portrait

Torsten Mummenbrauer, un expert en pandémies à la tête d'ExeVir

Torsten Mummenbrauer connaît bien la Belgique, les vaccins et les pandémies. Le profil idéal pour piloter la biotech belge ExeVir dans la lutte contre le Covid-19.

Le combat contre le coronavirus ne se limite pas aux vaccins. La recherche de remèdes revêt également une importance cruciale pour éradiquer l'épidémie. C'est le créneau dans lequel opère la biotech belge ExeVir. Cette spin-off de l'Institut flamand de biotechnologie VIB va bientôt entamer les essais cliniques sur le XVR011, son projet de traitement d'anticorps à domaine unique offrant une protection contre le Covid-19 et ses variants. Plusieurs chercheurs du VIB viennent de publier une étude aux résultats encourageants dans bioRxiv, le serveur sur lequel les chercheurs du monde entier déposent leurs prépublications afin de mettre immédiatement leurs découvertes à la disposition de la communauté scientifique.

"J'ai passé une partie de mon temps à préparer la lutte contre la grippe aviaire, en 2005-2006, puis contre l'épidémie de grippe A (H1N1) en 2009-2010."
Torsten Mummenbrauer
CEO d'ExeVir

L'anticorps dérivé du lama pour le traitement potentiel et la prévention du Covid-19 "présente une très puissante activité de neutralisation virale, une protection contre les infections au SARS-CoV-2 et un développement limité de l'atteinte alvéolaire sur des modèles in vivo de souris et de hamsters", souligne Exevir dans un communiqué. L'étude montre aussi que les mutations des nouveaux variants n'affectent pas l'effet neutralisant du traitement.

Douze ans chez GSK

Bien qu'elle soit belgo-belge, ExeVir s'est choisi un CEO allemand. C'est Philippe Monteyne, partner du fonds biotech Fund+ - un des actionnaires de la biotech-, qui est allé chercher Torsten Mummenbrauer outre-Rhin. Il l'avait côtoyé quelques années plus tôt chez le géant des vaccins GSK; il savait donc que l'homme est un grand spécialiste de la lutte contre les épidémies.

Le profil

Né en 1963 à Cologne

Marié, trois enfants

1996: Obtient un doctorat en virologie tumorale et immunologie de l'Institut Heinrich-Pette, à Hambourg.

2004: Rejoint GSK, où il assume notamment le poste de global head of Vaccines Transactions.

2015: Quitte GSK pour rejoindre Morphosys, puis Hookipa Pharma, avant de devenir CEO de Velvio.

2020: Prend le poste de CEO d'ExeVir.

"J'ai consacré 25 ans de ma carrière au développement d'activités dans la pharma et la biotech et j'ai passé une partie de mon temps à préparer la lutte contre la grippe aviaire, en 2005-2006, puis contre l'épidémie de grippe A (H1N1) en 2009-2010", explique Torsten Mummenbrauer. Il a œuvré pendant douze ans chez GSK, au départ de la Belgique. Il y a aussi appris à négocier les politiques de vaccination avec les gouvernements.

Après cela, ce docteur en virologie tumorale a offert ses services au groupe biopharmaceutique Morphosys, à Hookipa, puis à Velvio, une biotech basée à Regensburg, à une centaine de kilomètres de Munich où il réside aujourd'hui.

Retour en piste

Le premier confinement l'a surpris alors qu'il dirigeait Velvio, spécialisée dans des traitements de la neurodégénérescence. Coincé à Munich, il ne pouvait plus se rendre physiquement dans ses bureaux de Regensburg, lockdown oblige. Mais là n'était pas le principal problème... "Avec mon background dans la lutte contre les pandémies, je me suis retrouvé sur une fausse piste en ce début 2020. Je me suis demandé comment contribuer à la lutte contre le Covid."

"La vaccination ne pourra pas faire seule le job."
Torsten Mummenbrauer
CEO d'ExeVir

Il a commencé à lorgner du côté des géants de la pharma en train de plancher sur des vaccins, quand Philippe Monteyne l'a contacté. Il a sauté sur l'occasion et est devenu CEO d'ExeVir. "Je suis convaincu de l'utilité de la recherche sur le traitement de cette grippe", souligne-t-il. "La vaccination ne pourra pas faire seule le job. Il faudra la compléter par des traitements adéquats." Puis, après un instant de réflexion, il ajoute: "Aujourd'hui, si vous êtes testé positif, on vous renvoie chez vous sans aucun traitement, en vous sommant d'attendre de voir comment va évoluer votre situation. C'est très moche! Il faut réduire le risque de manière active."

Scientifique de formation, Torsten Mummenbrauer dirige désormais une boîte de scientifiques. La meilleure combinaison, selon lui, car "en biotech, la base du succès est l'excellence en science". C'est essentiel aussi pour être en mesure de comprendre et d'évaluer les progrès engrangés par ses équipes...

Pédaler sur les terrils

Torsten Mummenbrauer avoue trois hobbies: le ski, la planche à voile et le vélo. Ces derniers mois, il a dû ronger son frein plutôt deux fois qu'une. "Pas de ski cet hiver, c'était dur", confesse-t-il.

Il lui reste la petite reine, qu'il pratique sous toutes ses formes, y compris le VTT. Une de ses principales sources de fierté est sa participation annuelle à un 24 heures en VTT qui a lieu sur le site d'un ancien charbonnage et d'une ancienne usine sidérurgique dans le bassin de la Ruhr, au centre de l'Allemagne. "La formule est ouverte, on peut y participer en solo ou en équipe", explique-t-il. Il fait partie d'une équipe de quatre pédaleurs, ce qui lui vaut 6 heures de vélo par édition. Le plus dur? "Quand on parcourt pour la 15ᵉ ou 20ᵉ fois le parcours vers 3 heures du matin." Il faut préciser que le trajet épouse les formes des terrils...

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