Olivier Legrain confiant sur "l'avenir d'IBA post-Covid"

IBA a vu une forte croissance des revenus des services de protonthérapie pour la troisième année consécutive. ©doc

La stratégie consistant à développer quatre divisions et à assurer des revenus récurrents commence à payer. Le business modèle de la société néo-louvaniste se révèle de plus en plus stable.

Même si certains analystes un peu pointus jugent les résultats 2020 d’IBA légèrement biaisés par un accord majeur - mais non récurrent - avec la Chine, le CEO de l’entreprise technologique brabançonne, Olivier Legrain, ne cache pas sa satisfaction: "on sort d’une année difficile avec la pandémie et nous faisons partie des sociétés qui s’en tirent très bien" a-t-il expliqué lors de la publication des chiffres pour l’exercice écoulé. "Nous avons des résultats financiers qui sont solides, mais en plus nous avons pu faire ce qu’il fallait pour nous positionner pour la reprise, même s’il est difficile de donner une guidance et de prédire comment sera la fin de la pandémie. Nous sommes confiants sur l’avenir d’IBA post-covid".

Quelques retards

Avec un chiffre d'affaires en hausse d’un confortable 10% et un Ebitda récurrent qui s’est envolé, IBA a fait mieux que bien résister à la crise au niveau opérationnel. Autre bonne nouvelle: il y a certes eu des retards de la conversion du carnet de commandes en équipements et services en raison des effets de la pandémie, mais celui-ci s'est maintenu à un niveau record de 1,1 milliard.

"On a maintenant une base installée d’un peu plus d’une centaine d’accélérateurs dans le monde".
Olivier Legrain
CEO d'IBA

Le cœur de métier de l’entreprise, la protonthérapie, continue à bien se porter. Les revenus de cette division se sont élevés à 189 millions en 2020, en hausse de 19%, fortement soutenus par l’accord de licence stratégique conclu avec le groupe chinois CGN Nuclear Technology Development en août. Cet accord de licence est estimé à une valeur minimum de 100 millions, dont 63,5 millions comptabilisés en 2020. Mais ce qui réjouit le plus Olivier Legrain, c'est la forte croissance des revenus des services de protonthérapie pour la troisième année consécutive, avec une hausse de 7,2 % par rapport à 2019. "On a maintenant une base installée d’un peu plus d’une centaine d’accélérateurs dans le monde" indique le CEO. "L’évolution de nos services liés à la protonthérapie est désormais un indicateur important, car on commence à marginaliser l’effet accordéon sur les prises de commandes et la réalisation du backlog. Nous avons plus de 60% de notre activité qui vient de nos services ou de plus petits équipements qui ont un cycle de moins d’un an. Cela apporte une très grande résilience pour IBA.  La stratégie qui consiste à développer quatre divisions, tout en développant des revenus récurrents, commence à payer, avec un business modèle de plus en plus stable".

"Ces trois autres divisions, dont on ne parle jamais, ont aussi un beau potentiel de croissance."

Jugées plus secondaires jusqu'ici, les autres divisions d'IBA montent donc en puissance. "Ces trois autres divisions, dont on ne parle jamais, ont aussi un beau potentiel de croissance" poursuit Olivier Legrain. "En radiopharma solutions, nous avons pu développer un produit extrêmement compétitif dans le monde des radio-isotopes TEP (tomographie par émissions de positons), mais aussi répondre à des demandes plus spécifiques, en développant des accélérateurs de moyenne énergie que l’on est aujourd’hui quasiment les seuls à pouvoir faire dans le monde. Il y a aussi une énorme demande dans le monde avec l'émergence de nouveaux produits de diagnostic ou thérapeutiques. Dans l'autre division industrielle, on pense que l'on est probablement au début d'une forte augmentation de la demande des produits de stérilisation. Enfin, en dosimétrie, nous en sommes en train de renouveler le portefeuille pour regagner des parts de marchés dans un des segments de la dosimétrie que nous avions ratés par le passé - la dosimétrie pour le patient - et dans lequel nous avons la possibilité de revenir".

Grosse trésorerie

Un autre motif de satisfaction pour le CEO de la société de Louvain-La-Neuve, c'est la position de cash "historiquement bonne".

151
millions €
IBA fait aussi état d'une trésorerie brute de 151,3 millions.

IBA dispose d'une trésorerie brute de 151,3 millions (contre 46 millions en 2019) et d'une trésorerie nette de 65,2 millions, "tous les engagements bancaires étant satisfaits à la fin de l’exercice". Au total, l'impact total direct de la crise du Covid pour 2020 est estimé à environ 15 millions.

Le dividende brut proposé mardi est de 0,2 euro par action. "Notre nouvelle politique de dividendes pourrait tenir compte de ce qui a été dit avant" conclut Olivier Legrain. "Je pense que là où est IBA aujourd’hui, cela nous permettra de payer un dividende significatif tous les ans, de façon déconnectée des résultats de l’année, qui ne sont jamais qu’une petite photo à un moment donné. Cela nous permettra d’asseoir notre vision sociétale, qui est de nous développer sur le long terme, avec le support d'actionnaires long terme, qui adhèrent à notre projet stratégique et à nos valeurs".

Écoutez le podcast avec Olivier Legrain

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