OncoDNA lève 19 millions pour financer son expansion internationale

"On vient du monde des tests réels pour se diriger vers le digital", explique le CEO Jean-Pol Detiffe.

OncoDNA veut intégrer les centres oncologiques étrangers à son outil d’aide à la décision clinique pour le traitement des cancers avancés. Une internationalisation qui va déboucher sur la création d'une quinzaine d’emplois.

Entreprise qui touche à la fois à la biotech, au diagnostic médical et au numérique, OncoDNA confirme son statut de société disruptive en expansion. La pépite wallonne, spécialisée dans les tests de profilage et l’interprétation des données pour le traitement des cancers avancés, vient de clôturer un tour de financement de série B de 19 millions d’euros. Cette levée de fonds, qui comprend uniquement du capital-investissement, doit permettre de soutenir la croissance à l’étranger, grâce à l’extension de l’utilisation de la plateforme OncoKDM, un outil dématérialisé d’aide à la décision clinique. Une internationalisation qui devrait entraîner l’engagement d’une quinzaine de personnes.

L’entreprise prometteuse de l’année 2015 voit désormais plus loin, en direction de la big data.

L’opération a été menée par les fonds d’investissement Vesalius Biocapital III (spécialisé dans les sciences du vivant) et Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank (positionné sur les investissements digitaux), avec le soutien de la Société Fédérale de Participations et Investissements (SFPI), le bras financier de l'État fédéral. 

Les actionnaires historiques, ainsi que CPH Banque, Inventures, Sofinim (filiale du holding coté Achermans & Van Haaren) de même que les invest hennuyer et wallon Sambrinvest et SRIW ont également participé à l’opération. Parmi les investisseurs privés, on retrouve Jean Stéphenne (qui préside le conseil d'administration) et François Blondel (CEO de Kitozyme). 

Des ambitions mondiales

"Grâce à la crédibilité que nous avons pu établir, nous sommes allés chercher des fonds spécialisés belges et internationaux", se réjouit François Blondel, vice-président du CA. "Parmi ceux-ci, il y a un fonds suisse, alors que nous avons un concurrent qui est suisse, c’est significatif. L’entreprise est bien partie. Elle a des ambitions mondiales, des moyens significatifs et une vision. Ce n’est plus une start-up. C’est une société qui a une réelle notoriété et une visibilité importante".

Les ambitions mondiales dont parle François Blondel, c’est le développement de la taille de la base de données, grâce, avant tout, à la connexion avec les centres d’analyse étrangers. 

"La nouvelle étape est de connecter les laboratoires et centres oncologiques"
Jean-Pol Detiffe
CEO d'OncoDNA

 Dans un premier temps, la société de Gosselies a développé des tests élaborés de biomarqueurs pertinents du cancer (profils ADN, ARN et protéines) tout en créant une base de données de connaissances et d’échanges d’expériences sur les traitements de cette maladie lorsqu’elle est à un stade métastasique. La comparaison avec les expériences d’autres patients a permis d’identifier les traitements les mieux adaptés. Y compris certains qui sont encore en phase clinique.   

Objectif big data

"On vient du monde des tests réels pour se diriger vers le digital", explique le CEO Jean-Pol Detiffe.

Mais l’entreprise prometteuse de l’année 2015 voit désormais plus loin, en direction de la big data. "Jusqu’ici, nous avons construit un réseau de plusieurs milliers d’oncologues", explique le fondateur et CEO, Jean-Pol Detiffe. "La nouvelle étape est de connecter les laboratoires et centres oncologiques à nos outils de pointe d’interprétation de données. On vient du monde des tests réels, pour se diriger vers le digital. Même si certains de ces laboratoires ne font pas des choses aussi complètes que nous, cela va permettre, grâce à un software d’interprétation, de générer des rapports comme ceux que l’on fait avec nos solutions". 

Cette évolution vers le numérique a commencé il y a deux ans et OncoDNA travaille déjà avec une centaine de centres oncologiques, principalement européens, qui utilisent la solution OncoKDM. L’entreprise a aussi essaimé sur d’autres continents. Elle collabore avec 5 hôpitaux en Corée du Sud, où les séquençages ADN sont remboursés.

100.000
Patients
L’objectif pour OncoDNA, c'est 100.000 patients aidés dans la base de données d'ici fin 2021.

4 millions de mutations

Cette extension vers les centres étrangers a permis à l’entreprise d’accroître la banque de données de patients. "D'un côté, nous avons une data base d’interprétation, avec 4 millions de mutations génétiques documentées; on suit 700 drogues et toutes les possibilités de traitement", poursuit Jean-Pol Detiffe. "Et puis nous avons la data base de patients. Elle a triplé en peu de temps pour atteindre 15.000 et l’objectif, d'ici fin 2021, c’est 100.000 patients pour lesquels on aura fourni un choix de traitement ".

OncoDNA, qui emploie une cinquantaine de personnes dans quatre pays, n’est pas encore à l’équilibre mais s’en rapproche. Outre les revenus issus des tests et de la plateforme, elle commence également à enregistrer de nouvelles rentrées grâce à une collaboration avec l’industrie biopharmaceutique, à qui elle fournit un soutien dans le recrutement de patients avec des profils particuliers pour les essais cliniques.

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