UCB déplace son rempart anti-OPA

Roch Doliveux, CEO d'UCb (photo Benoît Doppagne/Belga)

Le groupe biopharmaceutique belge s'apprête à supprimer la "pilule empoisonnée" qui permettait à son actionnaire majoritaire, Financière de Tubize, de porter de 36,2 à 45 % sa participation en cas d'OPA. Dorénavant, UCB se protégera lui-même en augmentant son capital de 10 %. Faute de quorum, l'assemblée générale extraordinaire qui devait entériner ce point lundi a été reportée au 25 avril.

Fort de ses trois nouveaux traitements, le groupe UCB se sent désormais apte à se prémunir lui-même d'une éventuelle offensive d'un candidat repreneur. La société biopharmaceutique s'apprête dès lors à remplacer la "pilule empoisonnée" ("poison pill") mise en place en 2003 par un dispositif permettant au groupe de procéder à une augmentation de capital de 10 % pour contrer une éventuelle OPA.

En 2008, UCB avait octroyé à son principal actionnaire, le holding Financière de Tubize, une grande quantité de warrants via un emprunt obligataire.Ces warrants étaient échangeables contre des actions en cas de menaces de reprise ou d'opération hostile. Avec ces titres supplémentaires, Tubize était en mesure de faire passer sa participation de 36,2 % à 45 % dans le groupe biopharmaceutique.

Depuis lors, UCB a changé et récolte aujourd'hui les fruits de sa stratégie à long terme. Au sein de son portefeuille , les trois nouveaux traitements phares - l'antiépileptique Vimpat, le Cimzia, un traitement de la polyarthrite rhumatoïde et de la maladie de Crohn, et le Neupro, un traitement de la maladie de Parkinson et du syndrome des jambes sans repos - s'écoulent désormais mieux que les autres médicaments. Ils ont déjà rapporté l'an dernier 934 millions d'euros.

UCB se sent dès lors suffisamment fort pour se protéger lui-même. Il a donc décidé de ne pas renouveler la "pilule empoisonnée". Le conseil d'administration propose à l'assemblée générale des actionnaires de l'autoriser à augmenter le capital à concurrence de 500 millions d'euros en cas d'OPA sur la société. De quoi permettre aux actionnaires de référence de porter, si besoin, leur participation de 40,8 % à plus de 50 %.

Selon Jan De Kerpel, analyste chez KBC Securities, cette modification statutaire ne change pas fondamentalement la situation du groupe. Elle ne fait que déplacer de l'actionnaire de référence vers UCB lui-même le pouvoir de blocage contre un éventuel candidat repreneur.

La groupe avait convoqué ce lundi une assemblée générale extraordinaire dont l'ordre du jour prévoyait une décision sur ce point. Faute de quorum, l'AG extraordinaire a été reportée au 25 avril, dans la foulée de l'assemblée ordinaire.

 

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