Poussée par la crise du Covid-19, Univercells lorgne le Nasdaq

Hugues Bultot (CEO) et José Castillo (Chief Technical Officer) devant un exemplaire de la plateforme NevoLine. ©Kristof Vadino

La biotech carolo va compléter sa récente levée de 50 millions d'euros par 23 millions additionnels. Un prélude à une cotation sur le Nasdaq et, éventuellement, sur Euronext.

Les choses s'accélèrent pour Univercells: la société de Charleroi spécialisée dans le développement et la production de vaccins et de médicaments biologiques vise une cotation à Wall Street et éventuellement sur Euronext Bruxelles, selon le CEO de l’entreprise, Hugues Bultot.

La biotech de Charleroi entend compléter les 50 millions d'euros levés récemment avec 23 millions supplémentaires, qui doivent lui être apportés par un fonds de crossover (ou pré-IPO) américain, a expliqué Hugues Bultot à L’Echo. Rien n’est encore signé et le calendrier n’est pas fixé, une des questions qui se posent étant de savoir si Univercells doit attendre d'avoir des certitudes sur sa participation aux différents programmes de vaccins contre le coronavirus avant de se faire coter en Bourse. Parmi ces programmes: celui qu’Univercells vient de signer avec la biotech flamande Ziphius Therapeutics. 

Mais le principe d’une inscription sur la bourse américaine des valeurs en forte croissance est admis par les actionnaires, la possibilité d’une double cotation -Nasdaq et Euronext Bruxelles - n’étant pas exclue.

Des fonds d'impact

Univercells a bouclé tout récemment un tour de table d’une cinquantaine de millions d’euros. Plusieurs nouveaux investisseurs belges et étrangers ont fait leur entrée dans le capital de la société, dont Adjuvant Global Health Technology Fund, un fonds d’impact lié à l'origine à la Fondation Gates. La galaxie du milliardaire philanthrope américain a déjà soutenu Univercells à plusieurs reprises, avec plusieurs dons de la Fondation et via un investissement d’un autre fonds d'impact, GHIF. Bill Gates n’est toutefois pas actionnaire direct de la société wallonne, comme c’est par exemple le cas avec la biotech allemande CureVac.

123
Millions d'euros
Quand le financement additionnel de 23 millions sera concrétisé, Univercells aura au total levé 123 millions cette année.

L’argent levé doit servir à faire progresser les nombreux projets que mène de front Univercells. La petite biotech créée en 2013 par Hugues Bultot et José Castillo autour d’un projet de  plateforme de production révolutionnaire pour les vaccins (la NevoLine) est en effet en train de se muer en groupe articulé autour de plusieurs filiales. L’une de celles-ci, Exothera, en cours d’installation sur le site de Jumet, est une société de services (CDMO) qui va fabriquer des vecteurs viraux pour les thérapies géniques. Elle vient d’être dotée d’un manager, Thibault Jonckheere, ancien CEO d’une autre biotech carolo, ImmunXperts. Fondée à l’origine pour assurer la production de quatre vaccins classiques (polio, etc.), Univercells Vaccines devrait pour sa part fabriquer dans un premier temps les vaccins contre le Covid-19. Une autre filiale, Univercells Technologies, dédiée à l’industrialisation de la NevoLine, a été créée à Nivelles en collaboration avec le fonds américain de capital investissement KKR. Et ce n’est pas tout, puisque selon Hugues Bultot, Univercells devrait également mettre sur pied une division pour les unités décentralisées de fabrication de médicaments, dans la lignée de son projet initial.

Quand le financement additionnel de 23 millions sera concrétisé, Univercells aura au total levé 123 millions cette année, puisqu’en février, KKR avait déjà apporté 50 millions d’euros pour la création de Univercells Technologies. Un record dans le secteur wallon des sciences du vivant et des technologies médicales. La première place était jusqu’ici occupée par une autre biotech du Biopark, iTeos Therapeutics, qui avait récolté en avril dernier 115 millions d’euros, avant de faire son entrée sur le Nasdaq quatre mois plus tard. 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés