UCB doit se passer de rempart anti-OPA

Face aux réticences de ses gros actionnaires, la société biopharmaceutique renonce à remplacer sa "pilule empoisonnée" par un dispositif permettant d’augmenter le capital de 500 millions d’euros en cas d’OPA.

L’information a quelque peu surpris les observateurs. Au moment de s’attaquer à l’ordre du jour de l’assemblée générale extraordinaire, le patron d’UCB, Roch Doliveux, a annoncé le retrait de son point central: la possibilité, pour le conseil d’administration, d’augmenter le capital à concurrence de 500 millions d’euros en cas d’OPA hostile sur la société.

Le groupe biopharmaceutique souhaitait remplacer la "pilule empoisonnée" (poison pill) mise en place en 2003 par un dispositif lui permettant de procéder à une augmentation de capital de 10% pour parer l’offensive d’un prédateur extérieur. Une pratique qui a cours dans la grande majorité des entreprises du Bel 20, dit-on chez UCB.

Mais face aux réticences exprimées par de gros investisseurs institutionnels, le groupe a décidé de faire machine arrière et de retirer sa proposition. Cela n’empêchera pas le patron d’UCB de dormir. "Pour nous, cette mesure n’était pas une nécessité absolue. Les actionnaires ne l’aimaient pas, nous l’avons donc retirée. Elle ne constitue de toute façon pas un élément incontournable de notre stratégie", a souligné Roch Doliveux au terme de l’assemblée générale.

Hasard de calendrier? Les warrants défensifs mis en place en 2008, qui permettaient au principal actionnaire, le holding Financière de Tubize, de porter de 36 à 45 % sa participation dans le groupe en cas d’OPA hostile expiraient mardi. Le rempart a donc sauté. 

Mais cette situation n’inquiète pas les responsables d’UCB, pour qui rien ne presse. "Notre meilleur rempart, c’est le cours de l’action et l’appui d’un actionnaire historique fort", dit le porte-parole d’UCB. Financière de Tubize, qui regroupe les familles Janssen, van Rijckevorsel et du Monceau, est en outre appuyé par l’actionnaire allemand Schwarz, qui possède 4 % du capital.

Doliveux: 4 ans de plus

L’assemblée générale d’hier, où 128,3 millions actions (72 % des titres en circulation) étaient représentées, a par ailleurs avalisé le versement d’un dividende de 1,02 euro brut (0,765 euro net), soit 2 centimes de plus qu’en 2012. Le dividende sera payable le 7 mai 2013 (coupon n° 16).

Les actionnaires ont également renouvelé pour quatre ans le mandat d’administrateur de Roch Doliveux. Arrivé en 2003 à la tête du comité exécutif d’UCB, le Français rempile donc jusqu’en 2017.

Roch Doliveux se donne pour objectif de doper la croissance et la rentabilité d’une société désormais à l’abri, pour plusieurs années, de toute expiration de brevets. 

Ses trois produits phares — le Cimzia, un traitement de la polyarthrite rhumatoïde et de la maladie de Crohn, l’antiépileptique Vimpat et le Neupro, qui cible la maladie de Parkinson — devraient rapporter au moins 3,1 milliards d’euros par an dans la seconde moitié de la décennie.

D’autres traitements prometteurs, actuellement en phase 3 des essais cliniques, devraient prendre le relais et assurer des rentrées financières bien au-delà de 2020.

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