analyse

UCB renforce son leadership dans l'épilepsie, le marché fait la moue

Environ 50% des revenus annuels d'UCB sont issus de traitements visant l'épilepsie.

Si les analystes financiers se montrent plutôt positifs après l'annonce du rachat d'une petite biopharma américaine par UCB, l'accueil est plus réservé en bourse où le titre reculait de 2% alors que la tendance générale est à la hausse.

Trois mois après les résultats décevants d’un essai clinique testant un candidat médicament pour traiter les crises d’épilepsie, UCB met la main à la poche pour étoffer sa gamme de traitements face à cette maladie pour laquelle elle se positionne comme le leader du marché. Au niveau du groupe belge, l’épilepsie représente environ 50% de ses ventes annuelles via trois marques – le Vimpat, le Keppra et le Briviact –, rappelle Thomas Guillot de Degroof Petercam ("acheter"; 100 euros).

270 millions
de dollars
Le prix pour le rachat d'Engage Therapeutics pourra atteindre un maximum de 270 millions de dollars.

UCB va donc acquérir pour un montant qui pourrait atteindre 270 millions de dollars, la biopharma américaine Engage Therapeutics. Cette dernière développe un traitement de secours pour les crises d’épilepsie, le Staccato Alprazolam. Il s'agit d'un petit appareil inhalateur portatif prévu pour administrer facilement de l'alprazolam, une benzodiazépine, avec une seule respiration normale.

20 à 30% des patients

Le traitement vient de franchir avec succès une phase 2b et est prêt à entrer en phase III. En cas de feu vert des autorités sanitaires américaines, il pourrait concerner 20 à 30% des patients atteints par cette maladie. Le parcours réglementaire sera simple, avance l’analyste de Degroof Petercam dans la mesure où le produit utilisé, l'alprazolam, est bien connu et a déjà été approuvé par la FDA. 

Lors de cet essai clinique, le Staccato Alprazolam a atteint son critère d'évaluation principal, à savoir une proportion de patients présentant un arrêt de la crise dans les deux minutes après l’administration du traitement. En moyenne, la crise était stoppée après 30 secondes.

Synergies marketing

Chez Kepler Cheuvreux ("acheter"; 95 euros), on souligne que cette acquisition relativement petite (la capitalisation boursière d’UCB atteint 17,2 milliards d’euros, NDLR) fait logiquement sens au regard du positionnement de leader d'UCB dans ce domaine et que le groupe peut tirer des synergies marketing avec ce genre de rachat ciblé. Le marché a toutefois accueilli cette annonce avec circonspection, le titre abandonnant 2% en matinée.

"Cette acquisition entre dans le cadre de l’intention manifestée par UCB d’investir dans des opportunités externes."
Sandra Cauwenberghs, Lenny Van Steenhuyse
Analystes chez KBC Securities

Les analystes de KBC Securities ("acheter"; 95 euros) notent, pour leur part, que cette opération suit la clôture récente du rachat de Ra Pharmaceuticals pour 2,1 milliards d’euros et entre dans le cadre de l’intention manifestée par UCB d’investir dans des opportunités externes.

Elle s’inscrit, en outre, dans ce que la pharma a déboursé en 2018 pour l’acquisition d’un spray nasal visant aussi l’épilepsie racheté à Proximagen pour un montant de 150 millions de dollars pouvant être majoré de 70 millions. 

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