UCB signe un nouveau partenariat en Californie

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Les USA, un marché à haut potentiel pour l'entreprise pharmaceutique belge UCB: elle vient d'y signer un nouvel accord, avec ConfometRX, une société constituée par Brian Kobilka, prix Nobel de Chimie en 2012.

UCB a profité de la mission économique présente actuellement en Californie pour emmener une kyrielle d’entreprises dans son sillage visiter le site d’Amgen, le géant américain de la biotech et partenaire d’UCB dans le développement du Romosozumba, un médicament destiné à lutter contre l’ostéoporose.

"Les Etats-Unis sont un marché majeur pour UCB ", a déclaré Ismail Kola, Executive Vice President d’UCB, en charge des nouveaux médicaments. Un tiers des ventes d’UCB sont réalisées aux Etats-Unis, ce qui représente tout de même un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros. "Près de 2.000 employés sur 9.000 travaillent aux Etats", a glissé au passage Didier Malherbe, l’administrateur délégué d’UCB Belgique.

Le partenariat entre UCB et Amgen date de 2004 et porte sur une molécule découverte en 2001 en Afrique du Sud par les chercheurs d’UCB. Si tout va bien, cette molécule, développée en phase III depuis l’année dernière, pourrait déboucher sur une commercialisation à partir de 2017. "Au moment de sa commercialisation potentielle, le médicament pourrait toucher un marché potentiel de 18 milliards de dollars", a encore précisé Ismale Kola.

Trois questions à Didier Malherbe, CEO d’UCB Belgique?

Pourquoi, à l’époque, avoir noué ce partenariat avec Amgen?
Après avoir découvert la molécule en 2001, il fallait à UCB un bon partenaire, avec de l’expérience dans le traitement contre l’ostéoporose. Il fallait aussi une société qui soit prête à s’engager dans un ratio 50/50. Amgen était cette société.

Quelle est la prochaine étape concernant le Romosozumab?
La commercialisation éventuelle est attendue pour 2017. Nous avons bon espoir d’arriver sur le marché avec ce médicament pour lequel, de sa découverte jusqu’à la commercialisation, nous avons investi un milliard d’euros.

Pourriez-vous nous end ire plus sur les retombées de cette molécule?
Il s’agit, à la base, de la mutation d’un gène humain découvert sur une population d’Afrique du Sud. Il se fait que ces gens développent une ossature plus importante que les autres, notamment au niveau des pieds et des mains. Concernant les retombées, au moment de la sortie du médicament, le traitement de l’ostéoporose portera sur un marché de 18 milliards d’euros.

Ce partenariat entre les deux sociétés (50/50) représente un investissement global, de la découverte de la molécule à la commercialisation, d’un milliard de dollars. Un deal a priori porteur quand on sait que Goldman Sachs a récemment qualifié le Romosuzumab de l’un des dix médicaments susceptibles de modifier en profondeur l’industrie du médicament dans un futur proche. "Dans sa configuration actuelle, le Romosuzumab est déjà plus efficace que les médicaments existants présents sur le marché", a assuré Ismael Kola.

La délégation, emmenée par le Prince Philippe, le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt et sa collègue bruxelloise, Céline Frémault, a pu visiter les locaux d’Amgen, lundi matin, au premier jour de la mission économique en Californie.

Nouvel accord

Dans le courant de la soirée, UCB et ConfometRX ont signé un accord de collaboration en présence du Prince Philippe et des ministres qui l’accompagnent. ConfometRX, une société constituée par Brian Kobilka, prix Nobel de Chimie en 2012, permettra à UCB de développer de nouveaux médicaments dans le domaine de la neuroscience et de l’immunologie, les deux axes forts d’UCB. Didier Malherbe n’a pas voulu s’étendre sur les montants débloqués pour ce partenariat, se contentant d’insister sur la mise en commun des équipes de recherches cliniques des deux sociétés.

 

 

Plateforme Pharma

En 2006, au moment de son arrivée chez UCB, Didier Malherbe a mis en place un groupe de travail visant à rendre la Belgique attractive en terme de recherche et de développement pour l’industrie pharmaceutique. " A l’époque, les autorités considéraient un peu l’industrie pharma comme une vache à lait ", explique le CEO d’UCB Belgique. Raison pour laquelle, en partenariat avec GSK, Pfizer et Janssen Pharmaceutica, il a mis sur pied le groupe Health, Science and Technology (HST) qui lui-même a débouché sur la création de la plateforme pharma. Celle-ci, qui rencontre le gouvernement deux fois par an, a déjà quelques acquis à son actif. On lui doit notamment la réduction de la taxation des revenus des brevets (de 34 à 6,8%), une proposition élaborée à l’époque par Bruno Colmant quand il était chef de cabinet de Didier Reynders, alors ministre des Finances. Un autre acquis porte sur la réduction de 75% (80% en juillet) du précompte professionnel des chercheurs. " Grâce à cela, la Belgique est devenue très attractive dans le monde en terme de R&D ", a précisé Didier malherbe. Pour preuve de ce qui précède, UCB a investi 780 millions d’euros en R&D en 2012, soit l’équivalent de 91.700 euros par employé

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