Newpharma en route vers les 100 millions d'euros

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La pharmacie en ligne belge – dont la famille Colruyt détient 65% – devrait cette année passer le cap des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle songe à se développer dans le sud de l’Europe.

Dix-huit mois après la cession partielle de Newpharma, les cofondateurs Jérôme Gobbesso et Mike Vandenhooft continuent à mettre le turbo. "Nous comptons doubler notre chiffre d’affaires tous les trois ans. C’est ce que nous avons fait ces dernières années. Pourquoi ne pourrions-nous pas poursuivre sur cette lancée?", se demande Gobbesso.

En décembre 2017, les deux fondateurs ont vendu la majorité (65%) de leurs actions à Colruyt et Korys, la société d’investissement de la famille Colruyt.

"J’aimerais rester en Belgique pour prouver qu’il est possible de réussir chez nous."
Jérôme Gobesso
CEO de NewPharma

Créée en 2008, à partir d’une pharmacie existante à Liège, Newpharma fut la première parapharmacie en ligne de notre pays. Un changement de loi intervenu quelques mois plus tard l’autorise à vendre en ligne des produits OTC ("Over-the-counter", c’est-à-dire sans ordonnance) tels que le Dafalgan ou le Buscopan. "Le timing fut vraiment idéal", ajoute Gobbesso.

La Belgique représente environ 50% du chiffre d’affaires du groupe. Newpharma est aujourd’hui active aux Pays-Bas, en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en France.

L’an dernier, le chiffre d’affaires du groupe a augmenté de 40% pour atteindre 81 millions d’euros. Cette année, l’entreprise espère franchir le cap des 100 millions d’euros. Et Gobbesso songe à étendre ses activités dans le sud de l’Europe, notamment en Italie et en Espagne. "Il s’agit de deux grands pays où la pharmacie en ligne ne représente que 1% du marché. Nous étudions comment aborder ces marchés."

Le marché de la pharmacie en ligne est aujourd’hui estimé en Belgique à 120 millions d’euros par an. Cela signifie que les pharmacies en ligne se sont déjà adjugé de 6 à 7% du marché de la parapharmacie et des médicaments OTC. Les pharmacies physiques ne détiennent plus de monopole que sur la vente de médicaments sur ordonnance.

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Le développement de Newpharma ne s’est pas fait sans heurt. L’entreprise a eu maille à partir avec l’Ordre des pharmaciens suite à des plaintes pour violation du code déontologique. Newpharma s’est notamment fait rappeler à l’ordre pour avoir attiré les clients de HelloFresh vers son site internet par le biais de flyers, alors que l’Ordre interdit toute publicité. "C’est une situation étrange, car la réglementation européenne dit autre chose", explique Gobbesso, qui se réfère au dossier Farmaline. Aujourd’hui néerlandaise, cette pharmacie en ligne ne relève plus de la réglementation belge et peut même faire de la publicité à la télévision.

Gobbesso menace de temps en temps de quitter la Belgique. "Nous ne sommes qu’à 13 km de la frontière. Mais j’aimerais rester en Belgique. Je souhaite prouver qu’il est possible de réussir chez nous", confie-t-il. La logistique est toujours assurée à partir du site liégeois, d’où des milliers de colis sont expédiés chaque jour. "Les syndicats se sont montrés flexibles. En 2015, nous avons conclu un accord et nous travaillons tous les jours jusque minuit, sauf à Noël et au Nouvel An."

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Newpharma s’attend à recruter 100 personnes supplémentaires au cours des deux prochaines années.

Newpharma compte aujourd’hui 200 employés. Il s’attend à recruter 100 personnes supplémentaires au cours des deux prochaines années.

Avec la prise de participation du groupe Colruyt, la question se pose de savoir si des synergies sont possibles entre les deux entreprises. Newpharma prépare-t-elle l’ouverture de magasins physiques, en misant sur le succès de Medi-Market qui a rapidement réalisé un chiffre d’affaires de plusieurs dizaines de millions d’euros grâce ses supermarchés parapharmaceutiques? "C’est un autre monde, mais nous y réfléchissons", répond Gobbesso. Il n’en dira pas plus.

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