Nouveau revers dans la recherche sur Alzheimer

©BELGAIMAGE

Le géant pharmaceutique Roche met fin à deux études liées au traitement de la maladie d'Alzheimer.

Nouvel espoir déçu pour les malades d'Alzheimer et leur famille. La liste des sociétés pharmaceutiques mettant fin à leurs essais s'allonge. Cette fois-ci, c'est au tour de Roche de stopper deux essais cliniques, pourtant à un stade avancé, de l'anticorps crenezumab. Ce traitement, développé en partenariat avec la société AC Immune, visait une prise en charge du malade à un stade précoce. Mais une étude provisoire a montré qu'il était peu probable qu'il atteigne son objectif principal.

Ces dernières années, les unes après les autres, les grandes sociétés pharmaceutiques telles que Eli Lilly, Johnson&Jonhson, Merck, Pfizer, Takeda... se sont cassé les dents sur cette maladie. Pfizer a même décidé un abandon pur et simple toutes ses études pour se concentrer sur d'autres maladies. Et malgré les milliards engloutis dans la recherche, aucun médicament ne peut ralentir le développement de la dégénérescence des neurones, voire inverser les dégâts causés au cerveau. Jusqu'à présent, on peut tout au plus lutter contre les symptômes.

Certes, la recherche continue. Roche poursuit sa route avec d'autres essais cliniques, notamment des essais de phase III sur le gantenerumab et un essai de phase II sur la protéine "tau". Le laboratoire continue aussi ses recherches sur sa molécule crenezumab.

Multitudes de scénarios 

Cet échec avoué par Roche est surtout la preuve que le monde scientifique n'a pas encore réussi à clairement identifier le vecteur de développement de la maladie d'Alzheimer.

Aux États-Unis, un test clinique mené sur plus de 9.000 personnes de plus de 50 ans et souffrant d'hypertension montre que les personnes traitées de façon intensive contre l'hypertension avaient moins de risque de développer un déficit cognitif léger, premier stade de la maladie.

La moitié des patients du test avait été traité pour réduire leur hypertension à moins de 140mmHG. L'autre partie avait un objectif plus ambitieux à moins de 120mmHG. Certes ces travaux ne concluent pas que traiter définitivement l'hypertension permet d'éviter le développement d'Alzheimer.

Aux États-Unis toujours, d'autres chercheurs pensent avoir trouvé un lien entre le développement de la maladie et la qualité du sommeil. Il s'avère en effet que les personnes âgées qui avaient un sommeil moins profond présentaient un niveau plus élevé de protéine "tau", présente en quantité importante chez les personnes atteintes d'Alzheimer.

→ Peut-être que les réponses à ces questions seront apportées à l'avenir par le big data et un diagnostic précoce.

La démence affecte quelque 50 millions de personnes dans le monde, avec environ 10 millions de nouveaux cas diagnostiqués chaque année. La maladie d'Alzheimer est la forme la plus répandue de cette démence.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés