Pourquoi Omega Pharma tourne le dos à la Bourse

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Lors de son entrée dans le Bel 20 en 1998, le titre Omega Pharma valait 3,1 euros. Treize ans plus tard, la même action vaut 36 euros.

En Flandre, l’annonce du retrait d’Omega Pharma de la Bourse de Bruxelles s’assimile à un véritable coup de tonnerre.

Dans un communiqué, Marc Coucke, le fondateur et CEO de la société active dans les médicaments sans ordonnance et les produits cosmétiques, explique cette opération par un besoin de croissance supplémentaire et par des ambitions élevées en termes d’investissements dans les marques. Il avance également l’intention de créer un portefeuille fort. Des intentions peu compatibles avec un marché morose.

"Il est difficile de prévoir quand ces investissements seront rentables et cela pourrait fort peser sur les résultats à court terme", a expliqué l’homme fort d’Omega Pharma.

Et de préciser que cette nouvelle stratégie entraînera de facto une prise de risques plus élevée que par le passé.

Le vendeur de shampoing

Il faut dire que chez nos voisins, l’histoire du vendeur de shampoing devenu l’un des patrons en vue du Bel 20 a toujours beaucoup plu. Il y a donc d’abord ce mythe de Marc Coucke, vendant du shampoing en porte à porte. Mais les fondements de l’histoire remontent au temps de l’armée, là où se rencontrent Marc Coucke et Yvan Vindevogel. Une fois leur devoir effectué sous les drapeaux, les deux pharmaciens lancent Omega Pharma en 1987. Leur idée: créer une société "de pharmaciens pour des pharmaciens".

L’amitié entre les deux entrepreneurs ne dure qu’un temps. En 1994, Marc Coucke, contre l’avis de Vindevogel, décide de lancer un management buy-out. Les deux hommes se séparent et Vindevogel lance Vemedia, en concurrence avec Omega Pharma.

Entrée en bourse

Le 25 juin 1998, la société entre en Bourse. Le titre Omega est coté à 3,1099 euros.

La suite de l’histoire de l’entreprise de Nazareth est mouvementée. Pour des raisons de visibilité, Omega Pharma se lance dans le grand bain du sponsoring cycliste. C’est l’époque des campagnes de publicité avec le grimpeur français Richard Virenque.

Ensuite, les années 2000 sont celles de l’expansion à l’étranger et de la création d’Arseus, une filiale chargée de fournir des produits aux professionnels du monde médical.

En 2006, Marc Coucke, omniprésent, fait un pas de côté. Pour mieux revenir, un an plus tard, redresser une société confrontée à des difficultés financières. Cet aller-retour et l’histoire même de la société ont débouché sur une comparaison flatteuse que le principal intéressé n’a jamais rejetée. Alors, ce Coucke… le Steve Jobs belge?

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