interview

UCB possède désormais deux blockbusters

©Kristof Vadino

Après le Cimzia, le Vimpat. UCB compte désormais deux blockbusters. Le CEO Jean-Christophe Tellier commente les résultats de sa société.

Les résultats 2018 d’UCB ont été conformes aux prévisions. Chiffre d’affaires et bénéfice ont progressé. Pourtant, le titre a perdu 4,29% en Bourse, terminant à 73,68 euros. En cause: une profitabilité en baisse annoncée pour 2019 en raison d’investissements. Pas de quoi inquiéter son CEO, Jean-Christophe Tellier. Rencontré ce jeudi, il revient sur l’année écoulée et dresse les perspectives du groupe. Passage en revue.

Des résultats attendus. "C’est notre 5e année consécutive de croissance profitable, se félicite le CEO. En cinq ans, notre chiffre d’affaires a crû de 50% et notre profitabilité a été multipliée par 2,3." Les cinq grands médicaments du groupe ont affiché un bond de 10% à taux constants, ils représentent 88% de ses revenus.

Un deuxième blockbuster. Le Vimpat (traitement contre l’épilepsie) a franchi le cap du milliard d’euros de revenus (1,099), plus vite qu’attendu. Après le Cimzia (traitement immunologique), UCB tient ainsi son deuxième blockbuster (médicament générant un milliard d’euros de chiffre d’affaires). Malgré la fin prochaine de leur exclusivité (en 2024 pour le Cimzia et en 2022 pour le Vimpat), Jean-Christophe Tellier estime qu’ils ont encore un potentiel de croissance et prévoit qu’ils atteindront respectivement 1,7 milliard et 1,4 milliard de revenus à ces échéances. Il s’en réfère au Keppra, dont UCB a perdu l’exclusivité en 2009 mais qui a encore crû de 2% en 2018, à près de 800 millions. "L’épilepsie est un domaine particulier car quand on est bien contrôlé par une molécule, on ne veut pas en changer." Le médicament est encore protégé au Japon et vient d’être lancé en Chine.

©Mediafin

Rentabilité en baisse en vue. Pour 2019, UCB prévoit un chiffre d’affaires entre 4,6 et 4,7 milliards, soit la même croissance qu’en 2018, hors taux de change et effets de périmètre. En revanche, suite aux investissements prévus dans le développement de nouveaux produits, "notre profitabilité devrait baisser entre 27 et 29%, contre un peu plus de 30% au cours des deux derniers exercices", pronostique Jean-Christophe Tellier. Ces prévisions ont donc affecté le titre. Le CEO relativise. "Il y a six ans, on était à 18% de profitabilité et dans trois ans on devrait revenir à 31%." Pour lui, ce qui compte, c’est la performance d’une action à long terme, qui reflète la pertinence des choix stratégiques.

Six nouveaux produits. UCB va donc lancer de nouveaux produits. Le groupe espère pouvoir en mettre six sur le marché d’ici cinq ans. Dont deux en 2019. Le premier, Evenity (traitement de l’ostéoporose), a reçu son approbation au Japon et sera lancé dans les prochaines semaines. Aux Etats-Unis, il est en bonne voie de l’être. UCB espère de bonnes nouvelles durant le deuxième trimestre. Racheté à Proximagen, le deuxième est le Midazolam, un spray nasal pour les victimes de crises d’épilepsie répétées et aiguës. "Il complète donc parfaitement notre portefeuille de produits qui, eux, traitent l’épilepsie chronique", indique le CEO. Le feu vert de la FDA américaine est attendu dans les prochains mois. Le troisième est le Bimekizumab, remède contre les maladies inflammatoires (psoriasis…). Il est en phase 3, de son développement, le plus avancé. Le quatrième est le Padsevonil, permettant de traiter les épilepsies très sévères. Le développement va bientôt rentrer en phase 3. Le cinquième est le Rozanolixizumab, qui permet de traiter les maladies rares, comme la myasthénie. Le développement est en phase 2. Deux études ont donné des résultats positifs. Toutefois, d’autres labos planchent sur cette molécule et, selon les analystes, UCB aurait un an de retard sur argenx. Jean-Christophe Tellier reste serein. "Nous travaillons sur une formulation sous-cutanée qui n’est pas la même que celle d’autres compétiteurs. Ce qui compte, ce n’est pas d’arriver le premier mais d’avoir le meilleur produit, celui qui fait la différence pour le patient." Quant au dernier produit, l’Anti-Tau (traitement des maladies neurodégénératives) il est encore en phase 1.

"Ce qui compte, ce n’est pas d’arriver le premier mais d’avoir le meilleur produit, celui qui fait la différence pour le patient."
Jean-Christophe tellier ceo d’ucb

l Des blockbusters potentiels? "C’est trop tôt pour le dire, répond Jean-Christophe Tellier. Cela dépendra de notre capacité à démontrer que la différence clinique observée lors des essais se confirme dans la vie réelle. Je constate qu’avec Evenity, on réduit de 50% le risque de fracture."

l A l’affût d’acquisitions. En 2018, UCB a racheté Element Genomics (une spin-off de la Duke University) et Beryllium, toutes deux spécialisées en génétique. D’autres acquisitions sont possibles car UCB exerce un screening, une veille permanente sur le marché, en fonction de deux critères: des molécules qui pourraient renforcer le pipeline dans ses domaines d’activité (neurologie et immunologie) et la R&D.

l L’impact du Brexit. Selon Jean-Christophe Tellier, UCB, présent en Angleterre depuis l’acquisition de CellTech en 2004, ne sera pas trop affecté par le Brexit. "Nous avons à Slough un centre de recherche, on est sur des cycles très longs. On va donc rester là-bas. Mais nous allons rester vigilants pour que nos chercheurs puissent continuer à circuler, de même que nos produits. Il ne faudrait pas que les patients anglais soient privés de nos médicaments."


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