Progrès prometteurs de Celyad contre le cancer du colon

©Celyad

Deux patients souffrants de cancer colorectal métastatique ayant bénéficié de la thérapie de Celyad, la biotech de Mont-Saint-Guibert, ne montrent pas de progression des tumeurs. Le point avec le directeur financier, Patrick Jeanmart.

Celyad progresse dans le développement de son traitement du cancer par stimulation du système immunitaire: la biotech de Mont-Saint-Guibert a annoncé lundi des résultats prometteurs dans le cadre de son étude clinique de phase 1 ouverte internationale visant à évaluer la sécurité et l’efficacité de sa thérapie cellulaire CAR-T NKR-2 dans sept cancers différents. Il s’agit de résultats intérimaires dans le groupe des tumeurs solides, en l’occurrence un premier niveau de dose administrée à trois patients atteints de cancer métastatique.

"Signaux encourageants"

Deux patients souffrants de cancer colorectal métastatique ayant bénéficié de la thérapie de Celyad sont stables et ne montrent pas de progression des tumeurs. "Ce sont des signaux intérimaires qui sont certes très encourageants, mais qui ne contribueront pas aujourd’hui à faire de l’étude un succès ou un échec" explique Patrick Jeanmart, le directeur financier de la biotech wallonne.

"Ce n’est qu’à six mois que ce genre de conclusion pourrait être tirée. Toutefois, en quoi ces résultats intérimaires sont-ils prometteurs ? Parce que les patients qui entrent dans l’étude, tant dans le bras liquide que solide, sont des patients qui sont réfractaires à l’ensemble des traitements existants et en rechute. Ce sont des patients chez qui la chimiothérapie ou la radiothérapie a fonctionné par le passé, mais à leur stade, ne fonctionne plus. Ce sont des patients sans option. En gros, ils sont éligibles à des études cliniques pour de nouveaux médicaments car les médicaments existants ne sont pas suffisants. Ils sont une espérance de vie extrêmement faible, en semaines ou en mois ".

Objectif: la disparition de la tumeur

A trois mois, on a stoppé la progression de la maladie. C’est-à-dire que l’on maintient le patient en vie. Maintenant, nous avons des objectifs qui vont au-delà de cela.
Patrick Jeanmart
CFO de Celyad

C’est d’autant plus encourageant que la thérapie de Celyad fait ici au moins aussi bien sinon mieux que les traitements existants pour ces patients. "A trois mois, on a stoppé la progression de la maladie. C’est-à-dire que l’on maintient le patient en vie, poursuit Patrick Jeanmart. Maintenant, nous avons des objectifs qui vont au-delà de cela, puisque nous espérons pour ce type de cancer, avoir des réponses partielles, c’est-à-dire une diminution du nombre tumoral, c’est-à-dire de la masse tumorale ou du nombre de métastases. On espère que cela sera confirmé à six mois et que les doses ultérieures –les prochaines doses étant un milliard puis trois milliards de cellules- seront encore plus efficaces et résulteront en des réponses partielles ou complètes, la disparition de la tumeur ".

"Rien ne fonctionne contre le cancer du pancréas"

En revanche, le troisième patient, atteint d’un cancer du pancréas et actuellement incurable, est en progression à trois mois. C’est-à-dire que l’évolution de la maladie n’a pas été stoppée. Il ne faut toutefois en tirer aucune conclusion, fait valoir Patrick Jeanmart : "On ne se prononce pas ici pour savoir si les tumeurs croissent moins vite ou pas, par rapport à un patient qui ne reçoit pas la thérapie. Ce n’est pas l’objet de l’étude. Il faut savoir que le pancréas a été mis dans l’étude alors que rien ne fonctionne contre cette maladie ". Le pancréas est en effet l’un des pires cancers, avec une espérance de vie est de l’ordre de 3 à 6 mois, aucun traitement actuel ne permet de traiter ce cancer. "

Nous avions donc des attentes excessivement faibles. D’autant plus que nous étions encore ici dans la dose la plus faible testée et qu’il n’est pas improbable qu’une dose plus importante puisse avoir un effet, même mineur. Pour le pancréas, la barre est tellement haute que nous n’en avons pas fait un objectif majeur dans l’entreprise", conclut Patrick Jeanmart.

Les sept cancers que cible la biotech sont cinq tumeurs solides (colorectal, ovaires, vessie, sein et pancréas) et deux tumeurs hématologiques (leucémie myéloïde aiguë et myélome multiple). L’approche utilisée par Celyad en immuno-oncologie est basée sur l’utilisation des cellules pour réarmer le système immunitaire – en l’occurrence les Lymphocytes-T –, pour lui permettre de reconnaître et donc détruire les cellules cancéreuses.

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