Promethera Biosciences se met à l'abri de ses créanciers

Le tribunal de l'entreprise du Brabant wallon a ouvert une procédure de réorganisation judiciaire dans un jugement rendu le 14 décembre. ©Thierry du Bois

Confrontée à des difficultés, la biotech Promethera Biosciences a dû se mettre à l'abri de ses créanciers via la procédure en réorganisation judiciaire (PRJ).

Après avoir frôlé la catastrophe et après avoir été sauvée par un fonds de gestion venu de Hong Kong, la biotech Promethera Biosciences, spécialisée dans la thérapie cellulaire pour les maladies du foie, a dû se tourner vers le tribunal de l'entreprise du Brabant wallon afin de demander la mise à l'abri de ses créanciers par le biais de la procédure de réorganisation judiciaire (PRJ).

"La situation bilantaire de la société est fragile, en particulier la hauteur des actuelles pertes d'exploitation absorbant l'essentiel des fonds propres", lit-on dans le jugement rendu lundi dernier par le tribunal de l'entreprise. Par cette décision, les juges ont validé la demande de PRJ et octroyé à la société un délai jusqu'à la fin du mois de mars pour trouver des accords avec les créanciers.

Report de l'entrée en bourse

Du côté de l'entreprise basée à Mont-Saint-Guibert, la vie est tout sauf un long fleuve tranquille. Après avoir réussi à lever 47 millions d'euros à la fin de l'année 2019, l'intention de la société était de se faire coter à la bourse de Tokyo. Mais les banquiers d'affaires japonais avaient estimé que la société n'était pas prête et l'affaire avait été reportée. Ensuite, la première vague de coronavirus qui a frappé la Belgique au mois de mars n'a rien arrangé et la société s'est retrouvée dans une situation financière difficile.

"Nous sommes en train de restructurer la société et la PRJ nous permet de faire cela de façon sereine."
Etienne Sokal
Fondateur de Promethera Biosciences

C'est alors que Co-High Investment Management, un fonds de gestion d'actifs de Hong Kong, qui avait déjà mis la main au portefeuille par le passé, a amené un nouveau partenaire chinois, le holding Hao Tian, qui, en juin, avait amené 5 millions d'euros d'argent frais. Ce holding était disposé à remettre encore une fois 5 millions si, de son côté, le management trouvait 10 millions d'euros. Le management n'avait pas réussi et, à la fin de l'été, le président du conseil d'administration, le CEO et le directeur financier avaient démissionné. A la suite de ces départs, un comité exécutif avait été formé afin de tenir la barre de Promethera. Il était (et est toujours) composé du professeur Etienne Sokal, d'Alain Parthoens et de Zimeng Dong, le CEO de Co-High. Le manager de Co-High avait débarqué en Belgique accompagné d'une directrice exécutive, Charlotte Poon, qui avait repris en mains les finances de la société.

Au gré de ses différentes levées de fonds, Promethera a vu son actionnariat initial se diversifier avec l'arrivée de nombreux investisseurs asiatiques qui, aujourd'hui, représentent 44% du capital. Au total, Promethera a déjà attiré 118 millions d'euros d'investissements.

"Nous restons optimistes"

Contacté, Etienne Sokal, le fondateur de la société, a confirmé l'information, tout en précisant que la société dispose d'un produit prometteur. Sur le plan clinique, une étude avait démarré dans plusieurs pays d'Europe pour évaluer l'efficacité d'un produit dans l'insuffisance hépatique aiguë compliquant une maladie chronique du foie.

"Nous sommes en train de restructurer la société et la procédure de réorganisation judiciaire nous permet de faire cela de façon sereine", a encore expliqué Etienne Sokal. Et ce dernier de préciser que la situation de Promethera n'est pas celle d'une situation qui connaîtrait un échec, mais bien celle d'une société confrontée à des difficultés financières. "Nous restons optimistes", conclut le fondateur de la biotech.

Créée en 2009, la société est une spin-off de l'UCL.

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