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Promethera a 4 jours pour trouver entre 5 et 10 millions d'euros

"Les Chinois (de Tata Health) ont fait un premier versement de 500.000 euros en août et ils devaient apporter un autre prêt début septembre..." indique Etienne Sokal, fondateur et CEO de Promethera : ©Tim Dirven

Un investisseur chinois qui devait amener 10 millions d'euros à Promethera n'a pas respecté ses engagements. La biotech wallonne cherche à le remplacer.

Mauvaise nouvelle et fameux défi à venir pour Promethera, la biotech wallonne spécialisée dans la thérapie cellulaire pour les maladies du foie. Suite au non-respect par un investisseur chinois de ses engagements financiers, la société a été obligée de faire aveu de faillite. Si cette procédure est avant tout technique, cela signifie que l'entreprise a quatre jours pour trouver entre 5 et 10 millions d'euros.

En mars 2021, la société basée à Mont-Saint-Guibert avait réussi à sortir d'une procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) en créant une nouvelle entreprise et en annonçant le bouclage d'une nouvelle levée de fonds de 20 millions d'euros, la moitié provenant de Belgique (investisseurs publics et privés), l'autre moitié devant venir de Chine.

Mais, comme nous l'a expliqué Yves Brulard, l'avocat de la société, les Chinois de Tata Health qui s'étaient engagés par convention à apporter les 10 millions d'euros en question, n'ont pas respecté leur engagement. Tata Health International Holding, coté à la Bourse de Hong Kong, devait investir dans la société wallonne via sa filiale Shang Ying International Holdings, dédiée au secteur de la santé. "C'est très étonnant parce qu'ils avaient signé, nous avons des documents incontestables sur le plan juridique", a confirmé de son côté Etienne Sokal, qui cumule les rôles de CEO, président et directeur scientifique de la nouvelle société, Promethera Therapeutics. "Les Chinois ont fait un premier versement de 500.000 euros en août et ils devaient apporter un autre prêt début septembre, mais pour l'instant, on ne l'a pas, même si tout n'est pas perdu", selon lui.

Un aveu de faillite et deux pistes de travail

Cette violation de la convention a poussé les responsables de la société dans leurs derniers retranchements et, pour se mettre à l'abri, ils ont dû faire aveu de faillite. L'affaire sera prise au tribunal de l'entreprise de Nivelles lundi prochain. À ce stade, deux pistes de travail sont à l'étude: soit un investisseur se manifeste et amène entre 5 et 10 millions d'euros, soit le tribunal valide l'aveu de faillite et désigne un curateur.

"On essaie de trouver un investisseur alternatif. On a des pistes, mais il faudra voir aussi comment les investisseurs actuels vont se positionner."
Etienne Sokal
CEO de Promethera

"On essaie de trouver un investisseur alternatif. On a des pistes, mais il faudra voir aussi comment les investisseurs actuels vont se positionner", a encore commenté Etienne Sokal. Fund Plus, SMS Investments (Luxembourg), Sopartec, divers investisseurs privés ainsi que Sofipôle, Invest.BW et Sambrinvest font partie du consortium. Le gouvernement wallon avait apporté son soutien à l'opération.  Il nous est revenu que l'exécutif régional a accepté de maintenir son effort si et seulement si un autre investisseur fait un effort de son côté. "Il faut voir si ces investisseurs sont prêts à faire éventuellement un closing avec un montant de 10 ou 12 millions d'euros, sachant qu'une fois que l'on aura cette somme, cela permettra d'attirer plus facilement d'autres investisseurs", souligne Etienne Sokal.

12 millions
d'euros
"Il faut voir si ces investisseurs sont prêts à faire éventuellement un closing avec un montant de 10 ou 12 millions d'euros, sachant qu'une fois que l'on aura cette somme, cela permettra d'attirer plus facilement d'autres investisseurs", indique Etienne Sokal, CEO de Promethera.

En attendant, la société a attaqué l'investisseur chinois en justice afin de lui faire payer des dommages et intérêts. Mais l'issue de cette procédure n'aura pas d'influence sur la partie qui se joue actuellement et pour laquelle le temps est compté.

Une étude clinique

La levée de fonds doit permettre de soutenir le développement clinique (phase IIB) d'HepaStem, un traitement visant à servir d'alternative à la transplantation hépatique grâce à une thérapie par cellules souches rétablissant la santé du foie. L'indication visée est l'insuffisance hépatique aiguë compliquant une maladie chronique du foie (ACLF), pour laquelle HepaStem a déjà enregistré des résultats encourageants lors d'essais cliniques précédents.

"Nous avons déjà un quart des patients enrôlés dans l'étude clinique."
Etienne Sokal
CEO de Promethera

"Nous avons quand même une société en phase IIB, même s'il reste évidemment l'incertitude des études cliniques", a encore fait valoir Etienne Sokal. "Le recrutement fonctionne bien puisque nous avons déjà un quart des patients enrôlés. La science n'est jamais remise en question. Il y a eu des erreurs de gestion par le passé, tout le monde les connaît. Beaucoup nous avaient d'ailleurs félicités pour la restructuration de la société lors de la PRJ, avec une réduction importante du cash burn et le recentrage sur une étude clinique. Si on était aux États-Unis, on nous applaudirait pour avoir traversé ces difficultés et on nous soutiendrait. En Europe, c'est autre chose", a conclu le CEO.

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