François Fornieri: "Quand je devrai faire un choix, je prendrai la meilleure décision pour mes actionnaires"

©Tim Dirven

François Fornieri, le CEO de la biotech Mithra, était présent à Finance Avenue. Voici quelques extraits de son intervention.

François Fornieri, le CEO de la biotech Mithra, est "content". Si tout va bien, dans un an, la pilule contraceptive Estelle sera mise sur le marché, suivie en 2023 par le Donesta, un traitement hormonal contre les symptômes de la ménopause. Les études cliniques pour Estelle arrivent actuellement à leur terme, tandis que celles du Donesta doivent commencer l'année prochaine. 

C'était Finance Avenue 2019

A la clé ? "Un marché colossal", affirme François Fornieri. De fait, moins de 10% des femmes prennent actuellement un traitement contre les effets de la ménopause, en raison de leurs craintes de favoriser l'apparition d'un cancer du sein. "Le marché est actuellement de 12 milliards d'euros. Si on arrive à le doubler ou à le tripler... Qui va faire la différence dans ce marché ? Le produit! Celui qui n'a pas d'impact", explique-t-il. La molécule Estetrol sur laquelle sont basées les recherches de Mithra (ménopause et contraceptif) n'a pas d'impact sur le cancer du sein ni sur le foie. 

La crainte d'un cancer du sein est également la raison pour laquelle un grand nombre de femmes n'utilise pas de pilule contraceptive hormonale. "C'est un marché de 22 milliards d'euros pas an. Avec Estelle, on va vers le blockbuster, c'est-à-dire un médicament qui peut rapporter 1 milliard d'euros par an. C'est un médicament révolutionnaire, on n'avait plus innové dans ce domaine depuis 80 ans".  

Bref, si tout va bien, et avec les revenus actuellement générés par Myring (anneau vaginal) - "nous sommes en train d'augmenter la production", - la biotech devrait atteindre l'équilibre financier l'année prochaine, estime le CEO. 

Cours de Bourse

Interrogé sur la chute du cours de l'action Mithra lors de l'annonce du partenariat avec la société pharmaceutique Mayne Pharma, François Fornieri reconnait une "frustration" : "Je suis convaincu que l'on a choisi le bon partenaire. Nous avons cinq analystes qui nous suivent, seul un a été négatif. J'espère pouvoir lui prouver dans un an qu'il aura eu tort. Mais bien sûr, lorsque le cours baisse, je ressens de la frustration. Je suis actionnaire, ce sont mes sous et, comme tout le monde, je veux les faire fructifier", explique-t-il. "Nous avons pris une participation dans Mayne Pharma de 9,6%. Nous sommes les actionnaires principaux. Nous allons faire en sorte que la commercialisation se passe bien. Nous avons un poste au conseil d'administration de l'entreprise et des postes dans le comité stratégique", tient-il aussi à rappeler. 

Je suis convaincu que l'on a choisi le bon partenaire. Nous avons cinq analystes qui nous suivent, seul un a été négatif. J'espère pouvoir lui prouver dans un an qu'il aura eu tort.
François Fornieri
CEO de Mithra

Quant aux résultats financiers, François Fornieri rappelle qu'il est "normal" qu'une biotech brûle du cash : "nous sommes passés de 11 millions d'euros de cash burn au premier trimestre 2018 à 2,5 millions au premier trimestre 2019. Le chiffre d'affaires a augmenté de 190% et l'ebitda de 78% sur cette période". 

Avenir

Quand à l'avenir de Mithra, le CEO préfère "attendre de voir" avant de parler. "Je suis un business man. Je suis prêt à écouter toutes les propositions. Notre chiffre d'affaires devrait exploser. A ce moment-là, on verra si l'on peut faire des alliances, valoriser, ou rester là. Mon avis personnel, c'est que la meilleure chose serait que je puisse rester encore. Mais je n'ai pas d'a priori. Quand je serai face à des choix, je ferai le meilleur pour mes actionnaires et mes partenaires qui ont des actions", explique-t-il. "Avec Marc Coucke et Noshaq, nous détenons 65% des parts de Mithra. A chaque augmentation de capital, les gros actionnaires participent pour ne pas être dilués. C'est une preuve qu'on y croit encore très fort"

Quels arguments pourraient le pousser à vendre ? "D'abord le prix. Ce serait hypocrite de dire que cela ne m'intéresse pas. La question serair également de savoir si je reste, si le groupe reste encré dans la région, etc. " 

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