurs décennies autour des procédures invasives minimales."
Jean-Paul Rasschaert
CEO et cofondateur de Mitral Technologies

C'est là que se propose d'intervenir Mitral, avec un petit équipement - breveté - constitué de deux supports reliés par un fil, que l'on place par voie percutanée, via une veine cardiaque, le sinus coronaire. "Il s'agit d'une opération de plastie de l'anneau coronaire, sans ouvrir le thorax, juste avec des cathéters. Il y a très peu de choses implantées", explique Jean-Paul Rasschaert. "Tout cela s'inscrit dans la lignée des moyens thérapeutiques développés depuis plusieurs décennies autour des procédures invasives minimales. La dernière étape de ce changement, c'est la valve mitrale."

Des essais sur l'humain

Après une période de prototypage et d'essais partiels de son dispositif novateur, la société liégeoise a procédé, fin août, à un premier essai préclinique complet sur un animal vivant. Celui-ci s'est déroulé à l'Institut Mutualiste Montsouris à Paris, un centre de recherche bénéficiant d'une renommée mondiale dans le domaine du traitement minimal invasif des valves cardiaques. C’est là que la plupart des valves aortiques et mitrales minimales invasives sont testées. Il s'agit d'une première.

"L'étape suivante, ce sera de poursuivre sur les animaux, pour voir notamment comment les tissus réagissent, puis de passer à l'humain."
Jean-Paul Rasschaert
CEO et cofondateur de Mitral Technologies

"D'autres sociétés ont d'autres systèmes, mais c'est la première fois que l'on réalise une plastie de l'anneau coronaire avec cette technique" fait valoir le CEO de Mitral. "L'étape suivante, ce sera de poursuivre sur les animaux, pour voir notamment comment les tissus réagissent, puis de passer à l'humain, on espère au quatrième trimestre de l'année prochaine. En vue de cela, on construit un dossier pour aller devant un comité d'éthique", ajoute-t-il.

L'entrepreneur belgo-américain est en train de préparer une levée de fonds pour poursuivre l'aventure et aller vers un marquage CE ou une autorisation de la FDA. "Ce sera l'un ou l'autre. Les deux, c'est un peu difficile. Mais cela dépendra de la levée de fonds", conclut-il. Le projet de Mitral a été soutenu jusqu'ici par Noshaq, le fonds Innodem 3, BeAngels et la Région wallonne.

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