Qui s'intéresse à ThromboGenics?

©Dries Luyten

Le traitement ophtalmologique développé par la biotech suscite un grand intérêt. ThromboGenics a beau freiner des quatre fers, la perspective d’un rachat n’a rien de lointain au vu du nombre de candidats potentiels.

Lancé il y a un peu plus d’un an sur le marché américain, le Jetrea, un traitement développé par ThromboGenics qui permet de soigner la traction et l’adhérence vitréomaculaire, ne recueille pas (encore) le succès escompté. Il n’empêche: les perspectives alléchantes qu’offre ce traitement par simple injection, seule alternative à une intervention chirurgicale, attirent les regards.

Fin février, la biotech basée à Louvain confiait à la maison de courtage Morgan Stanley le soin d’examiner les options stratégiques afin de réaliser le potentiel commercial du Jetrea. En cause: la modestie des chiffres de ventes du Jetrea sur le marché américain. Sur un an, celles-ci ont plafonné à 20,8 millions d’euros. Or, c’est sur le marché américain que la biotech louvaniste fonde ses plus gros espoirs. Plus de 250.000 patients y seraient susceptibles d’être soignés au Jetrea.

Il n’en fallait pas plus pour que les investisseurs y voient l’amorce d’un processus de mise en vente. Selon l’agence Bloomberg, six groupes pharmaceutiques manifestent de l’intérêt. Ils ont un point commun: une forte présence sur le créneau de l’ophtalmologie, ou à tout le moins la volonté de s’y installer. 

Novartis, le favori

Le candidat numéro un n’est autre que le géant suisse Novartis, dont la filiale Alcon, numéro un mondial de l’ophtalmologie, prend déjà en charge les ventes du Jetrea hors des Etats-Unis.

Mais le groupe bâlois n’est pas le seul intéressé. Son grand concurrent Roche et le britannique Shire sont également cités. Spécialisé dans les maladies génétiques rares, Shire se diversifie dans les maladies oculaires. En témoignent les acquisitions, l’an dernier, de deux sociétés spécialisées dans les médicaments ophtalmologiques.

Regeneron, qui vend, en partenariat avec Bayer, un traitement de la dégénérescence maculaire, Valeant, qui vient d’acquérir un producteur de lentilles oculaires, et Allergan, bien connu pour son Botox mais aussi spécialisé dans les produits d’ophtalmologie, seraient eux aussi sur les rangs.

L’afflux de candidats laisse miroiter une valorisation de ThromboGenics autour de 940 millions d’euros, soit environ 26 euros par action.

Les offres de rachat non-contraignantes doivent être remises d’ici la fin du mois. Lundi soir, ThromboGenics s’efforçait de temporiser, soulignant dans un communiqué que la "révision stratégique" lancée le 24 février n’en était encore qu’à un "stade préliminaire". Mais au vu du nom et du nombre de candidats présents sur le seuil, on voit mal sur quelle autre issue qu’un rachat pourrait déboucher le revirement stratégique en cours.

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