interview

"Un besoin de 2.500 salles de protonthérapie dans le monde"

Pour Olivier Legrain, le potentiel de la protonthérapie reste énorme. Bois ©Thierry du Bois

Pour le CEO d'IBA Olivier Legrain, la nature du business de la société implique parfois une petite volatilité au niveau de la profitabilité annuelle. Mais la protonthérapie continue à s’installer comme traitement du cancer.

IBA, leader mondial dans les solutions de protonthérapie pour le traitement du cancer, a fait état mercredi d’un chiffre d’affaires en hausse de 13,4% au premier trimestre par rapport à la même période de 2016, à 73,3 millions d’euros. Une annonce qui a toutefois déçu les marchés, l’action de la société néo-louvaniste perdant jusqu’à 10% à l’ouverture pour terminer sur un recul de 6,6% . La réaction du CEO, Olivier Legrain. 

"On pense, si notre stratégie réussit, que les volumes vont augmenter significativement."
olivier legrain
CEO d’IBA


Comment jugez-vous le contrecoup des marchés face à vos derniers résultats?
Il est difficile pour moi de commenter ce que les marchés font. Nous sommes sur une trajectoire de long terme qui est claire. La protonthérapie continue à s’installer. Nous avons expliqué pourquoi il y a une certaine variabilité de notre résultat, qui n’est pas structurelle, mais liée à l’implémentation des projets. En protonthérapie, l’exécution de plusieurs projets a été différée en raison de retards de construction du bâtiment chez certains clients. C’est lié à la partie la moins prévisible d’un projet. Toute personne qui a fait des travaux chez elle sait que c’est toujours un exercice périlleux. On se devait d’informer le marché là-dessus, mais pour moi, il s’agit d’un événement relativement anecdotique. Il n’y a rien de structurel. 

Le potentiel de la protonthérapie reste entier?
Il y a énormément de rapports et d’études cliniques favorables. Plus de 700.000 personnes atteintes d’un cancer dans le monde et soignées en radiothérapie seraient éligibles à la protonthérapie et en tireraient des avantages. Ce qui créée un besoin de plus de 2.500 salles dans le monde, alors qu’aujourd’hui, il y en a 250 qui sont installées. Pour l’instant, il n’y a que moins d’un pour cent des patients traités en radiothérapie qui bénéficient de la protonthérapie, une proportion qui devrait évoluer vers 20%. La question est de savoir à quelle vitesse se fera cette évolution. 

L’innovation permet de rendre cette technologie accessible à plus de monde. Tout cela implique parfois une petite volatilité au niveau de notre profitabilité annuelle. Dans des cycles aussi longs, il est difficile de couper en tranche de douze mois. Alors en tranche de trois mois…. Mais pour moi, tous les indicateurs sont au vert. La croissance est au rendez-vous. Les commandes sont là. La compétitivité s’est améliorée.

Où en est-on en Belgique avec le deuxième centre de protonthérapie?
Nous avons gagné l’appel d’offres. Il s’agit d’un projet qui rassemble plusieurs universités, qui sont en train de mettre en place les structures juridiques. Une fois que tout cela sera créé, on pourra signer le contrat. Il s’agit plus d’un projet de recherche -des nouvelles applications pré-cliniques- que d’un projet traitement, comme à Leuven.  Pour nous, ce sont deux projets complémentaires et très porteurs. Ce seront deux belles vitrines. Je l’ai déjà dit, mais on souffre un peu chez IBA de ne pas avoir de système proche. Le Proteus One
(un appareil de protonthérapie compact, NDLR) le plus proche est à Nice. 

IBA recrute de nombreux ingénieurs, mais a aussi de grands projets d’investissement matériels. A quoi vont-ils servir?
On est en train de passer à un mode de production en petite série.Il s’agit d’une usine qui nous permettra d’augmenter la capacité de production des accélérateurs qui sont utilisés dans le Proteus One, de 8 à 10 unités par an aujourd’hui à 20 à 30 à l’avenir.

IBA est un peu une usine virtuelle. On conçoit, on fait les plans et on sous-traite à un réseau de fournisseurs. Tout ce qui est accélérateur de particules revient ici et est assemblé et testé par nos soins.On fait cela dans un hall, mais pour des petits volumes: 3 ou 4 accélérateurs par an. Aujourd’hui, on a déjà vendu 20 Proteus One et on pense, si notre stratégie réussit, que les volumes vont augmenter significativement.Avec le Proteus One, on peut commencer à rentrer sur des productions avec des approches plus industrielles que des approches projets. Il nous fallait donc un peu d’espace et un site pensé comme une usine de production de produits et non pas comme un centre de test de projets. Une usine conçue quasiment comme une chaîne de montage…

Une radiologue US de renom nouvelle administratrice

Le mandat d’administrateur de Mary Gospodarowicz arrivant à échéance, l’assemblée générale des actionnaires d’IBA a approuvé mercredi la nomination, pour un an, de la spécialiste US Hedvig Hricak. Chef du département de radiologie du Memorial Sloan-Kettering Cancer Institute de New York, elle compte un nombre exceptionnel de publications et est connue comme conférencière internationale.


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