interview

"Notre priorité, c'est la croissance"

©Dieter Telemans

Le groupe pharmaceutique UCB signe un excellent premier semestre, largement supérieur au consensus des analystes. Entretien avec son CEO, Jean-Christophe Tellier.

À court terme, le trio Cimzia-Vimpat-Neupro fait les beaux jours d’UCB . Mais l’échec de l’étude clinique de phase 3 d’epratuzumab en début de semaine refroidit un peu quant à l’avenir.

Bien sûr, nous avons été déçus par les résultats de la phase 3 sur l’epratuzumab mais nous savions que dans notre portefeuille de produits, c’était le plus risqué. Le lupus érythémateux disséminé (LED) est une pathologie difficile à traiter avec beaucoup de variabilité dans l’expression de la maladie. Cependant, nous avons un bon pipeline qui s’appuie sur deux phases 3 qui sont, soit terminées, soit en cours. Nous sommes très contents de la solidité des résultats du brivaracetam obtenus l’année dernière dans le traitement de l’épilepsie. Cela va assurer une continuité dans notre portefeuille de produits et asseoir notre expertise. Nous sommes également très confiants concernant la phase 3 du romosozumab dont les premiers résultats sont attendus pour l’année prochaine. Non seulement, nous avons une preuve de concept qui est donnée par l’expérimentation naturelle mais en outre, dans le cas de l’ostéoporose, l’évaluation de la capacité de la molécule s’appuie sur un "headpoint" très solide, qui est à la prévention des fractures.

Que va-t-il advenir du programme de recherche sur l’epratuzumab?

Des prévisions revues à la hausse

Au cours du premier semestre, le chiffre d’affaires d’UCB a progressé de 21% (ou 12% à taux de change constant) à 1,9 milliard d’euros, tiré par ses trois médicaments phares (Cimzia, Vimpat et Neupro). Couplé à des taux de change favorables, la forte croissance des ventes nettes a boosté la rentabilité du groupe. L’Ebitda récurrent s’est envolé de 49% à 464 millions d’euros. Le résultat net grimpe, lui, à 289 millions d’euros dont 267 millions d’euros sont attribuables aux actionnaires d’UCB et 22 millions aux intérêts minoritaires. La société a, par ailleurs, revu à la hausse ses prévisions de chiffre d’affaires pour tenir compte des fluctuations des taux de change. Le marché a apprécié.

Il est encore tôt pour le dire. Les résultats des essais cliniques étaient négatifs sur les critères principaux mais nous sommes en train de les étudier en profondeur pour voir quels enseignements nous pouvons en retirer. Même négatifs, ce sont des essais de bonne qualité. Ils vont nous aider à mieux comprendre la pathologie et l’on va utiliser ce que l’on a appris pour le développement de notre prochaine molécule qui devrait rentrer en phase 2 au début de l’année prochaine.

Qu’en est-il de votre pipeline de produits en stade précoce?

Nous avons sept projets en phase 2 et 1, dont le développement est réparti sur une période de 15 à 18 mois. Nous aurons les résultats d’une partie de la phase 2 de l’un de nos produits dans le courant du deuxième semestre. Ces projets témoignent de la solidité et du dynamisme de nos recherches. Pour une compagnie de notre taille, c’est tout à fait remarquable et cela renforce encore la pérennité et la bonne stratégie que nous avons eue d’investir dans le R & D, notamment en immunologie, en épilepsie et en neurologie. Ce sont des domaines dans lesquels les besoins médicaux sont toujours très importants.

"Nous avons un solide pipeline de produits."
Jean-Christophe Tellier
CEO d’UCB

La performance des ventes du premier semestre aide aussi à la profitabilité…

Oui. Nos produits "core" (Cimzia, Vimpat, Neupro) représentent désormais 55% de notre chiffre d’affaires et arrivent à un bon niveau de maturité. Et il y a aussi à la fois un bon contrôle de nos dépenses opérationnelles et un effet positif du taux de change. Notre stratégie s’appuie en priorité sur la croissance de nos produits phares, ce qui nous permet d’accroître notre rentabilité.

Sur le premier semestre, Keppra est étonnamment en croissance. Une tendance qui va durer ou pas?

Dans les pays émergents, Keppra est en phase de croissance. En Europe, où l’on a observé une forte décroissance liée à l’expiration des brevets, l’érosion s’est réduite à -11%, mais c’est davantage à cause d’effets sur les prix que sur les volumes. Aux États-Unis, où l’érosion a été plus forte et plus rapide, on assiste aujourd’hui à une phase de résistance. Mais à long terme, la tendance sur le Keppra est plus à une légère érosion qu’à une légère croissance.

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