Pierre Vandepapelière tourne définitivement la page d'Imcyse

©Kristof Vadino

Après avoir cédé sa place de CEO à l’Allemand Thomas Taapken, Pierre Vandepapelière vient de quitter son poste de directeur médical d’Imcyse pour se lancer dans de nouveaux projets.

Imcyse est une biotech liégeoise qui développe une technologie d’immunothérapie disruptive. Créée en 2010 comme spin-off de la KU Leuven, elle a levé en juin 35 millions, puis annoncé des résultats positifs pour son premier essai clinique sur le diabète de type 1.

À la tête de la société depuis 2015, Pierre Vandepapelière a cédé en juillet sa place de CEO à l’Allemand Thomas Taapken. Mais ce n’est que fin novembre que ce médecin passé par GSK et plusieurs biotechs françaises a définitivement quitté Imcyse en abandonnant le poste de directeur médical, qu’il avait conservé.

"Une des étapes suivantes possibles pour Imcyse est de rentrer en bourse." Pierre Vandepapelière

La raison? L’homme veut se consacrer à de nouveaux projets, et la société est en train de changer de dimension. "Imcyse a de nouveaux investisseurs, principalement le fonds néerlandais LSP, fait-il valoir. Une des étapes suivantes possibles pour Imcyse est de rentrer en bourse, bien qu’il n’y ait pas de timing prévu. Or, les ambitions de LSP et des autres investisseurs visent le Nasdaq. Pour ces raisons-là, ils ont besoin d’un CEO et d’un management qui ont déjà réalisé ce genre d’opérationx et qui ont une implantation, au moins partielle, aux Etats-Unis. Il faut des gens qui ont tous les contacts avec les investisseurs américains, les fonds d’investissement, les banques, etc. Ce qui n’est pas mon cas. Plutôt que de rester comme directeur médical après avoir fait tout ce travail de construction, j’ai quitté Imcyse en très bons termes et je suis en train de travailler sur plusieurs nouveaux projets."

Les quatre ans passés à la tête de la biotech – qui avait connu des années compliquées après sa fondation en 2010 – ont donc été très fructueux. "Quand je suis arrivé, Imcyse était un petit groupe, avec une organisation très académique, poursuit l’ancien CEO. Aujourd’hui, Imcyse est une société de biotechnologie qui fonctionne selon les standards pharmaceutiques, qui a des partenariats avec des sociétés comme Pfizer, avec des résultats cliniques positifs, et qui vient de lever 35 millions." Pierre Vandepapelière se dit également fier d’avoir construit une équipe qui a plus que doublé en effectifs, tout en se professionnalisant, "ce qui a permis de générer des résultats de qualité et d’obtenir de grands financements internationaux".

Des vaccins thérapeutiques

Certains des nouveaux projets évoqués par l’ex-CEO se feront avec Noshaq (ex-Meusinvest). Un autre concerne une spin-off de l’UCLouvain, baptisée Aflexys. "La plateforme existe, mais nous sommes en train de travailler sur la création et le financement de cette spin-off."

Celle-ci se consacrera à l’immuno-oncologie, un segment qui compte de plus en plus d’acteurs. Une petite biotech peut-elle encore y trouver une place? Certainement, conclut Pierre Vandepapelière. "On parle surtout des checkpoint inhibiteurs, ces médicaments qui enlèvent les barrières qu’ont les cellules tumorales contre la réponse immunitaire. Après, il y a ce qu’on appelle l’immunothérapie active, c’est-à-dire les vaccins thérapeutiques. Si après avoir ouvert la porte par un checkpoint inhibiteur ou d’autres techniques, on peut amener une réponse immunitaire spécifique et puissante contre les cellules tumorales, cela permet de compléter et de synergiser les traitements. Les checkpoint inhibiteurs ont amélioré fortement les pronostics, mais ne guérissent pas complètement le cancer, en particulier certaines tumeurs cérébrales. Il y a encore un potentiel d’amélioration."

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