Résultats prometteurs pour un traitement de ERC

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La société namuroise ERC a enregistré des résultats concluants pour un traitement du cancer foudroyant du cerveau.

Prolonger la vie d'un patient de 10 mois ou plus, cela peut sembler peu de chose, mais c'est une perspective extraordinaire lorsque l'espérance de vie n'était que de quelques semaines. En substance, c'est le principal enseignement de l'étude clinique de phase II que ERC Belgium a menée aux Etats-Unis sur son traitement contre le glioblastome, un cancer du cerveau foudroyant.

Près de 60% des tumeurs cérébrales sont des gliomes. Le glioblastome multiforme (GBM) est le plus fréquent et le plus malin de tous avec un taux de mortalité de 75% dans les 18 mois du diagnostic", précise Apostolos Stathopoulos, CEO de ERC Belgium. Quelque 20.000 cas de gliomes de ce type sont diagnostiqués en Europe chaque année, dont 600 à 700 en Belgique.

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Quelque 20.000 cas de glioblastome multiforme sont diagnostiqués en Europe chaque année, dont 600 à 700 en Belgique.

La société namuroise mène depuis 2014 une étude clinique de phase II pour le Gliovac, son traitement d'immunothérapie, auprès de différents hôpitaux américains sur des patients atteints de rechute de ce type de cancer.

Les résultats préliminaires de cette étude montrent une prolongation appréciable du taux de survie: de 6 mois pour 100% des cas, d'un an pour 40% des cas. "Environ 10% des patients traités au Gliovac ont connu une guérison totale et présentent un taux de survie de plus de trois ans après la récidive", pointe le docteur Daniela Bota, qui coordonne l'étude clinique depuis l'université de Californie à Irvine.

Immunothérapie

Actuellement ce type de tumeur est généralement traité par ablation chirurgicale suivie de radiothérapie et chimiothérapie. Mais avec des résultats limités en termes d'espérance de vie. L'approche de ERC se base sur l'immunothérapie en aidant le corps à lutter contre la tumeur comme un vaccin peut le faire contre une maladie virale.

"Les différentes études cliniques ont été menées sur une trentaine de patients au total à ce stade. Tous à un stade avancé de la maladie, soit dans le cadre d'un traitement compassionnel, soit joint à d'autres traitements, soit dans le cadre du "Right to try". Cette réglementation américaine autorise un patient en phase terminale à accéder à des thérapies qui n'ont pas encore été approuvées par la FDA", fait encore remarquer le docteur Bota. Avec donc des résultats plus que prometteurs en termes de prolongation de l'espérance de vie.

L'approche de ERC se base sur l'immunothérapie en aidant le corps à lutter contre la tumeur comme un vaccin peut le faire contre une maladie virale.

Sur la base de ces résultats, ERC a introduit un dossier d'approbation et une demande de commercialisation en Angleterre dès janvier dernier et auprès de l'Agence européenne des médicaments (EMA) en juillet. La demande est également en cours devant la FDA américaine. Comme ce type de gliome est considéré comme une maladie orpheline et qu'il n'existe pas de traitement spécifique pour le combattre, le Gliovac pourrait se passer d'étude de phase III avant sa commercialisation.

Stathopoulos reste prudent sur les perspectives et ne s'avance pas encore sur le prix d'un tel traitement. "Nous n'en connaissons pas encore le coût effectif, qui sera majoré d'une marge de 20 à 25 %", prévient-il. Mais les études se poursuivent pour mesurer la performance de la technique à un stade moins avancé de la tumeur, voire sur d'autres types de cancer.

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