Osivax s'installe à Liège pour y développer un vaccin universel contre la grippe

©Osivax

La jeune biotech française Osivax lève 8 millions d’euros auprès d’investisseurs belges et français. Elle s’installe à Liège pour y développer des vaccins de nouvelle génération contre la grippe, y compris un possible vaccin universel.

Une nouvelle biotech européenne débarque en Wallonie: séduite par l’écosystème de la région, la petite société française Osivax, qui travaille au développement d’un vaccin universel contre la grippe, a annoncé ce mercredi la levée de 8 millions d’euros via un tour de table de série A auprès d’investisseurs belges et français, ainsi que le développement d’une implantation à Liège.

Le financement a été mené par Noshaq (ex-Meusinvest) et par Anaxago, une plate-orme de financement participatif française qui permet aux particuliers de contribuer à une collecte de fonds pour des entreprises en phase de démarrage.

Notre vaccin pourrait être efficace année après année en fournissant une réponse immunitaire forte et, à long terme, contre tous les virus de la grippe en circulation et émergents.
Alexandre Le Vert
CEO et cofondateur d’Osivax

Fondée en 2017 à Lyon en tant que spin-off du laboratoire Imaxio, la jeune biotech française a déjà levé un montant total de 11 millions d’euros, y compris un financement initial de Pradeyrol Développement (Paris) et d’autres family offices (gestionnaire de fortune familiale), ainsi qu’un récent financement non dilutif de la banque publique d’investissement BPI France et de la Région wallonne (DGO6). La filiale belge est déjà installée depuis fin 2018 sur le site Accessia Pharma à Milmort (Herstal).

Une nouvelle approche

Alexandre Le Vert, CEO et cofondateur d’Osivax ©Osivax

Cet apport d’argent frais servira à financer les progrès futurs dans le développement clinique du principal candidat-vaccin antigrippal de la biotech, appelé OVX836. Ce programme, le plus avancé de la société, vise à induire un changement de paradigme dans la prévention de la grippe saisonnière et pandémique. Car si les vaccins permettent de prévenir de nombreuses maladies infectieuses, la singularité des souches du virus de la grippe ainsi que leurs mutations rendent en effet la vaccination nettement moins efficace pour cette pathologie.

"Les vaccins contre la grippe saisonnière actuellement disponibles ne permettent pas de traiter toutes les souches de grippe car ils ciblent des régions très variables du virus, explique Alexandre Le Vert, CEO et cofondateur d’Osivax. En tant que tels, ils doivent être mis à jour annuellement. En revanche, notre approche de vaccin universel contre la grippe utilise une nucléoprotéine recombinante qui élimine la nécessité de contre-vérifier et de formuler des hypothèses sur les souches de la grippe qui seront pertinentes pour les saisons à venir. Notre vaccin pourrait être efficace année après année en fournissant une réponse immunitaire forte et, à long terme, contre tous les virus de la grippe en circulation et émergents. Notre objectif est d’établir une validation de principe sur l’Influenza A, qui représente 75% à 95% des grippes, puis d’élargir notre pipeline pour fournir un vaccin antigrippal universel", fait valoir ce serial entrepreneur, qui a dirigé Imaxio pendant 6 ans.

Pour les spécialistes de l’industrie pharmaceutique, la mise au point d’un vaccin universel contre la grippe qui serait efficace pendant plusieurs années sans devoir prédire le virus qui circulera représente un peu le Saint Graal, vu l’efficacité des vaccins actuels, limitée à 41% pour les sujets, et moins encore pour les personnes âgées.

Un essai clinique

Le financement appuiera également l’évaluation d’un candidat-vaccin universel de deuxième génération, actuellement en phase de développement préclinique, qui couvrira à la fois les souches grippales A et B.

Ce premier programme de lutte contre la grippe a déjà démontré son efficacité et sa protection croisée dans les modèles animaux (souris et furet). Il fait actuellement l’objet d’un essai clinique de phase I en Belgique (à Anvers), dont les premiers résultats devraient être connus au cours du second semestre de 2019.

Le financement appuiera également l’évaluation d’un candidat-vaccin universel de deuxième génération, actuellement en phase de développement préclinique, qui couvrira à la fois les souches grippales A et B. La plateforme technologique d’Osivax, pourrait également être appliquée à diverses maladies infectieuses et à d’autres maladies associées au système immunitaire, selon la biotech, qui évoque le papillomavirus déjà installé, l’herpès ou certains cancers. "Mais ces recherches-là restent pour l’instant très en amont", précise Alexandre Le Vert.

Un possible blockbuster

4 milliards $
Le marché de la vaccination contre la grippe est estimé à environ 4 milliards de dollars par an.

Le marché de la vaccination contre la grippe est estimé à environ 4 milliards de dollars par an, dont 2,5 milliards rien qu’aux USA. Une très grosse partie est répartie entre quelques acteurs principaux: Sanofi-Pasteur, GSK, CSL et AstraZeneca. "Mais ce marché pourrait doubler si on arrive à mettre sur le marché un vaccin universel ou un vaccin qui protège mieux que les vaccins actuels", note encore le CEO, qui évoque dès lors un possible blockbuster, c’est-à-dire un médicament générant des ventes annuelles atteignant le milliard de dollars. "On est une petite équipe très motivée avec beaucoup d’ambition, qui veut changer la donne dans la lutte contre la grippe qui représente quasiment 500.000 morts dans le monde chaque année. On pense qu’on peut bouleverser ce marché et faire la différence."

Le marché mondial des vaccins représente quant à lui actuellement 35 milliards de dollars avec une croissance annuelle moyenne de 10%, provenant en grande partie du lancement de nouveaux vaccins par les grands laboratoires pharmaceutiques. Plus de la moitié de ces nouveaux vaccins sont issus des opérations de croissance externe menées par les laboratoires qui reprennent des biotechs.

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