OncoDNA va reprendre la société française IntegraGen

De gauche à droite, Jean-Pol Detiffe et Pierre Flamant, respectivement CEO et CFO d'OncoDNA. ©Dieter Telemans

La biotech wallonne a conclu un accord en vue d'une offre publique d’achat amicale sur la société française IntegraGen, spécialisée dans le séquençage d'ADN.

Une petite entreprise wallonne qui reprend une société française cotée, cela n’arrive pas tous les jours: c’est pourtant ce qu’est en train de réaliser la biotech carolo OncoDNA, spécialisée dans les tests de profilage et l'interprétation des données pour le traitement des cancers avancés.

OncoDNA a conclu avec la société française IntegraGen un accord pour une OPA amicale et en numéraire au prix de 2,2 euros par action sur l'ensemble du capital, une offre qui valorise IntegraGen à 14,5 millions d'euros. Cette offre représente une prime de 36,2% par rapport au dernier cours de clôture du titre IntegraGen et de 23,2% par rapport au cours moyen pondéré par les volumes des 6 derniers mois. Cette offre a été approuvée à l'unanimité par les conseils d'administration des deux sociétés.

Sous réserve de l'approbation par l'Autorité des marchés financiers (AMF) et le respect de la réglementation applicable aux investissements étrangers en France, l'offre publique serait lancée à la fin du troisième trimestre de 2020. OncoDNA ne détient à ce jour aucune action IntegraGen.        

"Nous allons avoir le plus grand laboratoire de France en termes de séquençage ADN."
Jean-Pol Detiffe
Fondateur et CEO d'OncoDNA

Un acteur de premier plan

Créée en 2001, IntegraGen, dont le siège se trouve à Evry, est un acteur de premier plan des services de séquençage d'ADN. Pour sa part, OncoDNA est une entreprise qui touche à la fois à la biotech, au diagnostic médical et au numérique. "Nous nous sommes rendu compte que nous avions beaucoup de synergies. Nous allons avoir le plus grand laboratoire de France en termes de séquençage ADN, un labo qui a des gros projets avec l’Etat français", a commenté le fondateur et CEO d’OncoDNA, Jean-Pol Detiffe.

"Nous sommes orientés sur l’interprétation clinique, le rapport final avec l’oncologue et le patient."
Jean-Pol Detiffe
Fondateur et CEO d'OncoDNA

Ce dernier poursuit: "Ils ont développé des logiciels très intéressants des grands jeux de données. Ils sont concentrés sur les données brutes complètes qui viennent du séquençage d’un être humain, alors que nous sommes, de notre côté, orientés sur l’interprétation clinique, le rapport final avec l’oncologue et le patient. Dans nos tests actuels, nous faisons 300 gènes, alors que eux font le génome complet,  22.000 gènes. Ces activités sont particulièrement complémentaires. Il y a à la fois un intérêt logiciel mais aussi laboratoire puisque c’est une capacité de production que l’on acquiert également. On pourra développer de nouveaux tests, notamment pour l’industrie pharmaceutique."  

Gamme unique de services

De son côté Pierre Flamant, directeur financier (CFO) d’OncoDNA ajoute: "C’est une société avec des ressources commerciales très limitées, alors que nous avons de notre côté une équipe commerciale, de vente et de business développement plutôt large".

Les deux sociétés, qui coopèrent déjà au travers d’accords commerciaux, prévoient d’intégrer leurs offres respectives de services pour associer le séquençage ADN et les outils bio-informatiques développés par IntegraGen avec le portefeuille de tests innovants proposés aux oncologues par OncoDNA.

Cette offre commune permettra de proposer une gamme unique de services aux cliniciens, oncologues, chercheurs et biologistes du monde entier à partir d'une base de données propriétaire incluant le suivi de patients et couplée à l’intelligence artificielle.

50
collaborateurs
IntegraGen compte 46 collaborateurs, pour 50 chez OncoDna.

Une forte résilience

IntegraGen compte 46 collaborateurs (pour 50 chez OncoNA) et a réalisé un chiffre d’affaires de 8,3 millions d’euros en 2019, avec un ebitda positif depuis le deuxième trimestre de l’année dernière. La société, positionnée sur un business académique, s’est montrée très résiliente à la crise du coronavirus.

"La principale difficulté a résidé dans le fait qu’IntraGen est une société cotée en bourse avec les contraintes que cela comporte."
Pierre Flamant
Directeur financier d'OncoDNA

L’opération est réalisée par un financement indépendant du tour de série B annoncé au début de l’année. "Cela nous permet de garder les ressources pour ce qui était prévu dans le financement initial. Ce nouveau financement est un mix de fonds propres des actionnaires privés et publics actuels - dont ceux qui viennent de rentrer -  avec de la dette auprès de trois banques commerciales, le tout complété par un prêt subordonné venant de la Région wallonne -de la Sofinex-", précise encore Pierre Flamant. "Ce financement n’a pas été l’étape la plus difficile, malgré le contexte. La principale difficulté a résidé dans le fait qu’IntraGen est une société cotée en bourse, avec les contraintes que cela comporte."

OncoDNA avait levé 19 millions en février dernier. L’opération avait été menée par les fonds Vesalius Biocapital III et Swisscanto Invest by Zürcher Kantonalbank, avec le soutien de la SFPI.

Les actionnaires historiques, ainsi que CPH Banque, Inventures, Sofinim, de même que les invests hennuyer et wallon Sambrinvest et SRIW avaient également participé à l’opération. Parmi les investisseurs privés, on retrouve Jean Stéphenne (président) et François Blondel.

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