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Traversée du désert en vue pour Bone Therapeutics

Introduit en bourse à un prix de 16 euros en 2016, le titre Bone Therapeutics ne vaut plus aujourd'hui que 1,7 euro. ©DB60042600

Tous les espoirs que Bone Therapeutics plaçait dans le JTA-004, son produit le plus avancé, viennent de s'évanouir. Il faudra attendre fin 2022 pour découvrir les résultats de son autre produit, l'Allob.

Grosse tuile pour Bone Therapeutics :son produit le plus avancé, le JTA-004, un gel contre l’arthrose, n’a pas atteint le critère d’évaluation principal à l’issue d’une étude clinique de phase III.

Cette phase a révélé, en effet, que ce gel destiné au traitement de personnes atteintes d’arthrose du genou ne présentait aucune différence statistiquement significative par rapport au placebo et un comparateur actif.

C'est une catastrophe pour la biotech carolo, qui menait déjà des négociations avec des partenaires financiers en vue de commercialiser ce produit. Une mise sur le marché en Europe était même envisagée pour le début 2023.

Pas la première mauvaise nouvelle

En bourse, le titre a dégringolé de 36% pour clôturer à 1,69 euro. On est loin, très loin, du prix de souscription de 16 euros proposé lors de l’introduction en bourse réalisée en 2016.

Cette chute rappelle d’ailleurs celle qui a suivi, en novembre 2018, l’arrêt de l’étude du Preob, un produit autologue pour l’ostéonécrose de la hanche suite, également, à des résultats décevants d’une phase III. Aujourd’hui, l’action se rapproche du triste statut de "penny stock" (cours inférieur à un euro).

"Cette étude ne nous donne pas la possibilité de faire une soumission réglementaire".
Miguel Forte
CEO de Bone Therapeutics

"C’est un revers important pour Bone", reconnaît-on chez Kepler Cheuvreux. Le JTA-004 représentait 3,1 euros par action de la valorisation du broker (5,2 euros) avant l’annonce de ce lundi matin. En général, un échec aussi radical en phase 3 signe l'arrêt de mort du développement d'un traitement. "La société doit maintenant examiner les options", nous a commenté Miguel Forte, le CEO de l'entreprise. "On pourrait refaire une étude. Nous sommes également en train de parler avec de potentiels partenaires, on doit encore analyser plus en détail les données. Mais cette étude ne nous donne pas la possibilité de faire une soumission réglementaire", admet le patron de Bone.

Déconvenue de taille

Bone compte également intensifier ses efforts pour étendre son portefeuille de produits aux stades préclinique et clinique à de nouvelles indications.

Face à cette déconvenue de taille, la société wallonne de biotechnologie va se concentrer sur le développement de son actif principal, sa plateforme de thérapie cellulaire allogénique, comprenant notamment le produit Allob. Celui-ci est actuellement évalué dans une étude de phase IIb auprès de patients présentant une fracture tibiale fraîche avec un risque de retard ou d’absence de consolidation. "La finalisation du recrutement est attendue au cours du premier semestre 2022 et les premiers résultats pour la fin de l'année prochaine", précise Miguel Forte.

Bone compte également intensifier ses efforts pour étendre son portefeuille de produits aux stades préclinique et clinique à de nouvelles indications. "À côté d’Allob, nous regardons le développement d'une nouvelle génération de cellules souches mésenchymateuses (CSM) génétiquement modifiées, ainsi que l'utilisation de sources cellulaires hautement adaptables et polyvalentes, telles que les cellules souches pluripotentes induites (CSPi)" ajoute encore le CEO de Bone Therapeutics.

"L’Allob qui est actuellement en phase IIb est le seul produit qui reste dans le pipeline au niveau clinique."
Kepler Cheuvreux

Dans quelles indications? "Nous continuons à regarder les opportunités dans l’orthopédie, mais aussi dans l’immunomodulation (le fait de modifier le système immunitaire, ndlr), notamment le syndrome de détresse respiratoire aigüe (SDRA). Nous envisageons aussi d’autres indications, que nous n’avons pas encore divulguées. Nous allons annoncer de nouveaux partenariats dans les mois et les semaines qui viennent, pour donner de la substance à ces indications. Avec nos partenaires, nous sommes en train de nous placer comme leader des CSM professionnalisées", fait valoir Miguel Forte. Mais il ne faut pas s'y tromper: une certaine traversée du désert s'annonce donc. "L’Allob, qui est actuellement en phase IIb, est en effet le seul produit qui reste dans le pipeline au niveau clinique", objecte Kepler Cheuvreux. Le prochain faux pas pourrait s'avérer très dangereux, voire fatal.

Prêt de la BEI

Reste une dernière préoccupation: le nerf de la guerre. Au niveau financier, Bone précisait, en mai dernier, que sa trésorerie nette était estimée à 8,5 millions d’euros fin mars et que la consommation de celle-ci pour 2021 devrait tourner autour de 16-17 millions.  Elle estimait disposer de moyens suffisants pour poursuivre ses activités jusqu’en novembre prochain. Un délai qui est aujourd'hui allongé.

Miguel Forte envisage de nouvelles indications avec la plateforme de thérapies cellulaires. ©Tim Dirven

Depuis lors, l'entreprise a en, effet obtenu un prêt de 16 millions d’euros auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI). "On vient de recevoir l’annonce du décaissement de la première tranche du financement de la  BEI. Cela nous donne de la visibilité jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2022", conclut Miguel Forte.

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