Tools4Patient réduit la réponse placebo dans les essais cliniques

L'instrument Placebell vient de démontrer sa pertinence dans le cadre d'une étude clinique pour l’arthrose. ©Photo News

Après sept ans de développement, la société de Mont-Saint-Guibert a réussi à mettre au point un instrument permettant d'atténuer l'impact de la réponse placebo dans les essais cliniques. Une première.

Beaucoup mieux cerné aujourd'hui par la médecine que par le passé, l'effet placebo continue en revanche à compliquer la tâche de l'industrie pharmaceutique. À tel point que cet effet, qui induit une amélioration clinique avec un produit totalement inactif, peut entraîner l'échec d'études cliniques en phase III et donc, l’arrêt du développement de certains médicaments.

Des études académiques

Une petite société de Mont-Saint-Guibert, Tools4Patient, s'est attaquée il y a sept ans au défi de la caractérisation de l’effet placebo dans les essais cliniques. Avec succès: elle a réussi à mettre au point une technologie permettant d'atténuer cet impact et de déterminer la mesure la plus réelle de l’effet du médicament. Appelé Placebell, cet instrument comprend un questionnaire de personnalité pour le patient et un logiciel doté d'un algorithme qui va utiliser ces informations et calculer un score placebo.  

"On a prouvé dans des études randomisées que cela fonctionnait bien et que l’on peut prédire la réponse placebo."
Dominique Demolle
CEO de Tools4Patient

"Nous avons apporté quelque chose qui n’existait pas. On a prouvé dans des études randomisées que cela fonctionnait bien et que l’on peut prédire la réponse placebo.  Personne d’autre ne fait cela sur le marché. Notre outil peut améliorer de façon très sensible le développement des médicaments" explique Dominique Demolle, la CEO de Tools4Patient. "Il y a eu beaucoup d'études académiques, mais elles n'étaient pas applicables au niveau industriel. Il existe également des tactiques pour réduire la réponse placebo, mais elles font gagner 5% de la variance tronquée. Pour notre part, nous pouvons expliquer jusqu’à 30% de variance" poursuit Dominique Demolle. Cela signifie donc qu'une étude réalisée avec Placebell permet d’obtenir les mêmes résultats qu’une étude menée avec 30% de patients supplémentaires. Un gain de temps et d'argent appréciable pour les laboratoires, mais aussi pour les malades, qui peuvent disposer de certains traitements plus rapidement.

30%
Une étude réalisée avec Placebell permet d’obtenir les mêmes résultats qu’une étude menée avec 30% de patients supplémentaires.

Placebell a d'abord été testé dans les pathologies comme la douleur. Il vient encore de démontrer sa pertinence dans le cadre d'une étude clinique randomisée pour l’arthrose, en partenariat avec une biotech américaine. "Mais nous avons une multitude d’indications à différents stades, certaines validées, d'autres pratiquement validées ou encore au stade de la preuve de concept" souligne la CEO, en citant Parkinson, l'ophtalmologie ou la psychiatrie.

La technologie autorise même, dans certains cas, une analyse rétrospective et une réinterprétation d'une partie des données.

L'outil a déjà été amélioré. La technologie autorise même, dans certains cas, une analyse rétrospective et une réinterprétation d'une partie des données. De plus, au questionnaire de départ ont été ajoutés d'autres éléments pouvant influencer la réponse à un traitement, comme le site où se déroule l'essai clinique. Ces facteurs sont en cours de validation et pourront être pris en compte dans l’optimisation de la conduite de l'étude.

Un déploiement aux USA

Créée en 2013, Tools4Patient, qui compte une vingtaine de collaborateurs, s'était installée dans le Biopark de Gosselies, avant de rejoindre le Brabant wallon. En 2018, elle a procédé à une levée de 4 millions d'euros, qui avait vu Sambrinvest et Innovation Fund (le fonds belge dédié aux start-ups innovantes dans la chimie et les sciences de la vie) s'ajouter aux investisseurs initiaux, dont Jean Stéphenne et Jean-Pierre Delwart. Un nouveau tour est en préparation. Il doit permettre à la société, qui est en train de prendre son envol commercial, de poursuivre ses développements et surtout, de se déployer aux États-Unis. Selon Dominique Demolle, "90% des marchés visés se trouvent là-bas", l'Europe se montrant pour le moment plus frileuse vis-à-vis de la nouveauté apportée par la start-up brabançonne, bien que des contacts prometteurs soient engagés.

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