Un détecteur de Covid-19 quasiment infaillible

Avec son outil de diagnostic du Covid-19, D-tek sort du périmètre des maladies auto-immunes. Une première appelée à être renouvelée. ©Emy Elleboog

La société montoise D-tek s'apprête à lancer un test de diagnostic du Covid-19 basé sur la détection de 5 biomarqueurs. Sa fiabilité dépasse les 95%.

Son expertise dans le diagnostic des maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn, diabète de type 1...) est sur le point d'être utilisée dans une priorité sanitaire immédiate et mondiale: le coronavirus. La société montoise D-tek achève, en effet, le développement d'un kit de diagnostic du Covid-19.

"Avec 5 biomarqueurs différents, nous offrons une sûreté de diagnostic d'au moins 95%."
Benoît Autem
Directeur général de D-tek

Actuellement, la détection du Covid-19 se fait soit via un test PCR, réalisé par frottis dans le nez ou la gorge, soit via un test sérologique passant par une prise de sang. D-tek recourt aussi à un test sérologique par prélèvement sanguin. Mais contrairement aux autres tests développés jusqu'ici, le "Covidot5" de D-tek permet de détecter cinq biomarqueurs d'un seul coup. Grâce à cela, on peut repérer quasi à coup sûr les patients qui ont été en contact avec le Covid-19. De quoi faciliter la vie des chercheurs lancés sur la piste d'un vaccin.

Pas en première ligne

"Pour développer des vaccins, il faut des outils de diagnostic de qualité. Les tests que nous développons ne sont pas destinés à la détection de première ligne, mais on sait que les tests mono-paramétriques posent problème pour les patients asymptomatiques. Avec 5 biomarqueurs différents, nous offrons une sûreté de diagnostic d'au moins 95%", explique Benoît Autem, directeur général de D-tek.

Mis au point en trois mois, le kit de D-tek a déjà été testé avec succès auprès d'une cinquantaine de patients, avec l'aide de l'Université de Mons, du centre de recherche Materia Nova et des CHU Ambroise Paré et Tivoli. Une étude de plus grande ampleur doit permettre de valider le lancement effectif d'un kit de diagnostic remboursable par la Sécu. Celui-ci est attendu pour septembre.

C'est une avancée importante. "On n'est pas sorti du Covid-19. Toutes les études indiquent que 10% seulement de la population a eu le coronavirus. Et on sait qu'une immunité collective ne s'acquiert qu'à partir d'un taux de contamination de 60 ou 70%", souligne le patron de D-tek.

Le nouveau test mis au point par l'entreprise hennuyère a déjà attiré l'attention de fournisseurs de sérum et de laboratoires de recherche pharmaceutique. "Ils disposeront d'un surcroît d'informations permettant de sélectionner au mieux les patients et de tirer ainsi les meilleures conclusions possibles", explique Benoît Autem.

Plus de 150 kits de diagnostic

Créée en 1995 par Alain Vigneron, un biologiste de l'Université de Liège - qui a cédé ses parts, fin 2018, à Benoît Autem pour prendre la direction scientifique -, D-tek s'est petit à petit fait une place au soleil. Son créneau: la mise au point de tests et réactifs permettant de détecter une maladie auto-immune, un dysfonctionnement du système immunitaire qui se "retourne" contre l'organisme qu'il est censé protéger, en repérant leurs "marqueurs".

3,5
millions d'euros
D-tek, qui emploie une vingtaine de personnes, réalise un chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros.

Aujourd'hui, D-tek est en mesure de proposer plus de 150 kits de diagnostic, basés sur 70 biomarqueurs.

Avec la détection du Covid-19, D-tek, qui emploie une vingtaine de personnes pour un chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros, sort du périmètre de l'auto-immunité, son coeur d'activité jusqu'ici.

"Cette sortie du domaine de l'auto-immune est appelée à se renouveler. Nous avons notamment une piste de diversification en vue dans le domaine du diagnostic environnemental", précise Benoît Autem.

À l'entendre, D-tek est d'ores et déjà prête à assumer la production des kits. Elle pourra, en effet, s'appuyer sur son BlueDiver Instrument, un appareil compact permettant d’automatiser les kits de diagnostic et de réduire de 40% la durée des tests, qu'elle commercialise depuis 2012. 

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