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N-Side, locomotive wallonne dans la course aux traitements anti-Covid

Philippe Chevalier (à gauche) a cofondé N-Side en 2000. Jacques Parlongue (à droite) en est le CEO depuis six ans et demi. ©Dieter Telemans

AstraZeneca ou encore Sanofi font partie des géants ayant fait appel à l'expertise du néo-louvaniste N-Side. Spécialiste des techniques d'optimisation, l'entreprise grandit à vue d’œil.

«Dans un monde marqué par la volatilité, l'incertitude, la complexité et l'ambiguïté, les simulations et les prévisions permettent de créer une chaîne d'approvisionnement clinique tactique garantissant que chaque patient reçoive son médicament à temps."

Les mots sont du géant français Sanofi. Et témoignent de la collaboration nouée en 2015 déjà avec le spécialiste néo-louvaniste en optimisation et en analyse de données N-Side, qui épaule aujourd'hui de nombreuses sociétés pharmaceutiqus dans leur folle course aux vaccins et aux traitements anti-Covid.

On n'en saura pas plus, secret défense oblige. Tout au plus apprend-on que l'entreprise wallonne compte aussi le britannique AstraZeneca parmi ses clients, également engagé dans le marathon aux côtés de l'université d'Oxford.

"En fait, l'on travaille pour plus de la moitié du top 20 mondial de la pharma aujourd'hui", résume Jacques Parlongue, CEO de N-Side.

"On travaille pour plus de la moitié du top 20 mondial de la pharma."
Jacques Parlongue
CEO de N-Side

Réduction du gaspillage

Ce que viennent chercher les géants? Une expertise de pointe aidant à réduire le gaspillage. Et ce, à un moment où chaque minute, chaque dose et chaque euro comptent.

En permettant aux entreprises pharmaceutiques de simuler leurs procédés en amont via une sorte de "laboratoire virtuel" - fait de modèles mathématiques -, de même que de prédire des aléas en cours de route, ce ne sont plus qu'un petit quart des médicaments qui finissent à la poubelle, contre trois quarts en temps normal.

1/4
de déchets
Via les modèles mathématiques de N-Side, ce n'est plus qu'un petit quart des médicaments qui finissent à la poubelle, contre trois quarts en temps normal.

En effet, si le shift vers des médicaments issus de la biotechnologie, et non plus simplement chimiques donc, permet de réagir plus rapidement et de façon plus ciblée aux nouveaux agents pathogènes, il existe un revers à la médaille: "les durées de validité ne sont plus que de quelques mois."

Or, imaginez, 40.000 patients engagés dans une étude clinique mondiale, où tout peut changer en un instant ou presque. La chaîne de production des fabricants est sous tension; la chaîne d'approvisionnement sous pression.

C'est là qu'un acteur comme N-Side peut faire toute la différence. Car l'entreprise est aujourd'hui capable, vingt ans après son lancement dans le giron de l'UCL, "d'anticiper la manière dont les patients vont réagir via le machine learning, et donc de déterminer quelle adaptation devra être faite à leur traitement", détaille Jacques Parlongue. Un véritable game-changer, qui "permet de donner une vue proactive sur les matières premières à devoir provisionner par exemple".

Forte croissance

D'autant qu'ici, l'on ne parle pas que du Covid, ne représentant que 5% des essais cliniques gérés par N-Side. Mais la tendance est globale. Ainsi, l'entreprise est amenée de plus en plus aussi à fournir ses services sur des médicaments moins médiatisés actuellement, mais tout aussi stratégiques, tels que la recherche contre le cancer ou la sclérose en plaques.

C'est là le signe que son évolution, initiée il y a peu, d'un modèle de consultance vers une approche plus orientée logicielle (dite "Saas") fut réussie.

20
millions d'euros
L'entreprise devrait boucler l'année sur un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros, en croissance de plus de 40% en un an.

Avec des essais cliniques en croissance, l'entreprise se porte d'ailleurs bien. Elle devrait même enregistrer un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros cette année, en croissance de plus de 40% en un an.

Côté emploi, elle compte aujourd'hui 130 collaborateurs, de 20 nationalités différentes. Un challenge de chaque jour, car il faut être capable de garder tout comme d'attirer des pointures et de jeunes talents pour rester compétitif.

Enfin, pour ce qui est de l'actionnariat, l'entreprise est principalement détenue par son cofondateur, Philippe Chevalier, et par François le Hodey (IPM). L'on retrouve aussi à bord le vétéran de la pharma Jean Stéphenne, Jacques van Rijckevorsel (Cliniques Saint-Luc, Cofinimmo), Gaëtan Hannecart (Matexi) ou encore Jean-Roger de Bandt (Sofindev).

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