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Quel impact pour argenx après la rupture avec J&J?

Tim Van Hauwermeiren, le CEO d'argenx. ©Dieter Telemans

Suite aux résultats d'un essai clinique, Johnson & Johnson a décidé d'arrêter sa collaboration avec argenx. La molécule concernée ne représente que quelques euros dans la valorisation de l'action.

Et voici une première ombre au tableau jusqu’ici idyllique d’argenx , une biotech gantoise qui a rejoint la Bourse de Bruxelles en 2014 au prix de 8,5 euros l'action. Aujourd’hui, elle fait partie du Bel 20 et est cotée au Nasdaq. Avec un cours de 216 euros, elle pèse plus de 10 milliards d’euros

Elle s’active actuellement afin de préparer la commercialisation de son premier traitement, l’efgartigimod, actuellement à l’examen auprès de la FDA, le régulateur américain, pour soigner la myasthénie grave.

Mais ce lundi matin, dans un communiqué manquant de clarté, argenx a annoncé qu’elle reprenait les droits globaux du cusatuzumab, un anticorps actuellement testé dans le traitement de la leucémie myéloïde aiguë.

525 millions
de dollars
La collaboration entre argenx et Johnson & Johnson a coûté 525 millions de dollars au groupe américain.

Plus d'un milliard de dollars

En fait, probablement déçu par les résultats intermédiaires d’un essai clinique de phase I, Johnson & Johnson, partenaire dans le développement de cette molécule, a décidé d’arrêter les frais. Ce partenariat remonte à 2018 et a coûté plus de 500 millions de dollars au géant américain: 300 millions sous la forme d’une avance et 200 millions via une entrée dans le capital de la biotech à hauteur de 4,7% et au prix de 100 euros le titre. À cela s’ajoute un paiement d’étape de 25 millions d’euros.

Globalement, dans le cadre de cet accord, la biotech aurait pu percevoir plus d’un milliard de dollars et des royalties à deux chiffres. Comme le souligne  Lenny Van Steenhuyse, de KBC Securities ("conserver"; 240 euros), depuis l’entrée dans le capital de J&J, le cours a doublé et le groupe US a acquis Momenta, un des concurrents direct dans le domaine d’action de l’efgartigimod.

"Maintenant que l'avenir du cusatuzumab est entre les mains d'argenx, la suite du parcours n'est pas claire."
Lenny Van Steenhuyse
Analyste chez KBC Securities

Entre 5 et 10 euros par action

De son côté, argenx estime que les données intermédiaires de cette essai montrent que le cusatuzumab pourrait être utile aux patients atteints de leucémie myéloïde et va étudier toutes les options possibles.

"Bien que les chiffres publiés ce matin indiquent qu’il pourrait y avoir une valeur ajoutée (même si elle est petite) à utiliser le  cusatuzumab en combinaison avec deux autres médicaments, l’ampleur de l’effet n’a pas convaincu Janssen (filiale de J&J) de poursuivre le développement", résume  Lenny Van Steenhuyse . "Maintenant que l'avenir du cusatuzumab est entre les mains d'argenx, la suite du parcours n'est pas claire", ajoute l'analyste.

Mais remettons les choses à leur place. Si la fin de cette collaboration fait tache sur le parcours sans faute de la biotech, elle reste très marginale quant à son impact, et ce, malgré la chute de l’action ce lundi (-2,44%).

Pour KBC Securities, le cusatuzumab ne représente en effet que 2% de la valorisation "somme des parties" de la biotech, soit 5 euros par action. Chez Kepler Cheuvreux ("conserver"; 220 euros), il intervient à hauteur de 10 euros.

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