Pfizer délocalise... vers la Belgique

Pfizer va procéder à de nouveaux investissements à hauteur de 61 millions d’euros dans ses implantations de Puurs et de Zaventem. Le site de Puurs va bénéficier de technologie innovante et celui de Zaventem accueillera un centre de recherche en médecine vétérinaire, délocalisé de Grande-Bretagne. Au total, quelque 170 emplois devraient être créés.

La Belgique, et plus particulièrement la Flandre, confirme sa position de terre d’accueil pour les géants de la pharmacie. Moins de deux semaines après Janssen Pharmaceutica, le pôle pharmaceutique de Johnson & Johnson, voilà que le géant pharmaceutique Pfizer annonce à son tour de gros investissements sur ses sites de Puurs et de Zaventem. Avec à la clé la création de 170 emplois: une centaine sur le site anversois et environ 70 à Zaventem.

Ce dernier est par ailleurs appelé à devenir le plus important centre européen de recherche en vaccins animaux de Pfizer: il bénéficiera de la délocalisation des laboratoires de Sandwich, dans le Kent, trop décentrés aux yeux des responsables du groupe.

Les investissements, qui représentent un montant total de 61 millions d’euros, seront répartis en grands trois volets.

Le principal projet d’investissement (32 millions d’euros) concerne la construction d’un "Flexible Cartridge Center". Un nouveau type de seringues à deux chambres y sera fabriqué. Cette technologie innovante, que seuls quelques sites répartis dans le monde entier sont en mesure de produire, donnera au site de Puurs, le plus grand de Pfizer hors des Etats-Unis, la possibilité de produire pratiquement l’ensemble de la gamme de médicaments stériles. "Nous avons dû consentir de gros efforts pour attirer les investissements de Pfizer en Belgique et surmonter la concurrence d'autres pays", souligne Peter Menu, directeur des Affaires publiques de Pfizer Belgique.

Le site anversois accueillera par ailleurs un atelier pilote consacré aux médicaments stériles et aux vaccins. Sa mission: produire des volumes relativement modestes de sept nouveaux médicaments qui sont actuellement en phase III de tests cliniques, avant-dernière étape avant leur commercialisation. L’investissement s’élèvera à environ 18 millions d’euros.

Cet investissement est particulièrement bienvenu à un moment où le géant américain est confronté à l'expiration prochaine de plusieurs brevets. A Puurs, c'est le Xalatan, un traitement à base de gouttes contre le glaucome, qui cause le plus gros souci. Le brevet de ce médicament qui représente 25% de la production de l'usine anversoise expire l'an prochain. "La production d'autres médicaments va démarrer bientôt, mais il était important de compléter notre offre. Avec le développement de sept nouveaux médicaments, la continuité est assurée et permet d'ancrer chez nous la recherche de nouveaux traitements", souligne Daniel Van Bellinghen, ditrecteur de la communication de Pfizer Belgique. 

Enfin, quelque 10 millions d’euros seront consacrés à des travaux de remplacement et de modernisation de l’infrastructure de production existante.

Ces investissements permettront l'embauche, à terme d'une centaine de personnes qui s'ajouteront aux 1.300 collaborateurs employés actuellement (sur 2.900 au total en Belgique). De quoi compenser la restructuration engendrée, fin 2009, par le rachat de Wyeth Pharmaceuticals. Celui-ci a entraîné le licenciement de 103 personnes à Louvain-la-Neuve.

A Zaventem

L’investissement consenti à Zaventem n'est que de 1,4 million d'euros. Mais son impact en termes d'emplois est significatif. Le site, qui emploie actuellement 300 personnes (essentiellement dans son centre logistique, le plus grand du groupe en Europe), se verra adjoindre 92 collaborateurs supplémentaires d'ici la mi-2011. C'est là en effet que le numéro un mondial de la pharmacie a décidé d'implanter son quartier général européen de recherche en médecine vétérinaire.

Une bonne vingtaine de ces collaborateurs seront délocalisés depuis le centre de recherche de Sandwich, dans le Kent, jugé trop décentré. S'adjoindront à eux quelque 70 chercheurs hautement qualifiés (vétérinaires, docteurs en sciences, statisticiens, gestionnaires de projets...) supplémentaires.

Pourquoi Zaventem? "Ce site offre l'avantage d'une facilité d'accès aux autres sites, notamment celui de Louvain-la-Neuve, dédié aux vaccins vétérinaires. Il bénéficie en outre de la position centrale de Bruxelles et de la proximité avec les institutions européennes. Enfin, il sera plus facile pour nous d'attirer les talents en Belgique", explique Jean Zagouras, directeur du site de Zaventem. Autrement dit, le haut niveau de qualification requis devrait pousser Pfizer à tâter le terrain dans les pays voisins.

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