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UCB fait mieux qu'attendu mais reste prudent sur son futur

Jean-Christophe Tellier, le CEO d'UCB, fonde de gros espoirs sur le Bimzelx, le nouveau traitement contre le psoriasis qui devrait recevoir fin août le feu vert européen. ©saskia vanderstichele

Le groupe biopharmaceutique belge a gonflé son chiffre d'affaires de 7% au premier semestre. Prudent, il se contente de maintenir à niveau ses prévisions annuelles.

Un chiffre d'affaires de 2,78 milliards d'euros (+7%), dopé par la "croissance durable" de ses produits phares, un excédent brut d'exploitation (ebitda) ajusté de 843 millions (+8%), un bénéfice par action de 3,40 euros: les performances comptables d'UCB au premier semestre surpassent les attentes des analystes.

Le groupe biopharmaceutique belge explique la croissance de sa rentabilité opérationnelle sous-jacente (l'ebitda ajusté) par "la croissance continue des revenus" et par "l'augmentation des dépenses d'exploitation, qui reflètent les investissements dans l'avenir d'UCB", notamment le développement et le lancement des produits appelés à prendre le relais de blockbusters en fin de brevet.

"Les traitements originaux de l'épilepsie bénéficient en général d'une plus grande loyauté des patients."
Jean-Christophe Tellier
CEO d'UCB

L'antiépileptique Vimpat entrera en 2022 dans le domaine public, tandis que le brevet du Cimzia (contre la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn et le psoriasis) expirera en 2024. "Contrairement au Keppra (l'antiépileptique phare d'UCB, NDLR) qui a pu bénéficier d'une protection étalée dans le temps du fait d'un développement clinique plus tardif dans certains pays comme le Japon, le Vimpat a fait l'objet d'un développement clinique plus global. Mais les traitements originaux de l'épilepsie bénéficient en général d'une plus grande loyauté des patients", précise Jean-Christophe Tellier, le CEO d'UCB.

Gros espoirs sur un antipsoriasique

Le patron du groupe estime que les six études cliniques en phase 3 devraient permettre d'éviter les trous d'air. Trois de celles-ci concernent une nouvelle molécule, le bimékizumab, sur lequel UCB fonde de gros espoirs, en particulier dans le traitement du psoriasis, une maladie cutanée autoimmune à la morbidité importante.

Le Comité des médicaments à usage humain (CMUH) de l'Agence européenne des médicaments (EMA) a déjà émis un avis positif qui laisse entrevoir fin août un feu vert à la mise sur le marché du bimékizumab dans le traitement du psoriasis. Le feu vert américain est attendu pour la mi-octobre.

"Avec le Bimzelx, nous contribuerons à élargir l'arsenal thérapeutique contre le psoriasis."
Jean-Christophe Tellier
CEO d'UCB

La concurrence de traitements déjà en place comme le Cosentyx du suisse Novartis n'effraie pas le patron d'UCB. "Le marché est très concurrentiel mais avec le Bimzelx, nous contribuerons à élargir l'arsenal thérapeutique", dit Jean-Christophe Tellier. Les études cliniques sur le traitement de l'arthrite psoriasique et de la spondylarthrite ankylosante, un rhumatisme inflammatoire qui touche surtout les jeunes adultes, sont elles aussi bien avancées.

Peu d'effet covid

Dans l'ensemble, la crise du Covid-19 n'a pas entraîné de gros retard dans le programme de développement clinique d'UCB. Côté produits, le Cimzia continue de croître aux États-Unis et sur les marchés internationaux, portant les chiffres de ventes à 873 millions d'euros (+4% à conditions égales).

Accessible à de plus en plus de patients, l'antiépileptique Vimpat (735 millions d'euros de revenus) progresse partout. Un autre antiépileptique, le Briviact, rapporte quant à lui 15% de plus à 166 millions d'euros.

6
milliards d'euros
Le groupe UCB maintient ses ambitions de croissance pour 2025: le chiffre d'affaires devrait atteindre au moins 6 milliards d'euros.

Le futur passera par le développement des produits phares de demain. Les six études en phase finale dans le pipeline d'UCB lui permettent de maintenir ses prévisions pour l'année. Une perspective prudente justifiée par les incertitudes liées à la prise de relais du Vimpat et du Cimzia. UCB table toujours sur un chiffre d'affaires de l'ordre de 5,45 à 5,65 milliards d'euros.

Le groupe maintient aussi ses ambitions de croissance pour 2025: le chiffre d'affaires devrait atteindre au moins 6 milliards d'euros. La marge ebitda devrait osciller entre 27 et 28%, le résultat de base par action oscillant entre 5,60 et 6,10 euros.

Le résumé

  • UCB a gonflé son chiffre d'affaires de 7% et son ebitda ajusté de 8% au premier semestre.
  • L'entrée prochaine du Vimpat et du Cimzia dans le domaine public devrait être amortie par six études cliniques en phase 3.
  • UCB fonde de gros espoirs sur une nouvelle molécule, le bimékizumab, en particulier dans le traitement du psoriasis.
  • Le groupe maintient ses ambitions de croissance pour 2025, avec un chiffre d'affaires d'au moins 6 milliards d'euros.

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